LA FRESQUE jusqu'au 22 décembre au Théâtre national de la Danse Chaillot (mardi, 12 décembre 2017)

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Il n’est pas forcément très utile de connaître l’histoire pour comprendre le spectacle. Angelin Preljocaj raconte, non pas avec des mots, mais avec les corps et l’invisible. Un langage puissant qui bouleverse les cœurs. 

La mise en espace de Constance Guisset déploie d’étranges tentacules, effilochements savants ou cheveux éparpillés, ces éléments évanescents soulèvent les interprètes, un ballet aérien décolle de la scène. Le parti pris pour le noir de la nuit méprise un peu les yeux des spectateurs, ce sont les lumières de l’air du temps, parfois très blanches et pour ici noires, une contemporanéité voulue souvent par les scénographes (sur les scènes ou dans les lieux d’expositions) qui commence à devenir vraiment lassante ces dernières années. Mais peu importe les ardents danseurs de Preljocaj brillent. La Compagnie d’Aix-en-Provence se coule dans les soyeux costumes d’Azzedine Alaïa. L’apesanteur a gagné l’immensité de Chaillot.  La mise en sons électro de Nicolas Godin (groupe Air) enveloppe l’atmosphère dans une évidence, la musique naît de la dramaturgie chorégraphique. Pour respirer, précieusement, des silences s’installent, des laps de temps courts, forts, indispensables et respectueux, afin de saisir la beauté des tableaux proposés. 

Les créations d’Angelin Preljocaj, notre chorégraphe français échappé du Pays des Aigles, se réinventent à chaque fois. Les personnalités fortes qui composent la compagnie de Preljocaj n’ignorent rien des intentions de leur directeur et répondent en un écho parfait à ce flot de sentiments intarissable. L’air est un élément de coordination du mouvement à part entière, il n’y a jamais de vide, Preljocaj montre l’invisible. La passion amoureuse demeure au centre des préoccupations de Preljocaj, quelques pincées d’humour sont saupoudrées, et relevées par des clins d’œil pop comme ce tableau tonique dont la rythmique est certainement un hommage au désormais très classique Thriller de Mickael Jackson. La construction poétique de Preljocaj est complexe et pourtant l’évocation laisse une impression de fluidité et de simplicité apparente. La chorégraphie et la théâtralité se fondent l’un dans l’autre, tout est compréhensible, lisible. Les sentiments prennent forment et les soupirs se matérialisent.

Le rêve, toujours le rêve. L’amour, toujours l’amour. Voir de ses yeux et ressentir de partout ce qui appartient au domaine de l’imperceptible est une expérience inoubliable, c’est encore une fois la promesse tenue par Angelin Preljocaj. Pour tous, à partir de 9 ans.

Laurence Caron

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11:01 Écrit par CARON | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mirea delogu, nuriya nagimova, anna tatarova, yurié tsugawa, marius delcourt, antoine dubois, victor martinez caliz, fran sanchez, jean-charles jousni, leonardo cremashi, angelin preljocaj, ballet preljocaj, dany lévêque, natalia naidich, Éric soyer, constance guisset, nicolas godin, azzedine alaïa, theatre national de la danse, chaillot | |  Facebook | | |  Imprimer | | Pin it! |