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La leçon américaine : "Un Américain à Paris" au Théâtre du Châtelet

un américain à paris,van kaplan,stuart oken,théâtre du châtelet,jean-luc choplin,leanne cope,robert fairchild,gene kelly,leslie caron,veanne cox,jill paice,brandi uranowitz,max von essen"Un Américain à Paris", produit par Arthur Freed et réalisé par Vincente Minnelli, fut montré pour la première fois à Londres en 1951 ; un an plus tard, orné de six Oscars, le film avec Gene Kelly, Leslie Caron, Oscar Levant et Georges Guétary est sur les grands écrans en France.

En 2014, Jean-Luc Choplin, le directeur du Théâtre du Châtelet, et les producteurs de Broadway, Van Kaplan et Stuart Oken, proposent la comédie musicale sur scène,
pour la première fois au monde.

Généralement c’est l’inverse, la version cinématographique est créée après la version scénique, mais il est aisé de comprendre à quel point ce projet a du être extrêmement tentant, pour des producteurs de Broadway, et pour le directeur du Théâtre le plus musical de Paris. A la tentation s’ajoute naturellement le risque, celui d’égratigner un chef-d’œuvre du cinéma ou bien d’en offrir un pâle plagiat scénique… L’inverse là aussi s’est produit. La coproduction franco-américaine de « Un Américain à Paris » sur la scène du Théâtre du Châtelet est un bijou.

Très logiquement inspirée par le film et ses interprètes, et surtout très justement initiée par la musique de Gershwin, cet « Américain à Paris » n’est pas l’adaptation scénique d’un film, il s’agit d’une création à part entière. Jamais de pause et jamais de noir, aucun flottement et aucun vide, rien n’échappe au parti pris scénographique qui s’empare du Châtelet dans un très grand raffinement esthétique. Ce qui aurait pu faire naître quelques craintes, légitimes, lorsqu’il est question de faire référence à un chef-d’œuvre, n’a pas lieu d’être.

Parfois quelques mouvements chorégraphiques créés par Gene Kelly ressurgissent dans l’écriture fine du chorégraphe Christopher Wheeldon, comme des attentions appuyées, analysées, le chorégraphe a su extraire la substantifique moelle… C’est une chorégraphie pleine de grâce, résolument contemporaine par son inventivité, et aussi très inscrite dans l’esthétisme des années 50 par sa joie de vivre et son optimisme d’après-guerre.

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Le couple formé par Leanne Cope (Royal Ballet) et Robert Fairchild (New York City Ballet) est terriblement à la hauteur de ses aînés, Gene Kelly et Leslie Caron. Et puis, il y a le jeu exact de Veanne Cox, la somptueuse Jill Paice, la formidable personnalité de Brandi Uranowitz, et la très belle voix de Max Von Essen, ils dansent, chantent et jouent la comédie, entourés d'une formidable troupe de danseurs, ils sont sans faille, du début à la fin. Sur un rythme parfait, l’élégance et l’harmonie sont de mises, l'ensemble de l'oeuvre s'inscrit dans la justesse.

Les courants artistiques de l’époque ne sont pas en reste -comme pour le film qui rendait hommage aux peintres tels Dufy, Toulouse-Laurec ou Renoir- les décors, costumes et intentions chorégraphiques du Châtelet transportent la romance dans le Paris de l’après-guerre mais tissent aussi des liens avec le Paris -totalement indémodable- des années 30. C’est en 1928 que George Gershwin a composé « Un Américain à Paris », à l’origine un poème symphonique d’une vingtaine de minutes. Après avoir été très chaleureusement accueilli par les compositeurs français comme Debussy, Ravel ou Milhaud, le critique Isaac Goldberg avait qualifié cette composition comme étant "L'après-midi d'un faune américain". Il est certain que pour cette production, les célèbres fantômes qui hantent les cintres du Théâtre du Châtelet, comme Diaghilev et Nijinsky, seront au premier rang de Corbeille pour chaque représentation.
Cet « Américain à Paris » devait se créer au Théâtre du Châtelet et nulle part ailleurs.

Laurence Caron-Spokojny

 

Le spectacle sera à Broadway au Palace Theater en mars 2015. 
Production :
 Théâtre du Châtelet
 et Pittsburgh CLO 
en accord avec Elephant Eye Theatrical.

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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