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Le Parc à l'Opéra Garnier, jusqu'au 25 février

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Il y a 32 ans, sur le concerto pour piano n23 en la majeur, au troisième acte, les Etoiles Isabelle Guérin et Laurent Hilaire inscrivent le pas de deux, pour toujours, dans les grandes pages de toute l’histoire de la danse. Ce baiser interminablement beau - l’envolée de cette chemise de mousseline balayée par la chevelure, où le danseur fait tournoyer sa partenaire  au-dessus du sol - devient culte.

Dès l’aube, au jour ensoleillé jusqu’à la nuit tombée, dans une succession de costumes éblouissants, habits de brocard, chemises à jabot, robes de soieries aux taille baleinées, les créations contemporaines du musicien Goran Vejvoda s’intercalent avec évidence entre les concertos de Mozart.Séductions, abandons, désirs, charmes, conquêtes mais aussi renoncements et consentements ultimes, Le Parc célèbre l’amour dans la société aristocratique du XVIIIe siècle.

Très romantiquement inspirées par la littérature, de la délicatesse poétique d’une déclaration amoureuse jusqu’aux intentions libertines, ces précieuses liaisons dangereuses se lient et de délient dans la géométrie sévère d’un jardin à la française. Des lignes droites de buis taillés serrés en topiaire tentent de contenir l’ivresse de la rencontre, celle des corps et aussi celle des personnalités, car pour Angelin Preljocaj chaque artiste est unique, même si les mouvements des ensembles avec ces diagonales tranchées sont extrêmement remarquables, jamais le chorégraphe n’oublie de mettre en valeur les interprètes, chacun à leur tour les artistes s’expriment sur le devant de la scène. Entre abstraction et théâtralité, des cheveux libres ou savamment coiffés, des épaules qui s’ouvrent ou se referment, des tailles qui se cambrent, des jambes qui se lancent en compas magistrals, des bras qui embrassent l’espace jusqu’au mains et doigts qui inventent un alphabet universel, la virtuosité de cette œuvre est vertigineuse, et demeure aujourd’hui inégalée.

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Eleonor Guerineau (photo MH Buckley).

A l’Opéra Garnier, des couples d’Etoiles vont se succéder aux différentes dates, jusqu’au 25 février : Hannah o’Neill et Germain Louvet, Dorothé Gilbert ou Letizia Galloni et Guillaume Diop, Amandine Albisson et Marc Moreau, Léonore Baulac et Florent Melac, il n’y a plus de places disponibles, mais Le Parc est sur la plateforme d’ARTE avec les merveilleuses étoiles Alice Renavand et Mathieu Ganio.

Laurence Caron

 

A NOTER - Après un Lac des cygnes facon Tchaïkovski-électro où tous se sont précipités au Théâtre des Champs-Élysées en décembre dernier, et alors que le Ballet Preljocaj reprend en ce moment même l'opéra Atys de Lully à l'Opéra Royal de Versailles (créé en 2022 pour le Grand Théâtre de Genève)… Angelin Preljocaj présentera en avril 2026, pour les quarante ans du Musée d’Orsay, le duo Hommes au bain, imaginé il y a deux ans à partir du tableau "L’homme au bain" de Gustave Caillebotte (1884) ; et une création, Femmes au bain, deuxième volet, "inspirée de tableaux d’Edgar Degas au musée d’Orsay", qui interroge le genre et l’intime.

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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