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Triste soir à l'Opéra Garnier : Bel /​ Millepied /​ Robbins

jérome bel,benjamin millepied,dorothé gilbert,opéra national de paris,opéra garnier,benjamin tech,grégory gaillard,sébastien breton,sandra escudé,karl paquette,françois alLa création de Jérôme Bel à l’Opéra Garnier s’intitule « Tombe » : déjà le titre engage à la rêverie et à la féérie...
Trente minutes de contemplation atterrante en trois tableaux : une caissière de supermarché est invitée par Grégory Gaillard à visiter le plateau de Garnier ; la belle Gisèle, Sandra Escudé, est unijambiste, tenue dans un fauteuil roulant, elle ne semble pas tout à fait prête à se relever de ses cendres pour rejoindre son Prince Sébastien Bertaud… ; enfin, sur vidéo, une femme très âgée – fragile figure, attentive, et fan de la première heure du Ballet – entame un pas de deux fantasmé avec son Prince, Benjamin Pech. 

 GoldbergVariations_thumb.jpg

L’instant n’est pas chorégraphique, il se veut conceptuel. Un concept sans intention, une provocation dénuée d’audace. Une absence, un propos vide de sens.  Sommes-nous à ce point déconnectés de la réalité des choses pour que les artistes expriment le besoin de nous la montrer ? Décadence et désarroi... 

A sa suite, « La nuit s’achève » de Benjamin Millepied, toute dernière création du déjà ex-Directeur de la Danse du Ballet de l’Opéra. Ce titre aussi inspire de grandes réjouissances, mais le choix de l’ « Appassionata » de Beethoven rassure et la chorégraphie très (trop) fortement inspirée, par Balanchine et Robbins, est harmonieuse. Pourtant, rien de nouveau sous le soleil de Garnier : après avoir épuisé ses danseurs dans de nombreuses circonvolutions, le deuxième tableau proposé par Millepied est un copier-coller du Parc d’Angelin Preljocaj, jusqu’aux costumes et embrassades. J’ai du mal à croire que personne ne s’en rende compte ?

Enfin, le Maître déifié, Jerome Robbins et son ballet « Les Variations Goldberg » tout juste entré au répertoire de l’Opéra. Il n'est pas étonnant que ces variations soient restées si longtemps au fond des tiroirs : absence à nouveau, cette fois-ci de lumière et de rythme. Les danseurs s’appliquent, impeccables, mais ils demeurent académiques, l’interprétation n’est plus, le merveilleux Robbins semble bien pâle… Heureusement, l’Etoile Dorothée Gilbert domine, tout paraît tellement simple avec elle. Le talentueux Karl Paquette et le grand interprète François Alu entraînent avec maestria le Corps de Ballet. Ils sont tous, toujours, magnifiques, mais un peu désorientés, il est temps que le Ballet retrouve un guide à la hauteur de son talent. 

Laurence Caron-Spokojny

5 au 20 février 2016 - Opéra Garnier

Lien permanent Catégories : SCENES 2 commentaires Imprimer

Commentaires

  • C'est exactement cela.........

  • «Sommes-nous à ce point déconnectés de la réalité des choses pour que les artistes expriment le besoin de nous la montrer ? Décadence et désarroi...»

    Apparemment oui. Un public fermé et sans coeur également pour les non-artistes copieusement hués. Sans pensée pour le travail effectué depuis des années, par Sandra Escude, cavalière handisport, danseuse valide puis invalide, et par les autres pour montrer, ouvrir un univers si fermé. Vide? Selon vous... mais pas pour elles, ni pour eux qui savaient depuis le début qu'ils allaient déplaire et ont eu le courage de le faire.

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