Ce soir-là de 1994, je me souviens de tout, et - à la différence de nous, petits et humbles spectateurs - Le Parc d’Angelin Preljocaj n’a pas pris une ride, il fut initialement commandé pour le Ballet de l’Opéra National de Paris. A cette époque Patrick Dupond est aux commandes de la compagnie de Ballet de l'Opéra, poursuivant une politique d’ouverture, de nombreuses pièces contemporaines entrent au répertoire comme celles de Merce Cunningham, Philippe Decouflé, Jean-Claude Gallotta, William Forsythe, Jerome Robbins, Mats Ek... et Angelin Preljocaj.
Il y a 32 ans, sur le concerto pour piano n23 en la majeur, au troisième acte, les Etoiles Isabelle Guérin et Laurent Hilaire inscrivent le pas de deux, pour toujours, dans les grandes pages de toute l’histoire de la danse. Ce baiser interminablement beau - l’envolée de cette chemise de mousseline balayée par la chevelure, où le danseur fait tournoyer sa partenaire au-dessus du sol - devient culte.