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« Empreintes » jusqu’au 28 mars à l’Opéra Garnier

Depuis que Timothée Chalamet a secoué le monde du ballet et de l’opéra avec sa réflexion provocatrice et jugée très dénigrante, artistes, compagnies et institutions défendent leur territoire avec intelligence et passion. On pourrait presque le remercier : cette polémique a déclenché une véritable déferlante promotionnelle. Pendant ce temps, la compagnie de Ballet de l’Opéra national de Paris confirme une fois encore combien la danse est résolument ancrée dans son époque. Radicalement contemporain, le programme Empreintes, conçu par José Martinez, rend hommage à la danse dans tout ce qu’elle est : engagement, créativité, prouesse physique et intensité expressive. Une très grande réussite.

Pas d’étoiles au programme pour ces deux ballets ; dans les rangs de Garnier, un léger frisson de déception parcourt le public bien trop gâté. Mais c’est sans compter sur l’énergie et le talent de la compagnie : solos, pas de deux, ensembles aux axes géométriques sophistiqués, galvanisés par cette mise sur le devant de la scène, les jeunes talents se déploient et célèbrent la danse avec le même éclat que leurs ainés.

En ouverture, le ballet Arena (2026), signé par le duo de chorégraphes britanniques Morgann Runacre-Temple et Jessica Wright, propose une danse organique, physique et ludique, explorant les limites du corps. Une projection vidéo vient enrichir le propos, révélant l’envers du décor : répétitions sans fin, compétition acharnée, médiatisation inévitable. La danse est expressive, précise, et les interprètes assurent une véritable performance physique. Sur le plateau comme sur écran, la danse est partout, le montage en temps réel crée une fresque archi vivante. Enfin, la musique de Mikael Karlsson, minimaliste et texturée, enveloppe le plateau d’une émotion palpable, indissociable du mouvement et de l’intention dramatique.

À l’entracte, entre cariatides et sculptures, sous les plafonds ornés de peintures allégoriques et de moulures, les spectateurs échangent leurs impressions dans un joyeux vacarme, impatients de découvrir la suite.

Pour cette deuxième partie de soirée, le chorégraphe et metteur en scène espagnol Marcos Morau offre Etudes à l’Opéra de paris. Un titre connu pour être celui  de la pièce d’Harald Lander créé en 1948, une œuvre néoclassique incontournable qui rend hommage au travail technique classique en débutant notamment par les exercices à la barre. Pour l’Etudes de Marcos Morau, là aussi les danseurs seront à la barre, une barre circulaire très théâtrale ou les entremêlements des corps sont tels qu’ils paraissent n’en faire qu’un. Sur la musique symphonique aux accents répétitifs de Gustave Rudman, le mouvement se fragmente creant une tension forte entre la danse classique très codifiée et la danse contemporaine protéiforme, le récit se révèle symbolique et extrêmement visuel. Danseurs et danseuses adoptent diadèmes et tutus sans distinction autour du collier de perles du lustre de Garnier qui est répliqué sur scène en un décors monumental. Enfin, lorsque les 30 mètres de profondeur de la scène de Garnier s’ouvre sur le foyer de la danse, l’effet est majestueux. A l’image du spectacle d’ouverture de saison de l’Opéra, lors du défilé de la compagnie de Ballet de l’Opéra de Paris, la salle toute entière de Garnier se reflète dans les miroirs cernés de colonnes sculptées du foyer symbolisant la somptuosité du lieu. Fascinant et merveilleusement spectaculaire, d’un même élan la salle est debout sous une trombe d’applaudissements.

Laurence Caron

La captation  du spectacle est disponible sur operaplay

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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