Avec son regard doux et espiègle, et ses cheveux en bataille qu’il ébouriffe régulièrement pour y puiser inspiration ou réponses, Xavier Guelfi a l’air d’un drôle de Pierrot en baskets, tout droit descendu de la lune. Le comédien et auteur de « Brasser de l’air et s’envoler » bat des ailes en tous sens à grands renforts de philosophie, poésie et burlesque, un humour raffiné qu’il parseme de vannes faciles comme pour être sûre de n’oublier rien ni personne. C’est un peu déroutant, c'est ce qu'on recherche au spectacle et ça marche ! Sans prétention, son objectif est complexe : redonner au spectateur confiance en l’humanité.
Vaste programme...
Le comédien âgé d’une trentaine d’années, issu de la classe libre du cours Florent, a créé «Brasser de l’air et s’envoler» un concept théâtral à lui seul, il a le ton léger et la sincérité du stand-up avec une élégante posture théâtrale, tandis que l’ambiance est au recueillement collectif autour d’un gourou ou bien encore semblable à l‘intensité d’un meeting politique qui ne souhaiterait absolument pas en être un. Il y a de la poésie à foison, une sorte de naïveté candide dissimulant une lucidité pétrie d’ironie sarcastique, un vortex assez malin pour diffuser des idées sans les assener… Bref, c’est un régal, fondamentalement humaniste et à nouveau sans aucune prétention à l’être, car prenant vie avec la légèreté et le rythme des brèves de comptoir (sans comptoir), des embardées de clowneries, et un véritable talent de comédien s’approchant de l’univers de Jim Carrey - que l’on citera ici pour être dans l’air du temps.
Francois Rollin dessine la mise en scène, avec cette solide assurance en poche, l’univers absurde et fantaisiste de Xavier Guelfi peut s’exprimer tout à son aise. On retiendra cet optimisme de ton semblant à toutes épreuves, et la générosité de Xavier Guelfi à nous convaincre pour nous engager tous, à sa suite, sur le chemin du bonheur avec pour unique ingrédient : l’amour…
En allant découvrir ce spectacle à La Scala, vous saurez si Xavier Guelfi a réussi à s’envoler et surtout s’il vous a emporté avec lui ? Un spectacle qui fait du bien, merci.
Laurence Caron