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« Résiste » au Palais des Sports, la comédie musicale de France Gall et Bruck Dawit

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En réponse à l’envie -irrésistible- de France Gall, l’habileté musicale de Bruck Dawit, et sous la houlette du producteur Thierry Suc, la comédie musicale «Résiste» illustre quelques compositions choisies de Michel Berger au Palais des Sports.

Rallongé à grandes cuillerées d’eau de rose, le propos n’a pas grande importance : deux filles et leur père tiennent une boîte de nuit le Lola’s (impossible de ne pas penser au bar de Starmania), il y a des gentils et mauvais garçons (Ziggy ?), des péripéties peu palpitantes, une jeunesse qui se cherche (encore), et en filigrane une grand-mère (France Gall) qui raconte une histoire à sa petite fille… L’intérêt n’est pas là, même si pour tenir ce livret Laurent Hennequin (le père) fait preuve d’un charisme et d’un jeu tout à fait digne des scènes des meilleurs Théâtres. Le mérite de «Résiste» est surtout d’avoir évité les travers du biopic, un exercice souvent casse-gueule qui la plupart du temps égratigne l’image d’un artiste. Pour cette fois, l’intelligence est d’avoir confié les compositions de Michel Berger à de très jeunes chanteurs et danseurs. L’effet est saisissant !

C’est une troupe joyeuse de jeunes artistes aux charmes ravageurs, la musique et la danse enivrent les spectateurs qui se lèvent tous d’un même élan dès les premières notes attaquées par l’orchestre qui joue en live (pour une fois !) sur scène. « La groupie du pianiste », « Débranche », « Musique », « Si maman si », « Il jouait du piano debout »… : c’est une déferlante de succès, de chansons sincères et vibrantes, dont on redécouvre l'intensité des paroles avec émotion. L’effervescence est à son comble, le public chante et danse, projeté pour un temps sur la piste de danse du Lola’s. Malgré l’acoustique à jamais déplorable de la salle du Palais des Sports, les arrangements et l’orchestration sont très à la hauteur du grand mélodiste. Les trois chanteuses, Léa Deleau, Elodie Martelet et Corentine Collier affichent des personnalités bien trempées aux côtés du très sensible, et très juste, Gwendal Marimoutou pour qui la route semble déjà toute tracée.

Comme à son habitude, Ladislas Chollat enchaîne les inventions artistiques, ses projections vidéos enchantent la scène et lui donnent une profondeur rarement égalée dans cette salle, les décors s’animent comme les pages d’un livre, et les tableaux se succèdent, vite. La scène du Palais des Sports prend parfois les allures regrettées d’un show télévisé, comme ceux de Maritie et Gilbert Carpentier, ou bien rivalise avec les effets des concerts pop du Stade de France. Et puis, il y a la chorégraphie aux accents hip-hop de Marion Motin, elle ajoute à l’intemporalité absolue de la musique, les danseurs sont tous exceptionnels.

En fait, il n’y a rien de « vintage », dans ce spectacle-là, même s’il s’agit d’un artiste qui nous a quitté il y a plus de 30 ans et dont la carrière a fortement résonné entre les années 70 et 80. L’effet « générationnel » attendu du spectacle est oublié, c’est un écrin neuf qui accueille l’œuvre de Michel Berger, archi-rythmée et terriblement vivante. 
C’est bon, vraiment très très bon !

Laurence Caron-Spokojny

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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