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...quand la Maîtrise des Hauts-de-Seine se met en scène

didon et énée,purcell,la belle hélène,offenbach,la maîtrise des hauts de seine,alix le saux,gaël darchen,david thénard,choeur unikantiCe n’est pas un hasard si la Maîtrise des Hauts-de-Seine a fait le choix de l’Opéra Baroque de Purcell Didon et Enée. C'est une œuvre à la fois lyrique, théâtrale et chorégraphique qui décloisonne les arts et a pour vocation d’inspirer la jeunesse.

En 1689, Purcell a trente ans, il se glisse derrière le clavecin et confie sa composition aux élèves d’un pensionnat de jeunes filles du quartier de Chelsea à Londres. Plusieurs siècles plus tard au Théâtre de la Garenne Colombes, dans un quartier certes bien moins artistique -mais Chelsea aussi a changé- les jeunes pousses de la Maîtrise des Hauts-de-Seine réaniment Didon et rappellent Enée à la rescousse.  

Après l'extravagante et lumineuse très Belle Hélène d’Offenbach (au Théâtre des Champs-Elysées en 2017) -dont Offenbach se serait régalé- mise en scène par Julien Girardet. David Thénard, le professeur d’art dramatique de la Maîtrise, ne perd pas de vue l’envie de divertir, ce qui devrait être l’usage -hélas souvent oublié- quand il s’agit des scènes d’Opéra. Assurément, le réalisateur Tim Burton apprécierait l’inventivité, ténébreuse et fantasque, savamment dosée par David Thénard, pour mettre en scène ce chef d’œuvre lyrique. Dans un dispositif scénique bourré d’ingéniosités, les jeunes interprètes ne quittent pas l’univers onirique dessiné par leur metteur en scène et ajoutent à leurs cordes des talents de comédiens dont l’adresse et la modernité feraient regagner leurs pénates prestigieuses à la plupart de leurs aînés... 

La direction musicale de Gaël Darchen entraîne avec elle le très délicat Ensemble Instrumentale des Hauts-de-Seine, Choeur et solistes s’installent sur la musique sans aucune contrariété, l’harmonie est souveraine. Alix le Saux est Didon, la jeune mezzo-soprano a déjà pris son envol hors du nid, elle a déjà tout d’une grande et affiche un tempérament vif, passant d’Offenbach à Purcell sans sourciller, les couleurs de son timbre et son jeu révèlent un sens pour la fantaisie qui lui sied à merveille. Il est à regretter de ne pas connaître les noms des jeunes artistes qui l’accompagnent, la Maîtrise garde le mystère. Pourtant, il y a une révélation dont le nom se fera connaître à coup sûre : la jeune femme qui interprète le rôle de l’Enchanteresse est, ce que l’on appelle communément, une nature, un talent, un phénomène, autant par son sens du phrasé musical que par son jeu, elle est une grande artiste ! Plus réservé, Enée est un jeune baryton, chic et décontracté, une carrière déjà, à suivre de près. Belinda, la seconde Dame de compagnie, un épatant et très juste marin, esprits, sorcières, et, le très virtuose Chœur de Chambre Unikanti sont formidables. Infiniment heureux de partager leur art, les jeunes artistes s’approprient la scène avec un naturel déconcertant, à croire qu’ils y sont nés ; c’est un peu le cas quand on sait que certains petits chanteurs entrent à la Maîtrise dès l’âge de cinq ans… Assurément, au sein d’un environnement artistique d’une rare qualité, c’est bien dans ce genre de «production maison» que la Maîtrise des Hauts-de-Seine trouve sa raison d’être, une sorte d’accomplissement, une récompense, et aussi l’émergence de nouveaux talents qui se devine…
Après Orphée et Eurydice de Gluck en 2015, L'enfant et les sortilèges de Ravel en 2016, La Belle Hélène d'Offenbach en 2017, le Choeur de Chambre Unikanti inscrit à son répertoire Didon et Enée de Purcell : à découvrir avec la plus grande attention lors de la saison 2017/2018.

Laurence Caron

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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