Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Somptueux "AU BUT" de Thomas Bernhard au Théâtre de Poche-Montparnasse, jusqu'au 5 novembre

thomas bernhard,barbara creutz,christophe perton,léna bréban,théâtre poche montparnasse,dominique valadiéDominique Valadié a un port de reine, le regard perçant, une chevelure de lionne définitivement indomptable et une classe inouïe. Elle est notre Bette Davis française. Il est tout à fait autorisé de la comparer aux Monstres sacrés hollywoodiens. En 2016, elle avait fait autant peur de Virginia Woolf, au Théâtre de l’Oeuvre, que ne l’avait fait Elizabeth Taylor en son temps.

Dans « Au but » au Théâtre de Poche-Montparnasse, la comédienne s’empare du texte de Thomas Bernhard avec une facilité déconcertante, elle compose sur un rythme musical les ruminations contradictoires et perverses d’une mère terrible. Encore un monstre de chairs et d’os : la mère que personne ne souhaite avoir et aussi celle qu’il ne faut surtout pas être. Egoïste, abusive, destructrice, possessive, jalouse, un étouffant nuage des cendres de sa vie dans lequel la comédienne fait aussi poindre les rayons du désespoir. Troublant et vraiment remuant. 

Entre ses griffes acérées, la jeune comédienne Léna Bréban est « la fille ». Meurtrie, difficilement et douloureusement silencieuse, les accélérations des battements de son cœur parviennent jusqu’aux rangs des spectateurs atterrés et impuissants.

L’écrivain autrichien est merveilleusement bien servi, entre les murs de la petite salle du Poche-Montparnasse les sentiments se déploient comme sur la grande scène d’un Opéra. Pour maîtriser le tragique, Christophe Perton réalise une mise en scène intelligente marquée par les contours élégants et griffés d’un pur style Art Déco dans des décors dessinés aussi par Barbara Creutz. L’imagination du spectateur est stimulée, autrement dit « respectée ». C’est une suite de propositions qui projette le spectateur dans une demeure cossue, l’enveloppe d’étoffes chic, puis le fait se promener le long d’une mer glacée tout en lui faisant perdre pied dans un vertigineux tourbillon de violences psychologiques. Dès cette entrée de saison le Théâtre de Poche-Montparnasse met la barre très très très haute...

Laurence Caron  

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

Écrire un commentaire

Optionnel