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Le monte-plats au Théâtre du Lucernaire

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La salle Noire du Lucernaire a le nom adéquat, ambiance  série noire...

Le désœuvrement est une formidable source de réflexion. La situation absurde éveille des prises de conscience qui déstabilisent les personnages. Oubliés par la société, perdus dans leurs vies, deux tueurs à gages, deux personnages partagés par quatre comédiens survivent dans une (géniale) mise en scène miroir signée Etienne Launay. Sortis tout droit d’un faubourg malfamé, cheveux gras ou lustrés à la gomina, cuir étriqué ou dégaines de hooligans en quête d'une équipe à supporter, postures menaçantes, doigt sur la gâchette. L’atmosphère colle comme la sueur et a le sourire gâté des dents qui ignorent le dentifrice. Les esprits simples, forcés par la situation, piégés par le vide et la solitude, s’échappent vers des horizons complexes qui frisent parfois les frontières de la philosophie et de l’humanisme.

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Un monte-plats, comme échappé des objets trouvés de Marcel Duchamp, distribue des consignes incongrues aux personnages. Accompagnée par une création sonore et musicale réussie, la mise en espace astucieuse tient un rythme sans failles, à coups d’entrées et de sorties, un chassé-croisé dont la fréquence s’accélère au fur et à mesure que la tension monte.

L’auteur anglais, prix Nobel de littérature, transforme une situation quasi ordinaire en une mise en abîme extraordinaire. La pièce créée au Hampstead Theatre Club, à Londres, le 21 janvier 1960, n’a évidemment pas pris une ride, le surréalisme est un régal, les acteurs adroits et inventifs s’en délectent autant que le public. A la vitesse de l’éclair, 1h05 d’excellent théâtre. 

Laurence Caron

Théâtre du Lucernaire, jusqu’au 20 mai, du mardi au samedi à 18h30 et le dimanche à 15h.
A n
oter la date du 13 avril : rencontre avec l'équipe artistique à l'issue de la représentation.

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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