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« 1925-1935, une décennie bouleversante. La photographie au service de la modernité » à Montbéliard jusqu’au 16 septembre 2018

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cd photo. Jean Moral Séance de prise de vues sur le pont du paquebot Normandie pour Harper's Bazaar, 1935 Planche contact © Brigitte Moral-Planté / Collection Nicéphore Niépce

Au pays des bons vins, du Comté, de la saucisse et des authentiques Marchés de Noël, l’enceinte du Château des ducs de Wurtemberg abrite de délicates expositions artistiques.
Sur un espace de 500 m², 150 tirages photographiques originaux et la découverte de documents d’époque, revues et magazines historiques, issus des Collections Roger-Viollet et du musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône, jalonnent une décennie de bouleversements sociaux, politiques et artistiques.

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 cd.photo. Voilà n°106, 1er avril 1933 Héliogravure Collection musée Nicéphore Niépce

Les dates 1925-1935 servent de marqueur, un tournant dans l’histoire de la photographie, une accélération pétaradante entre l’exigence de la photo noir et blanc, ses ambiances claires et obscures, et la spontanéité de l’instantané, entre lamés et paillettes, et aussi parce qu’un compte rond cela fait tout de suite très « art déco ».

 "… tout ce qui travaille au développement de la culture travaille aussi contre la guerre." Lettre de Sigmund Freud à Albert Einstein, Vienne 1932. 

A Paris en 1925, l’Exposition Internationale des Arts décoratifs et industriels modernes donne le ton. L’époque sera esthétisante ou ne sera pas. Le mouvement démarré avant la Première Guerre et inspiré des arts (cubisme) inscrit ces années un peu folles dans une ère ou l’image est au centre des préoccupations, dans la rue, les transports, la mode, les habitations. A leur tour, la presse écrite et le traitement de l’information se transforment et se cristallisent autour de l’image.

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cd photo. VU n°226 Boris Lipnitzki 13 juillet 1932 Héliogravure Collection musée Nicéphore Niépce

De nouvelles techniques apparaissent, dont notamment l'héliogravure (procédé de transfert d'une image sur une plaque de cuivre grâce à une gélatine photosensible) qui permet au fondateur de Vu, Lucien Vogel, d’attirer des photographes comme Brassaï, Man Ray, ou Robert Capa.

Le premier numéro de Vu voit le jour le 21 mars 1928. A cette époque les premières agences de photographes se créent, elles ont pour vocation de faire connaître, de vendre et de défendre (droits d’auteurs) le travail des photographes. Le grand format du magazine Vu (et d’autres titres comme Voilà et Regards) offre des possibilités de compositions novatrices qui révolutionnent l’esthétisme et ouvrent sur un tout nouvel univers visuel. 

La photographie s’impose jusqu’à minimiser le texte. Parfois les lignes n’apparaissent que comme des éléments référentiels, comme de petites légendes de l’image notamment sur les premières de couverture des magazines. 

Vu préfigure le magazine Life lorsque ce dernier sera racheté en 1936 par Henry Luce de l’autre côté de l’Atlantique, il inscrit définitivement le photo - journalisme comme un médium à part entière.

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cd.photo. Boris Lipnitzki Joséphine Baker, et Georges-Henri Rivière, ethnographe français, au musée ethnographique du Trocadéro.Paris, 1933 Négatif souple au gélatino-bromure d’argent Collections Roger-Viollet / BHVP

 

La scénographie de l’exposition offre de nombreux clichés notamment ceux de la photographe engagée Germaine Krull et ses thèmes récurrents : l’architecture contemporaine, le nu féminin, les vues urbaines, l’automobile, la vie sociale, la femme et la condition féminine.

"D’un seul déclic, l’objectif enregistre le monde à l’extérieur, et le photographe à l’intérieur." Germaine Krull.

Très remarquable aussi, le violoniste Boris Lipnitzki devenu photographe décrit le monde des arts et de la culture, et ses personnalités de l’époque, avec la justesse et la rigueur des ombres portées. Le concept des « people » est né. Comme un poisson dans l’eau, Lipnitzki tisse des relations amicales avec le tout-Paris, et au delà.

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cd.photo. Serge Lifar (1905-1986) dans Bacchus et Ariane, Opéra de Paris, 22 mai 1931. Tirage sur papier au gélatino-bromure d’argent. Coll. Roger-Viollet / BHVP.

Tous se pressent au studio Lipnitzki pour s’immortaliser sur papier argentique : Paul Poiret, Coco Chanel, Madeleine Vionnet, Elsa Schiaparelli, Louis Jouvet, Joséphine Baker, Serge Lifar, Antonin Artaud… A sa mort en 1971, le studio Lipnitzki laisse un trésor de près d’un million d’images qui témoignent de la moitié d’un siècle.

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Jean Moral - Bal Tabarin Années 1930 Tirage sur papier au gélatino-bromure d'argent Collection musée Nicéphore Niépce 

Pendant que l’audacieux couturier Paul Poiret, dit "le magnifique", habille tout ce qui brille et se déplace avec une ribambelle de jolies demoiselles, Jean Moral décape l’univers de la mode en photographiant les mannequins dans la rue. Dans Harper’s Bazar, Jean Moral illustre le nouvel idéal féminin et devient un des pionniers de la photographie de mode sur le plan international.

Après la Première Guerre et juste avant la Dépression, il faut faire vite. Du Front Populaire aux Ballets de Diaghilev, de la ceinture de bananes de Joséphine Baker aux smokings et robes à tailles hautes, des bals populaires et bidonvilles aux lignes épurées du paquebot Le Normandie, rien n’échappe à la vigilance patrons de presse qui n’hésitent pas d’ailleurs à envoyer leurs photographes par grappes afin d’être certains de ne pas rater le meilleur. 

"La mode se démode, le style jamais." Coco Chanel

A deux heures de Paris, à Montbéliard, le voyage ne s’arrête pas là, il se poursuit dans le temps. « 1925-1935, une décennie bouleversante » est une exposition qui remue, la traversée émouvante d’une belle époque créative, intense, dans laquelle les formes d’inspiration sont multiples. La source est intarissable et résolument indémodable. 

Laurence Caron

Sous la houlette des brillantissimes Delphine Desveauxdirectrice des Collections Roger-Viollet à la Bibliothèque Historique de la Ville de Paris, et de Sylvain Besson,directeur des Collections du Musée Nicéphore Niépce de Chalon-sur-Saône.

 

Agenda, à noter aussi : 

château des ducs de wurtembergmontbéliard,1925-1935,une décennie bouleversante,delphine desveaux,sylvain bessonLouis Beurnier (1860-1917). Chroniques et héritages d’une personnalité de la Belle Époque. Jusqu’au 30 décembre 2018au Musée d’art et d’histoire Hôtel Beurnier Rossel

Louis BEURNIER, Lettre à ses parents (aux lignes entrecroisées) datée du 20 décembre 1893. Fonds Beurnier, 1917. Archives municipales de Montbéliard. 
Cette année, la Ville de Montbéliard commémore les cent ans de l’acceptation officielle du legs du Dr Louis Beurnier, à l’origine de la création du musée d’art et d’histoire. Initialement imaginée comme un hommage biographique, cette exposition a pris, au fil des recherches, une dimension inattendue. Outre les biens mobiliers et immobiliers dont l’hôtel Beurnier-Rossel reste le fleuron, l’héritage de Louis Beurnier comporte une abondante correspondance échangée pendant trente-deux ans avec ses parents, demeurés à Montbéliard, tandis que lui prospère à Paris. Au-delà des aspects strictement intimes, les lettres révèlent un homme au cœur des bouleversements politiques et des mutations sociales et culturelles que connaît toute l’Europe au 19e siècle.
Commissariat associé :  Flora Beaumann (Archives municipales), Hélène Grimaud (Musées) et  André Bouvard (Société d’émulation de Montbéliard.)

 

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Dans la pénombre d'un intérieur, une jeune femme apparait, saisie par la lumière d'une chandelle. Délaissant fuseau et rouet, les gestes en suspens, elle se détourne vers une porte entrebâillée... Plus loin dans les salles se profilent la tour du château en flamme, un canal au clair de lune, le beau Narcisse se mirant dans une fontaine ou un ruisseau en sous-bois aux teintes lumineuses. Paysages, scènes de genre, sujet mythologique et scènes religieuses se révèlent par les jeux d’une lumière changeante, naturelle ou artificielle, symbolique ou divine. Rayons, clair-obscur, effets d’ombres ou de reflets se déclinent à travers une sélection de peintures, estampes, photographies, livres et objets du 17e au 20e siècle, issus des collections des Musées de Montbéliard. Ce nouvel accrochage annuel met ainsi en regard des œuvres de Charles Weisser, Marcel Ordinaire, René Duvillier et David Hockney, des imprimés Deckherr ou encore des plaques de verre d’Étienne Oehmichen.

 Informations : Office du Tourisme de Montbéliard.

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, EXPOSITIONS & MUSEES 0 commentaire Imprimer

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