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«Dancing with Bergman » de Johan Inger, Alexander Ekman, Mats Ek et Ana Laguna

danse,bengt wanselius,dancing with bergman,theatre des champs elyséees,johan inger,alexander ekman,mats ek,ana lagunaAu Théâtre des Champs-Elysées, trois chorégraphes suédois célèbrent les cent ans de la naissance de leur compatriote, Ingmar Bergman, un des cinéastes les plus éminents du XXème, sous la forme d’un triptyque chorégraphique très émouvant.
Tandis que la danse tisse des liens serrés avec la création du cinéaste, le photographe Bengt Wanselius veille à retranscrire le regard de Bergman par des extraits de son œuvre cinématographique. Séquence émotion.

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De la psychologie familiale. S’inspirant d’un court-métrage réalisé en 1976 par Ingmar Bergman pour la télévision, le chorégraphe Johan Inger enferme quatre danseuses entre des murs symbolisés par des structures grises aux reliefs abimés. Les « 4 Karin », Anna Herrmann, Nina Botkay, Olivia Ancona et Alva Inger Armenta sont d’une beauté saisissante. Sur Il Ballo delle Ingrate de Monteverdi, la danse de Johan Inger est majestueuse, elle se déploie dans une très grande précision, parfois le geste s’allonge en des détails infinis pour explorer la complexité des sentiments. Il y a une filiation évidente entre le chorégraphe et le réalisateur, un sens de l'esthétisme pur, un regard brut, sans concession. Johan Inger est directeur artistique du Ballet Cullberg, il est peu connu dans les programmations des salles parisiennes, c’est un tort, il faut vite rattraper ce temps perdu. 

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A la question de la création. C’est Alexander Ekman qui s’y colle. Lui-même, seul en scène dans Thoughtson Bergman. Le jeune chorégraphe suédois, définitivement «branché» depuis qu’il a inondé les scènes avec son Swan Lake ou plus récemment avec Play à l’Opéra de Paris, interprète un solo élégant. La recherche créative passe par des interrogations qui n’ont de cesse de se faire et de se défaire. Alexander Ekman semble dessiner ou dénouer de ses bras les nœuds du fil (d’Ariane) qui relie l’esprit au cœur, ce parcours mystérieux de la création artistique. Sur une Nocturne de Chopin, l’atmosphère créée est belle, légère, toujours teintée d’humour. Une sorte de quête de sens tarabuste le chorégraphe dont il se sort, encore une fois, avec une spontanéité affichée, totalement décomplexée.

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En passant par la vie de couple. Mats Ek fait son entrée. Plus un souffle dans la salle, sauf peut-être celui de la (salvatrice) climatisation de la salle. Tous attendent LE chorégraphe. Le maître de la danse nordique est là. Celui là-même qui a remplacé, et presque fait oublier, le chef d’œuvre du ballet classique, Gisèle (Jules Perrot et de Jean Coralli -1841), par son Gisèle à lui. C’était en 1982, pour sa muse, Ana Laguna. 

Très naturellement, elle le rejoint ce soir là sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées pour un duo intitulé Memory sur une musique de Niko Rölcke. 

Mats Ek ne se préoccupe pas de la difficulté d’aimer à voir la façon dont il enlace Ana Laguna, il est ici plutôt question de la difficulté de vivre. La vie ordinaire, le quotidien, la routine, ces petites choses qui usent et qu’il faut renouveler, rafraîchir, jusqu’au bout. Ana Laguna et Mats Ek nous dévoilent leur secret de réussite. Comme à son habitude les intentions chorégraphiques de Mats Ek sont d’une sincérité folle. Le sentiment d’assister à la vraie vie d’un couple est étourdissant, totalement bouleversant. La vie que l’on aperçoit dans cet appartement éclairé dont les rideaux n’ont pas été tirés. Les amoureux s’étreignent, se fuit, se désaccordent, s’idéalisent, s'adorent, se cherchent et jamais ne se quittent. D’une authenticité profonde, terrienne, comme un portrait en gros plan d’un film de Bergman… 

C'est au théâtre que les deux artistes se sont connus, Mats Ek fut assistant-metteur en scène de Bergman. La filiation va de soi. Au delà du territoire, au delà de la nationalité, ces grands artistes ont en commun cet intuitif sens de l’observation pour les sentiments humains. Une sorte de puissance sobre, terriblement juste.

« Dancing with Bergman » est un moment fort dont on regrette seulement la trop courte durée, à peine 1h20. 

Laurence Caron.

9, 10 et 11 juin Théâtre des Champs Elysées

Bengt Wanselius / Les archives d’Ingmar Bergman - Taschen – 650 pages. 

Photos Erik Berg.

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