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« Balance ton père » au Théâtre Lepic

Balance ton père,theatre lepic,Soren Prévost,Philippe Lelièvre,Philippe Dusseau,Erling Prévost,Léo Lelièvre,Capucine Grou-Radenez,Claire Djemah,Philippe Sazerat« Je ne sais pas si j'ai manqué au cinéma français mais à moi le cinéma français a manqué follement, éperdument, douloureusement.» C’était en 1996, Annie Girardot s’est saisi du César pour son rôle dans « Les Misérables » de Claude Lelouch. Au même moment, je me souviens du murmure de mon voisin de canapé : « Foutu milieu, foutu métier, …»*.  Et oui ! A ceux qui pensent que le choix d’une carrière artistique est un métier d’amusements, et accessible à tous, je vous invite vivement à aller voir « Balance ton père » au Théâtre Lepic, Søren Prévost dit tout, il dévoile l’envers du décor avec une superbe franchise de cœur et d’esprit. Sans concession aucune, ni pour les autres et ni pour lui-même. Søren Prévost ouvre les vannes pour laisser déferler des vagues de poésie aux accents délicieusement absurdes, parfois douloureuse, jamais résignée et toujours drôle.

Avec une très élégante distance, et une délicate politesse qui n’appartient qu’à lui, Søren Prévost se raconte, toujours humble. Un autoportrait qui transforme la confidence en un récit universel. Ce passage artistique, peut-être obligé, est un travail abouti, un langage commun aux grands auteurs et artistes où l’humour a cette faculté particulière de traduire la couleur des sentiments avec justesse. 

Comme le sous-entend le titre de son spectacle, être le « fils de … » est un prétexte, même si l'on sait à quel point la charge est compliquée, Søren Prévost semble plutôt super à l’aise dans ses baskets. Ni blasé, ni aigri, le comédien livre son ressenti de ce foutu métier*, avec ses succès –qui ne sont pas forcément et précisément ceux attendus, ses traversées du désert - qui le catapultent en père au foyer super actif, et ses remises en question – une dualité abyssale entre le besoin d’être aimé, la peur de l’abandon, … et le père. De ce dernier, on en parlera finalement peu. Le sensible Søren n’a aucune intention de tuer le père pour exister, bien au contraire il lui rend un hommage attentionné entre ruptures et déstructurations du propos, cet humour unique, une « signature Prévost ». 

Alors que la crise égotique tient son siège, Søren Prévost se livre par les voix de ceux qu’il aime, sa femme, ses enfants, son père et ses compagnons de cordée, des plateaux de télévision au théâtre, et puis enfin il parle de sa mère dans un flot de tendresse qui tire les larmes. Comme Jiminy Cricket quand il vient surprendre Pinocchio, une véritable surprise (et talentueuse) texture et rythme l’ensemble à la perfection, mais sur ce point je ne dis rien de plus.

Søren Prévost est résolu à être libre dans sa façon de réinventer le genre "one-man show", une liberté habilement maîtrisée par Philippe Lelièvre qui dessine une mise en scène réjouissante avec ce don d’infuser chic et burlesque dans d’égales proportions.

A la scène comme à la ville, Søren Prévost est un artiste complet qu’il faut vite aller applaudir au Théâtre Lepic. Bravo l’artiste ! Bravo les artistes !

Laurence Caron

*citation Michel Caron ;-)

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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