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The Opera Locos au Théâtre libre

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Ce soir là, prudente et intriguée par le succès médiatique de ce spectacle, je prends place au milieu d’un public bruyant, un brin dissipé, fermement décidé à s’amuser.

Les enceintes cernant la scène pour retransmettre le son, et les voix piégées par les micros ne rassurent pas sur la qualité sonore, et puis le ténor distribué ce soir-là n’est pas dans une forme olympique… Mais, une fois la troupe réunie sur scène, la magie opère.

Amadeus, Giuseppe, Freddy, Mika ou Rihanna  = même combat ! 

Un contre-ténor, complètement déchainé, fait de la haute voltige sur un répertoire qui s'étend de Freddy Mercury à Klaus Nomi, une soprano arrache les larmes tout en faisant le pitre, un baryton pose un très délicat et formidable Nessun dorma, et une très puissante mezzo fait chavirer les cœurs de la salle entière. Dans un rythme effréné, le répertoire choisi alterne les grands traits de bravoure de l’art lyrique, airs rock et chansons pop, la partition livrée généreusement est extravagante et s'articule autour de sketchs poétiques et de numéros burlesques, des prétextes décalés pour faire vivre le meilleur de la musique, de toutes les musiques.

Impossible de ne pas être saisi par la performance des artistes, ils ne quittent pas la scène. Tout en justesse et sans jamais oublier les nuances nécessaires à la bonne compréhension des textes et à la couleur des sentiments, la troupe talentueuse est terriblement attachante et le spectacle se transforme en fête. La recette - toujours archi efficace - de faire participer le public permet à tous de s’essayer à l’exercice des vocalises, et personne ne s’en prive. Chanter est une source de joie merveilleusement contagieuse. A la sortie du spectacle, sur les lignes du métro que dessert la Station Strasbourg-Saint-Denis, il n’est pas rare de croiser un couple qui rejouent les duos d’Alfredo et Violetta (La Traviata / Verdi), ou des adolescents hallucinés qui chantent à tue-tête Le duo des fleurs (Lakmé / Léo Delibes).

En faisant part de mon enthousiasme, on me fait remarquer que ce genre de spectacle a certainement la faculté d’encourager les gens à aimer l’Opéra. Je réponds aussitôt qu’il n’y  pas un art qui ne soit plus populaire que l’Opéra ! La responsabilité est autre, on appelle cela la politique culturelle… mais ceci est une toute autre histoire.

Laurence Caron

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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