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Sheku Kanneh-Mason, violoncelle et Isata Kanneh-Mason, piano - au Théâtre des Champs-Elysées

Le 19 mai 2018, lors du mariage du prince Harry et de Meghan Markle, deux milliards de téléspectateurs, sans compter le gratin international qui y assistait, ont découvert le jeune violoncelliste Sheku Kanneh-Mason, il avait dix-huit ans. Auparavant en 2016, décrochant les BBC Youngs Musicians à Londres, son album «Inspiration» l’avait propulsé au 11ème rang du Top 20 UK Official Album Chart, dont notamment un bouleversant arrangement de No Woman no cry de Bob Marley qui a réalisé un million de flux le premier mois sur Spotify. Un nouveau record qu'il a lui-même battu avec le tout récent enregistrement du Concerto d’Elgar, avec Sir Simon Rattle et le London Symphony, dans les mythiques studios d’Abbey Road, à piocher dans les bacs depuis le 10 janvier 2020.

Accompagné de sa sœur, la pianiste Isata Kanneh-Mason, jeune pousse autant virtuose issue de la Royal Academy of Music, les deux jeunes artistes clôturent le Grand week-end violoncelle du Théâtre des Champs-Elysées. Ce dimanche pluvieux se termine de façon lumineuse.

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Beethoven, inventeur de la sonate pour violoncelle et piano, installe la fête avec La Sonate n°4 en do majeur opus 102 n°1 composée en 1815. Le fond de scène boisé repousse les sons jusqu’aux moindres recoins du théâtre, Sheku et Isata s’installent et soulèvent peu à peu les spectateurs très privilégiés de leurs fauteuils. Ensuite, le choix de l’œuvre « Grave » du compositeur polonais du 20èmesiècle, Witold Lutostawski, est un peu risqué et contrarie un temps, très légèrement, le public du TCE peu habitué à la musique dissonante. Les trois mouvements de la Sonate opus 6 du compositeur américain Samuel Barber (1932) ancrent définitivement la technique d’interprétation irréprochable du violoncelliste et son incroyable souplesse des mains. Ses vibratos serrés attestent de son jeune tempérament et son don pour une lecture simple, dénuée de toutes fioritures, lui font attaquer la très lyrique Sonate opus 19 de Rachmaninov avec une grande intelligence. Enthousiaste, le public - que l’on soupçonne un peu néophyte (les deux milliards de téléspectateurs du mariage ? ) lorsqu’il se précipite à applaudir entre les mouvements des œuvres - est transporté. Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont talentueux et avec l'élégance des grands interprètes, humbles et aimables, Sheku et Isata Kanneh-Mason distribuent de discrets sourires de remerciements à ceux qui troublent un peu l’ordre des choses.

Un son étincelant, maîtrisé, achève de charmer l’auditoire. La salle conquise ne semble pas avoir envie de quitter les lieux. Sheku Kanneh-Mason n’est plus seulement une révélation, le voici en artiste accompli.

Laurence Caron

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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