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Le Principe d'incertitude au Théâtre Montparnasse

simon stephens,louis-do de lencquesaing,laura smet,jean-pierre darroussin,theatre montparnasseA la gare de Saint Pancras, le regard de Georgie, une extravagante américaine de 40 ans, croise celui du très discret Alex, de 30 ans son ainé. Une curieuse rencontre entre ces deux personnages que tout oppose... 

Magnétique. Il suffit à Laura Smet d’envoyer sa paire d’yeux bleus dans les projecteurs pour emmener tout et tous à sa suite, elle a un truc qui relève de l’instinct et qu’on n’explique pas. C’est sa toute première fois au théâtre. Est-ce que cela a réellement de l’importance pour celle dont le prénom a été chanté tant de fois sur les plus grandes scènes et applaudit par le plus grand public que l’on puisse imaginer ? Peut-être… pour excuser un certain ton monocorde de sa voix qui ne sait pas toujours comment se placer pour emplir le vaste Théâtre Montparnasse ou pour cette façon de jouer tendue qui menace de couper son souffle et qui s’apprête à libérer ce trac terrible, cette bête prête à bondir, à attaquer ? Peut-être… Pourtant, sans choisir la facilité, la comédienne s’est avalée une sacrée tartine de texte, un texte difficile pour lequel Jean-Pierre Darroussin réplique souvent par de longs et profonds silences dont lui seul a le secret. De sa magistrale tenue de jeu, Darroussin couve sa protégée, il la guide, la laissant s’accrocher à son implacable maitrise des situations et à son phénoménale talent  pour occuper l’espace tout entier. Ainsi inspirée, dans une sorte de pudeur fragile qu'elle balaye d'un sourire, Laura Smet transforme l'essai en une performance troublante.

" Les voies du cœur sont impénétrables. Et elles aboutissent souvent à des attirances et à des accouplements étranges. Des extrêmes se rencontrent malgré les lois formelles de la géométrie...." Jean Noli.

Dans une mise en scène de Louis-Do de Lencquesaing, le propos du « Principe d’incertitude », du Britannique Simon Stephens -en référence à la théorie quantique d’Heisenberg- dissèque la fragilité de l‘être, l’opération est précise comme pour chaque expérience tout est une question du point de vue, celui sur lequel on se place.

Le désespoir qui assaille les deux protagonistes les verse dans un tourbillon d’émotions. Toute cette douleur est heureusement rythmée par quelques traits d’humour parfois cruel, pour tenir le coup. La vie en somme. A leur façon, si différentes et si particulières, les deux artistes sont d’une sincérité folle, les peaux de leurs personnages sont à vif. Les décors, costumes et effets sont oubliés, et d’ailleurs on se demande pourquoi avoir ajouté autant d’apparats, les interprétations proposées et la puissance du texte se suffisent à elles-mêmes. Les noms, ces "têtes d’affiches" de cette rentrée théâtrale, sont eux aussi oubliés, il n’y a plus que Georgie et Alex et on doit s’avouer vraiment très chanceux d’avoir été témoin de leurs vies.

Laurence Caron

Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, SCENES 0 commentaire Imprimer

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