Voici une grande et belle respiration : pour une fois, on parle des États-Unis différemment de ce que l’on entend ces derniers jours. Arrêtons-nous à New York, foyer mondial de la culture grâce aux différentes communautés ethniques qui s’y sont installées et, par conséquent, aux luttes essentielles qui y ont été menées et qui continuent de l’être par la voix des artistes. Celle du Dance Theatre of Harlem a commencé à se faire entendre en 1969, après l’assassinat de Martin Luther King Jr., sous l’impulsion d’Arthur Mitchell, premier danseur noir du New-York City Ballet, nommé par son directeur George Balanchine, connu par l’histoire de la danse comme le créateur du ballet néoclassique américain. À New-York, près de soixante ans plus tard, la compagnie poursuit les mêmes ambitions.
george balanchine
-
The Dance Theatre of Harlem en tournée
-
Racines à l'Opéra Bastille jusqu'au 10 novembre

Échappant aux grèves, Giselle d'après Jean Coralli et Jules Perrot, l’emblématique ballet classique toujours très attendu, a lancé la saison danse de l’Opéra National de Paris à Garnier. Ce Giselle a été monté par le regretté Patrice Bart en 1991, avec Eugène Polyakov. Après avoir été une étoile de la scène et dansé tous les rôles du répertoire jusqu'aux créations de Serge Lifar, Roland Petit, MacMillan ou Noureev, Patrice Bart a rejoint les étoiles de la voie lactée. Maître de Ballet en 1987 et "associé à la direction de la danse" de 1990 à 2011, il a passé plus d'un demi-siècle à l'Opéra National de Paris. On lui doit aussi des chorégraphies pour le Staatsoper de Berlin (Don Quichotte, Le Lac des cygnes, ..), pour l'Opéra de Paris (Coppélia, La Petite Danseuse de Degas) et pour le Ballet du Bayerische Oper de Munich (La Bayadère).
photo : Patrice Bart, lors d'une répétition pour Coppélia dont il est le chorégraphe.
Paris, Palais Garnier, 24 avril 1996.
A Bastille, Racines a démarré le 6 octobre avec un titre évoquant les origines de la danse. Cette nouvelle saison s’annonce somptueuse et répond à une logique intéressante, considérant le néo-clacissisme en son centre d’où irriguerait d’un côté le ballet classique et de l’autre la danse contemporaine (il est prévu en décembre « Contrastes » avec la post-moderne Trisha Brown, et les plus modernes David Dawson, et le duo Imre, Marne van Opstal) ; un paradigme juste inscrivant solidement l’institution dans son rôle à la fois patrimonial, culturel et de divertissement. Ce besoin de marqueurs de notre temps, José Martinez y est attentif, le directeur de la danse de l’Opéra, en poste depuis décembre 2022, a conçu pour la première fois cette saison dans son entier. Un changement de climat se fait sentir toujours entre respect absolu du répertoire classique et contemporanéité. Une saison 2025/2026 claire et lumineuse.