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« Rimbaud Verlaine Eclipse totale » au Poche-Montparnasse

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Les amours de Verlaine et Rimbaud sont en effet bien sombres sous cette Eclipse totale de Christopher Hampton au Poche-Montparnasse. Le dramaturge britannique caricature un peu et offre une image qui semble s'éloigner de notre imaginaire littéraire…

Rimbaud a dix-sept ans, il débarque à Paris en réponse à l’invitation de Verlaine. Verlaine est un poète embourgeoisé, marié avec une très jeune femme et bientôt père de famille. Des périples entre Bruxelles et Londres suivront, les deux hommes chercheront tour à tour à éveiller ou à apaiser le feu qui les anime, attisant aussi bien leur sexualité que leur inspiration à écrire. L’amour encore, toujours l’amour, il nourrit le poète quand il ne s’agit pas d’alcool, d’absinthe ou d’opium et celui-ci est violent, excessif et jaloux.

Julien Alluguette interprète Artur Rimbaud, il épouse à la perfection les contours du corps et de l’esprit voulus par Christopher Hampton, il se plonge dans le rôle avec un jeu quasi schizophrène, très "Actor Studio". Quant à Paul Verlaine, Didier Long le joue avec force, un monstre sacré ou plutôt un sacré monstre, impressionnant. Didier Long par la voix de Verlaine a un grand sens du tragique, il insiste sur le don particulier du poète pour la destruction. Sa femme Mathilde, la comédienne Jeanne Ruff, est aussi intense que ses camarades de jeu mais elle apaise par sa douceur et son physique éthéré. La comédienne est souveraine, elle a un sens de la mesure impossible à contrarier. Divine. 

Il ne faudrait jamais avoir à rencontrer les êtres qui se cachent derrière les icônes, ceci pour éviter (souvent) des déceptions inutiles. C’est en tout cas ce que je crois et qui s’avère une nouvelle fois se vérifier. La performance des comédiens et la mise en scène de Didier Long, encore merveilleusement rythmée, ne sont pas à remettre en cause, il s’agit plutôt de la vision d’Hampton. Cette façon particulière de résoudre les désordres de l’âme par des raccourcis est sans doute plus lisible au cinéma qu’au théâtre. Les scènes de Théâtre ont besoin de plus de lumière que les plateaux de cinéma, cette lumière aurait pu être apportée par un peu plus d’extraits de textes poétiques. Une chose est certaine, après avoir assisté à la pièce « Rimbaud /Verlaine Eclipse totale », l’envie de relire Rimbaud ou Verlaine est irrésistible.

Laurence Caron

 

*du mardi au samedi à 21h

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