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EXPOSITIONS & MUSEES

  • Dimanche 7 mai 2017, avant ou après être allé voter, le public est invité à visiter gratuitement le Musée national de l’histoire de l’immigration

    Affiche Ciao Italia.jpgCiao Italia !

    Le Musée national de l’histoire de l’immigration ouvre gratuitement ses portes et permet à tous les visiteurs de découvrir gratuitement son exposition temporaire CIAO ITALIA !, ainsi que les nombreuses contributions des immigrés à la société française, à travers ses espaces permanents Repères et la Galerie des dons.

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  • Rétrospective Bernard Buffet au Musée d’Art Moderne, jusqu’au 26 février 2017

    bernard buffet,musée d'art moderne,expositionLa rétrospective tracée par le Musée d’Art Moderne commence par le Voyage autour de ma chambre, ensuite de nombreux autoportraits et portraits de précipitent jusqu’aux scènes de guerre et bibliques de crucifixion et la monumentale « Passion ». Bernard Buffet colle son œuvre à une culture des Beaux Arts indiscutable et dense, les thèmes des grands Maîtres ne lui échappent pas.

    Jeune artiste, il peint partout, il cloue des draps sur les murs pour y jeter sa peinture. Il ne s'arrêtera pas jusqu'à La Mort, ce sera aussi le titre de sa dernière série d'oeuvres.

     

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  • Hodler, Monet, Munch…peindre l’impossible au Musée Marmottan-Monet jusqu’au 22 janvier 2017

    4040.pngIls ne se sont jamais rencontrés et l’Histoire de l’Art les a sagement rangés dans des catégories bien différentes : impressionniste pour Claude Monet, postimpressionniste pour Ferdinand Hodler et symbolisme pour Edvard Munch. Pourtant, l'époque les unie. L’avant et l’après-guerre, c'est un mouvement constant, qui provoque et révèle les talents artistiques, fait émerger la recherche scientifique, crée des ruptures par ses évolutions sociales et est l’objet de nombreux changements politiques. Cette époque est "inspiratrice", le mot n'est peut-être pas assez fort. Les influences se croisent jusqu’à se nouer, se mêlent les unes aux autres jusqu’à se ressembler sans jamais se plagier… C’est ce que cette exposition conçue par Philippe Dagen nous montre au Musée Marmottan-Monet dans une débauche de beauté picturale tout à fait réussie !

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  • « Double Je », jusqu’au 16 mai au Palais de Tokyo

    double je,palais de tokyo,Franck Thilliez

    « Double Je » au Palais de Tokyo est une exposition intelligente. Le concept s’appuie sur une intrigue policière imaginée par Franck Thilliez. Il s’agit d’une enquête palpitante et extrêmement détaillée sur les métiers des artisans d’art. 

     

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  • À partir du 16 avril 2016, à la Grande Halle de la Villette : l'exposition James Bond 007, 50 ans de style Bond

    james bond 007,grande halle de la villette,ce qui est remarquable,spokojny consultingÀ partir du 16 avril la Grande Halle de la Villette accueille James Bond 007, l'exposition, 50 ans de style Bond réunissant plus de 500 objets originaux permettant une immersion dans l'univers esthétique de l'espion le plus célèbre du monde. 

    Aston Martin, costumes, gadgets, croquis, photos de tournages, et des pièces exclusives issues du tournage de Spectre notamment le costume de James Bond lors de la séquence d'ouverture "Dia de Muertos" à Mexico, le "Smart Blood Engine" tout droit sorti du département Q, la tenue que porte Oberhauser dans son repère au Maroc et l'anneau de Spectre ! 

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  • WE ARE BOWIE par le photographe Guillaume Bounaud

    Nous sommes tous Bowie, depuis ce lundi 11 janvier 2016, un peu perdus, presque orphelins. 

    En 1983, j'écoutais "Let's dance" sur mon walk-man. Lors de petites vacances chez mon oncle à côté de Biarritz, j'ai fouillé dans ses disques et j'ai découvert l'album "Rare" (1982. RCA). Je l'ai gardé avec moi, tout contre moi, et j'ai usé les sillons du somptueux "Amsterdam" (Brel/Shuman) en me demandant comment était-il possible qu'un chanteur anglais puisse avoir l'audace de se frotter à Brel ?
    Une douzaine d'années plus tard, il y a eu des concerts mais surtout ce show-case à l'amphithéâtre de l'Opéra Bastille, nous étions peut-être 200, une ambiance plutôt intime : 30 minutes de concert, pas une de plus, si proche, c'était dingue ! En fait, je crois que je n'ai rien écouté, trop préoccupée à renifler sa présence...

    Ces derniers jours, les témoignages des fans de Bowie parcourent la toile, les images, nos lectures et les ondes. Et puis, il y a des histoires d'amour aussi, des vrais, des histoires pour lesquelles les fans ont investi une partie de leur vie et leur talent. WE ARE BOWIE, la réalisation photographique de Guillaume Bounaud, est de cette trempe. 

    guillaume bounaud,we are bowie
    Family by Guillaume Bounaud

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  • Picasso.mania au Grand Palais jusqu’au 29 février 2016 : l'inspiration suprême !

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    Le nom de Pablo Picasso est entré dans le vocabulaire pour désigner communément un génie. Génial, il l’a été, et génial, il continue de l’être. L’inspiration du Maître est contagieuse, du cubisme au pop art jusqu’au cinéma, les courants et les disciplines artistiques se sont imprégnés de l'oeuvre entière de Pablo Picasso.

    A son époque, en très habile metteur en scène de sa propre vie, le fascinant Artiste a tissé la trame culturelle du XXième siècle par son œuvre, mais aussi par ses idéaux politiques et sa recherche intellectuelle autant que par sa vie sentimentale et familiale. Millionnaire fantasque et artiste sincère, l'œuvre entière de Pablo Picasso l’a propulsé au rang de star multimédia bien avant l’heure. 
    Au Grand-Palais, l’exposition Picasso.mania témoigne de cet héritage inépuisable. L’insoumission constante, la créativité hors la toile, tout cela vibre dans le puissant portrait de Pei-Ming Yan (2009), c'est un Picasso vivant, un « homme concept », l'homme compte autant que son oeuvre, un talent extraordinaire hors frontières, hors matières, hors temps, qui s'étire jusqu’aux créations des vidéastes d'aujourd'hui (Tate Liverpool, Rineke Dijkstra 2009)...

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  • L'incroyable Art du LEGO de Nathan Sawaya, jusqu'au 30 août au Parc des Expositions de la Porte de Versailles

    L’idée d’aller voir une exposition sur les légos n’était pas de moi. Au départ, ce fut plutôt une demande insistante de mon petit garçon de dix ans à laquelle j’ai répondu instamment, une sorte de devoir de mère modèle…

    L’espace sombre du Parc des expositions de la Porte de Versaillesthe art of lego est toujours aussi peu accueillant, aussi les premières sculptures qui s’avancent dans les allées semblent presque vivantes. Résolument pop, le travail de Nathan Sawaya  ne se résume pas seulement à l’éloge de la marque Lego et de ses constructions aux couleurs flash. La petite brique colorée, à l’ajustement simple, est un matériau efficace et moderne pour arriver à la réalisation d’un Art de la sculpture à part entière dont ses aînés wharoliens apprécieraient les compositions chromatiques.

    L’ex avocat New-Yorkais saute d’un atelier à l’autre, entre New-York et Los Angeles, il s’impatiente de recevoir, non pas des boîtes, mais des sacs immenses de briques et entame consciencieusement commandes ou inspirations, avec énergie et poésie. Rodin et de Vinci, ou bien Janis Joplin et Bob Dylan, tous sont logés sous la même enseigne, et, balayant le prisme des couleurs primaires de Lego, d’autres formes créatives ouvrent un champ abstrait sensible et parfois fort remuant, totalement inattendu.

    Sans en avoir l’air, The Art of The Brick de Nathan Sawaya est une véritable exposition d’art contemporain, dont la vocation peut s’avérer quasi-pédagogique auprès des plus jeunes (pour les emmener plus loin encore...) et véritablement étonnante pour les plus vieux… Allez-y en famille.

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Les couleurs de l’abstraction de Sonia Delaunay au Musée d’Art Moderne de Paris, jusqu’au 22 février 2015

    musée d'art moderne,sonia delaunay,robert delaunayAprès l’exposition flamboyante consacrée à Niki de Saint Phalle au Grand Palais, découvrir Sonia Delaunay (1885-1979) au Musée d’Art Moderne enveloppe l’amateur dans une sorte de  women art power, nécessaire et absolument jubilatoire !
    Cette rétrospective réunie plus de 400 œuvres, peintures, dessins, esquisses, tissus, argumentations vidéos, meubles et d’un fond photographique éblouissant. Cette exposition consacrée à Sonia Delaunay est absolument immanquable à Paris, avant sa prochaine installation du 15 avril au 9 août 2015 à la Tate Modern de Londres.

    musée d'art moderne,sonia delaunay,robert delaunayTendant sur un châssis une couverture de berceau, initialement cousue de ses mains pour son fils, Sonia Delaunay crée à jamais l’emblème ironique et magistral de son Art. La broderie est enseignée aux jeunes filles de bonne famille, la jeune artiste va l’utiliser, très intelligemment en la mixant à sa maîtrise parfaite de la couleur et à sa technique du dessin. Elle propose à l’objet utile d’être beau, et, à l’Art de s’exprimer librement sur toutes formes de supports. Il s’agit bien d’un traité sur la liberté, la liberté de l’Art mais aussi la liberté des Femmes.
    L’Histoire transforme la société, les guerres successives  envoient les hommes au front, tandis que les femmes assurent le travail dans les usines et dans les champs, elles se chargent de nourrir leur famille, plus rien ne sera jamais comme avant.

    musée d'art moderne,sonia delaunay,robert delaunayEn ce début de siècle, Guillaume Apollinaire, l’ami du couple, formé par Robert et Sonia Delaunay, désigne le travail de Sonia aux côtés de la peinture de Robert Delaunay comme «des petites choses attachantes»… La misogynie 'de ce temps' relégue souvent les travaux artistiques des  femmes à la décoration, réservant l’Art avec un grand A aux hommes. Ce fléau, que l’on souhaiterait aujourd’hui disparu, ne décourage pas l’inspiration et la volonté de Sonia Delaunay, bien au contraire. Résolue et douée, Sonia Delaunay dompte son époque, elle participe notamment à inscrire de nouveaux courants (Simultanisme) dans l’histoire des arts.
    Passant aisément de l’art pictural à la broderie, ou bien l’inverse, Sonia Delaunay lance une impulsion nouvelle et incontournable à la création de tissus originaux. La mode, très récemment libérée de ses corsets et autres engins de torture, est à jamais transformée. Immortalisant ses créations vestimentaires par la photo alors que la photo de mode n’existe pas, considérant le travail de la gouache et de la craie de cire au même rang que celui de la peinture à l’huile, intégrant avec notamment
     Blaise Cendrars, l'écrit aux aplats de couleur, multipliant les projets pour des projets d’affiches de publicité, l’architecture, le cinéma et la scène auprès notamment du grand mentor de l’époque, Diaghilev, Sonia Delaunay n’a de cesse de dépasser la peinture pour créer des passerelles entre les genres artistiques extrêmement novateurs.

    Ce tourbillon créatif, qui se moque des carcans et des codes établis, semble évident aujourd’hui en matière d’art contemporain, il en est de même pour la considération de la femme-artiste dans le monde de l’Art, pourtant ces deux symptômes restent l’objet d’une lutte constante devant laquelle il ne faut pas désarmer…

    Laurence Caron-Spokojny

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  • L'Art du rythme selon Robert Delaunay au Centre Pompidou jusqu’au 12 janvier 2015

    robert delaunay,soina delaunay,centre georges pompidou,peintureRobert Delaunay a intitulé une de ses œuvres (des plus emblématiques) « Joie de vivre » (1930- coll. Centre Pompidou), cet optimisme  est plutôt rare pour un artiste. Et en effet, les couleurs et lumières, souvent emportées dans un mouvement circulaire, laissent un sentiment de gaité, une impression vive. Robert Delaunay (1885-1941) est un peintre solaire et le Centre Pompidou a eu l'excellente idée de réunir  la plus riche collection qui soit : environ quatre-vingts œuvres, peintures, dessins, reliefs, mosaïques, maquettes, une tapisserie et des photographies documentaires, apportés notamment grâce aux donations de Sonia Delaunay et de son fils Charles faites au Musée National d'Art Moderne en 1964. 

    Avec sa femme, Sonia Delaunay, Robert Delaunay est à l’origine du «Simultanéisme», ce mouvement de peinture définit une nouvelle forme de perception des couleurs par leurs juxtapositions. Cette influence sera déterminante pour l’histoire des arts s’étendant de l’architecture, au design jusqu’ à la mode. Les ballets de Diaghilev (Cléopâtre en 1918 à Londres), sa collaboration avec le cinéaste Abel Gance, le football (Cardiff), les affiches de réclames, les manèges, la Tour Eiffel ou la traversée de la Manche par Louis Blériot sont des inspirations, directement issues des grands mouvements scientifiques et artistiques, et, ce sont autant de sujets qui passionnent Delaunay.

    robert delaunay,soina delaunay,centre georges pompidou,peintureLa seconde partie de cette exposition propose de découvrir les œuvres monumentales produites par Delaunay pour l’exposition Universelle de 1937 : le  Palais des Chemins de Fer et le Palais de l’Air. Delaunay fait définitivement sortir la peinture de la toile, il ouvre l’espace créatif, et, par la même occasion il fait sortir le peintre de son atelier en collaborant avec des architectes de l’époque tels Félix Aublet, Mallet-Stevens,.... La peinture n’est plus seulement un moyen d’expression artistique sensé représenter ce qui existe, elle est aussi une traduction de l’immatériel. Et pour Delaunay, il s’agit d’interpréter la lumière, qu’elle soit de source électrique ou naturelle, à travers le prisme de la couleur.

    Chaque instant de la vie du peintre se veut d’être sublimé par une certaine forme de poésie et il s’emploie à y répondre aux côtés de Sonia Delaunay. Sur les traces de Vassili Kandisky, Delaunay invente une autre sorte de lyrisme, celui-ci est  musical, un lien définitif se tisse entre la musique et les arts plastiques. Son ami, Guillaume Apollinaire, lui donnera le nom « d’Orphisme ».  Pour une peintre qui déclarait : « Les mouvements en peinture n'ont pour moi pas de valeur »après le "Simultanéisme", l'histoire de l'art se sera chargée de gratifier l'oeuvre de Robert Delaunay de beaucoup de "isme" !  

    Laurence Caron-Spokojny

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  • « Under the Wave » - Exposition dans le Bassin d’Hiver de Molitor jusqu'au 30 novembre 2014

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    A la fois hôtel de luxe, spa, club privé, et, restaurant, à la décoration raffinée, la piscine Molitor s’est donnée pour mission de faire entrer les artistes entre ses murs et sur ses murs, une sorte de démocratisation artistique urbaine du site. Classée au patrimoine par Jack Lang, lorsqu’il était Ministre de la Culture, il était impossible que la piscine Molitor ne réponde pas à quelques obligations artistiques...

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    Street-artistes, grapheurs, light-painters, sculpteurs et plasticiens ont investi Molitor d’une façon originale. Nichés au creux des cabines, les œuvres et installations des artistes se dissimulent derrière chacune des portes au bleu Majorelle. L’esprit intimiste, façon boudoir ou cabinet de curiosité, permet à chaque artiste de créer son propre univers. Les aplats de couleurs, dessins, pochoirs, lignes et courbes, investissent les cabines ocres par l’exposition d’une toile, installation ou sculpture, d’une peinture à même le mur, sur la banquette ou bien directement au sol. Le concept offre à chaque artiste un espace de liberté lui permettant ainsi d’immerger entièrement le visiteur au sein de son intention artistique.
    L’idée est particulièrement réussie et elle ne gâche en rien le cachet  architectural du lieu, si particulier, par sa sobriété et la justesse de ses lignes, bien au contraire.
    Balder, Artiste Ouvrier, Fred Calmets, Cadija Costa, Le Consortium, Damien Paul Gal, Diadji Diop, FBZ,  Indie 184, JBC, Kan, Kashink, Kouka, William Laboury, Mademoiselle Maurice, Carmen Mariscal, Thomas Mainardi, One Teas, Shuck One, Sly 2, Antoine Stevens, Thom Thom, Remy Uno et Wen-Jié Yang sont annoncés ; pourtant, la pluralité des œuvres présentées le soir du vernissage semble assez inégale.
    Ici, on sent bien que quelque chose se passe mais reste inachevée. L’écrin offert par l‘architecture de Molitor est élégant, et il s’éloigne aussi très radicalement ce l’aspect brut d’un quartier abandonné, d'un trottoir délavé par le temps ou d'un mur délabré, supports originels de toutes les formes de street-art. Molitor impose des codes, de par son empreinte, et réclame une certaine exigence. Une confrontation s'installe entre le lieu et ce qu'il choisit de présenter, le pari est ambitieux, il laisse espérer des créations hors champs, encore plus inattendues, à la hauteur de l'édifice. A suivre avec attention.

    Laurence Caron-Spokojny


    MOLITOR 2 Avenue de la Porte Molitor, 75016 Paris www.mltr.fr Exposition gratuite ouverte au public du 10 octobre au 30 novembre sur réservation uniquement et dans la limite des places disponibles. Inscription par mail : underthewave@mltr.fr

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  • L'oeuvre immense de Katsushika Hokusaï est présentée au Grand Palais, jusqu'au 18 janvier 2015.

    katsushika hokusaï,laurence caron-spokojny,grand palais,rmn,japonIl y a de grands artistes, ceux qui révolutionnent le monde, modifient le cours des choses, dévient les esprits et rendent la vie plus intense. Et puis, il y a les génies, ceux qui inventent autre chose, Katsushika Hokusaï (1760-1849) est un génie.

    « Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante, j’ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans… »

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    Le choc de la rencontre, à la fin des années 1850, des Occidentaux avec l’art japonais est une introduction à l'exposition du Grand Palais. Cette découverte artistique influencera les artistes européens tels Degas, Monet, Van Gogh ou Gauguin, une véritable contagion culturelle et esthétique s’emparera de l’Europe. 
    Dès l’âge de quinze ans, Hokusaï grave des planches destinées à la fabrication des estampes, puis auprès de Katsukawa Shunsho, maître en l’art des portraits du Théâtre Kabuki, Hokusaï entame une production massive de dessins qui le conduira à l’illustration de poèmes-bouffes. Luxueux livres de lecture ou passionnants manuels de peinture, les milliers de créations d’Hokusaï vont notamment imposer l’art du manga, avec une incroyable variété de dessins, à un public de plus en plus large.
    Sept périodes, autant dire sept vies pendant lesquelles il changera cinq fois de nom, donneront naissance à des milliers d’œuvres qui depuis 1778 sont admirablement bien conservées. La difficulté de la conservation de ce patrimoine relève de l’exploit tant le support des dessins et estampes est fragile. Le trait est minutieux, l’intention artistique est d’une délicatesse extrême. Parfois l’humour, quelques grivoiseries, ou scènes de la vie quotidienne l’emportent en un mouvement poétique finalement peu éloigné de la culture européenne. L’œuvre d’Hokusaï, « Le vieux fou de peinture », présentée au Grand Palais est orchestrée avec une précision de calligraphe, scientifique.

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    «Quand j’aurai cent dix ans, je tracerai une ligne et ce sera la vie.»

    Le déroulé de l’exposition est une montée en puissance dont la halte, sous format vidéo, de la fabrication d’une estampe est fortement appréciée, comme une respiration, tant le contenu de l’exposition est dense. L’ambiance des espaces de la Galerie Nationale, dessinée en clair-obscur, invite au recueillement autour des multiples œuvres du maître. L’ascension vers les deux dernières périodes est atteinte comme une récompense, c’est une explosion de couleur, surtout ce souverain bleu de prusse qui fait oublier l’encre de Chine au profit de la peinture : un miracle de beauté. En sortant de l’exposition, si ce n’était pas déjà le cas, tous s’avouent avoir trouvé un maître.

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Niki de Saint Phalle au Grand Palais atteint sa cible en plein coeur !

    Elle a les yeux peints de khôl et le sourire mutin. Elle a une allure nonchalante et racée. Elle a une voix aux accents rythmés et sexy, de ceux qui ont traversés l’Atlantique, vécu tant de vies et dont l’origine est indéfinissable. Elle parle. Elle parle beaucoup. Elle parle tout le temps. Elle dénonce l’invraisemblable, elle exagère parfois, elle s’emporte souvent... Elle a raison. Elle fait de sa propre vie, de ses fantômes, traumatismes et douleurs, une œuvre universelle. Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle chante, pose pour Vogue puis elle devient Niki de Saint Phalle. Elle est une artiste engagée, son œuvre est au Grand Palais jusqu’au 2 février 2015, ce n’est pas une exposition, c’est autre chose…

    maciej fiszer,laurence caron-spokojny,niki de saint-phalle,grand palaisC'est un voyage, un show, une sorte d’immersion totale, une proposition multidimensionnelle, l’émotion est forte, dense, comme une entrée dans le ventre généreux d’une de ces « Nanas » joyeuses, colorées et qui valsent dans les airs : « … mes sculptures représentent le monde de la femme amplifié, la folie des grandeurs des femmes, la femme dans le monde d’aujourd’hui, la femme au pouvoir »Enveloppée, malgré elle, par le courant des Nouveaux réalistes, la jeune performeuse s’exprime aussi en images et en sons, interviews et témoignages précieux viennent appuyer son propos idéaliste. La sincérité et le charme de Niki de Saint Phalle visent droit au cœur comme ses tirs à la carabine qu’elle désigne comme d’ultimes instants de mort. Féministe pour de vrai, elle a 30 ans au début des années 60, elle revendique la maternité comme une source de toute puissance, l’enfantement est au centre de tout et elle milite pour une société matriarcale : « …Vous croyez que les gens continueraient à mourir de faim si les femmes s’en mêlaient ?... ».

    Niki de Saint Phalle disait : « Très tôt je décidais de devenir une héroïne. Qui serai-je ? George Sand ? Jeanne d’Arc ? Napoléon en jupons ? » ; la jeune fille de bonne famille, violée par son père à l’âge de 11 ans, n’aura de cesse de sublimer sa vie, l’artiste donne une leçon radicale d’affranchissement de toutes formes d’enclaves familiales ou sociétales. Empêtrée parfois dans ses contradictions, ingénue ou provocatrice, elle oppose la simplicité de ses petites dessins, comme issus de carnets de voyages dispersés ou mots collés sur le frigo pour ses enfants, à la sophistication extrême de ses sculptures monumentales ou bien encore à ses compositions plastiques frénétiques nés d’une sorte de colère…

    Niki de Saint Phalle a transformé ses douleurs, sa violence, et la préciosité du temps en une œuvre vivante, résolument gaie et terriblement remuante, et fort intelligemment bien retranscrite par l'Atelier Maciej Fiszer dans les Galeries nationales du Grand Palais.

    Laurence Caron-Spokojny

    photo Niki de Saint Phalle en train de viser,
    photographie en noir et blanc rehaussée de couleur extraite du film Daddy, 1972.
    (détail) © Peter Whitehead 

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  • Les Indiens du Quai Branly, jusqu'au 20 juillet 2014

    affiche_indiens_plaines.bro.jpegAu delà des hautes herbes de ses jardins, quelques tribus Cheyenne, Sioux, Blackfoot, Apache, Comanche, Arapaho ou  Pawnee ont envahi le Musée du Quai Branly. 
    Les grandes plaines d’Amérique du nord grondent sous une charge de bisons, alors qu’au milieu d’un rassemblement de tipis un pow wow bat son plein de chants et de danses. Quelques nuages de fumée s’échappent au loin, une mère persuade un fils de ne pas se rendre à la guerre, quelques tribus se sont réunies en conseils, un calumet se partage, quelque part une danse du soleil a commencé, un chaman évoque les esprits pour la prochaine chasse aux bisons... Lire l'article ici

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  • Rétrospective Lucio Fontana au Musée d’Art Moderne jusqu'au 24 août : sculpteur, peintre et spationaute…

    lucio-fontana_ce qui est remarquable.jpgTerrien malaxant la glaise, ou aérien lorsqu’il ouvre la toile d’une fente pour libérer un passage, Lucio Fontana (1899-1966) est enfin au Musée d’Art Moderne de Paris pour une rétrospective regroupant plus de deux cents oeuvres. La plupart des impressionnantes œuvres céramiques de l’artiste sont présentées pour la première fois en France.

    "...je me sens un homme libéré de l'esclavage de la matière, un homme qui appartient à l'étendue du présent et du futur."

    Pour ses œuvres picturales, il n’est pas question de déchirer la toile en résonnance à la déception rageuse de l’artiste mais plutôt de considérer que le support artistique n’a pas de limite. Le peintre façonne l’espace qui entoure la toile comme un compositeur qui marque les silences sur une partition de musique. 

    "J'ai réussi à donner à ceux qui regardaient mon travail un sentiment de calme spatial, de rigueur cosmique, de sérénité avec un regard vers l'infini. Plus loin que cela, je ne pourrai aller."

    Chercheur fou, Lucio Fontana expérimente et modélise de ses mains des morceaux d’étoiles oubliés, figure de proue du mouvement spatialiste, il explore différentes techniques jusqu’au prisme fluorescent du pop art. Cette liberté habite l’ensemble du travail de Lucio Fontana. Moderne absolu, sculpteur et peintre spatial, le dandy mi-italien, mi-argentin, donne une leçon créative qui se moque bien des étiquettes et qui sait en tout point s’échapper des carcans dictés par l’histoire de l’art et ses critiques.

    Laurence Caron-Spokojny 

    lucio fontana,musée d'art moderne
    Concetto spaziale, 1959

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  • Exposition de photographies de Francette Levieux, «Noureev, L’Insoumis», une exposition qui se dévore comme un roman...

    L’image, d’un danseur en pleine expression de son art, reproduite par la photographie, exige une précision encore plus importante que pour celle d'un acteur, l'exercice est millimétré, presque scientifique. Chaque détail compte, le pied, la main, la cambrure ou l’arabesque doivent se présenter sous leurs meilleurs angles afin de supporter d’être figés sur le papier ; comme s’il était possible d’arrêter le mouvement ? Cet art là, cette indéfinissable maîtrise du temps, la photographe Francette Levieux en fait son affaire.

    laurence caron-spokojny,francette levieux,rudolf noureev,ariane dollfusPendant plusieurs années, photographe de l’Opéra national de Paris, Francette Levieux a suivi, pas à pas, des trajectoires célestes comme celles de Roland Petit, Maurice Béjart, Noëlla Pontois, Patrick Dupond, Alvin Ailey, Luis Falco, Claude de Vulpian ou encore Vladimir Vassiliev… Discrète comme une petite souris lorsqu’elle se faufilait dans les coulisses de l’Opéra Garnier, Francette Levieux aimait être tout près des danseurs, juste sur la scène. Lorsque Rudolf Noureev dansait, il renvoyait la photographe se placer dans la salle, il ne souhaitait personne sur le plateau : « No photo on stage ! » ; en revanche, dès que d’autres dansaient, il venait s’asseoir auprès de Francette, sur le plateau, côté cour ou côté jardin, silencieusement et certainement très reconnaissant du choix de la photographe : la meilleure place pour saisir l’instant.

    « La vie est trop courte. Je suis libre, je fais ce que je veux » Rudolf Noureev.

    Des dizaines de clichés pris entre 1971 et 1984 couvrent les murs, Rudolf Noureev en solo ou accompagné des plus belles étoiles offre des regards profonds, des sourires flamboyants, une sorte de voracité. « L’Insoumis » dévore le papier argentique. Une intense joie de danser s’exprime, la danse et sa technique, si difficile, si sophistiquée, sont oubliées instantanément. Rudolf Noureev se jette dans le vide sur le fond noir des cintres, il est faune, corsaire, prince ou don Quichotte, et son art ne fait oublier l’humain dans aucune de ses intentions artistiques. Avec un œil affuté et bienveillant, Francette Levieux photographie l’artiste tout entier, dépassant les frontières de la discipline qu’il s’est choisi, elle se charge de fixer l’émotion toute entière dans un instant plus court qu’un souffle.
    La photographe ne parle pas de « technique photographique », elle semble plutôt parler « d’amour », elle considère son art, non pas comme un travail, mais comme une passion, une relation de confiance s’établie entre elle et le danseur, absolue. Encore aujourd’hui, Francette Levieux est parfois seule à être conviée au plus grandes rencontres chorégraphiques, comme ce fut le cas auprès de Manuel Legris au Palais des Congrés en mars dernier.

    laurence caron-spokojny,francette levieux,rudolf noureev,ariane dollfusAriane Dollfus est commissaire de l’exposition, pour enrichir et varier les plaisirs de cette exposition, la journaliste a rassemblé des documents rares, issus de collections privées ou d’archives personnelles (Fondation Noureev au Centre National de la danse de Pantin, Cercle des Amis de Rudolf Noureev) : les quelques écrits (articles de presse et autres) se lisent avec fièvre comme les pages d'un roman de Dostoïevski ou de Tolstoï, quelques objets, témoins ultimes, comme ces chaussons usés par le travail du danseur, ou cette partition annotée de sa main, peuvent rivaliser avec des œuvres d’art tant leur portée émotionnelle est forte. Le goût pour la liberté, l’audace, les excès, le courage et le talent de Rudolf Noureev sont transmis ici, avec simplicité, et font naître l’envie irrésistible (si ce n’est déjà fait) de se plonger dans l’exact portait dessiné par Ariane Dollfus dans son livre  « Noureev, l’Insoumis ».

    Laurence Caron-Spokojny

    - Exposition des photos de Francette Levieux, jusqu'au 9 juillet, à la Mairie du 17ème - 16/20, rue des Batignolles 75017 Paris
    . 6 juin à 19 h 30 : spectacle chanté et dansé par la Cie Arian’Art et le chœur préparatoire Sotto Voce.
    . 11 juin à 19 h 30 : conférence d’Ariane Dollfus sur la vie et l’art de Noureev, enrichie d’extraits filmés, avec la participation des élèves de l’European Dance Center Paris Jennifer Goubé. Dédicace.
    . 12 juin à 15 h : « Don Quichotte », projection du film réalisé et interprété par Noureev.

    - Biographie « Noureev, l’Insoumis » d’Ariane Dollfus Ed. Flammarion, 400 p., 24 €

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  • Une très jolie promenade pour le week-end : Daniel Dewar et Grégory Gicquel s'installent dans les jardins de l'Hôtel Biron (Musée Rodin) jusqu'au 26 octobre 2014

    En 2013, Daniel Dewar et Grégory Gicquel étaient au Palais de Tokyo pour une exposition intitulée "Jus d'orange", ils sont dès demain dans les jardins du Musée Rodin, pour ceux qui savent passer entre les gouttes...  

    Daniel Dewar,Grégory Gicquel,musée rodinCe que le Musée Rodin nous dit :

    Poursuivant son dialogue avec l’art contemporain, le musée Rodin ouvre les jardins de l’hôtel Biron au duo d’artistes Dewar & Gicquel.

    Collaborant depuis leur rencontre en 1997 et lauréats ensemble du prix Marcel Duchamp 2012, ils explorent une voie très expérimentale entre érudition et amateurisme, relecture de l’histoire de l’art et mise en avant de savoir-faire artisanaux.

    Dix sculptures en béton de grandes dimensions ont été conçues et réalisées spécialement pour l’exposition. Modelées, moulées et assemblées par les artistes selon les techniques traditionnelles de la sculpture, ces œuvres sont autonomes bien que formant une unité. Elles représentent des fragments de corps nus, certains en ronde-bosse et d’autres plus architecturaux, corps d’athlètes ou de lutteurs dont la monumentalité n’exclut ni le port de vêtements familiers ni la présence plus incongrue d’éléments de salle de bains.

    S’inscrivant dans le contexte du musée et dans le fil d’une pratique déjà développée par les artistes autour de l’image et de la sculpture, une telle production renvoie à l’œuvre de Rodin, «un point de départ pour nous permettre de travailler une technique particulière, le moulage, comme étape majeure du processus sculptural»1. Mais à la différence de Rodin, Dewar & Gicquel, en plus d’assurer eux-mêmes chaque étape de la fabrication, détruisent les moules après usage afin de limiter leur production à un seul et unique tirage. Une façon bien à eux de se positionner aujourd’hui face à la question de la reproductibilité.

    Le titre de l’exposition et des œuvres sont à lire comme une référence au Salon de la Jeune Sculpture régulièrement organisé au musée Rodin de l’après-guerre aux années 60.

    L'entrée dans les jardins est à 2 euros.

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  • L'étrange cité d'Ilya et Emilia Kabakov sous la nef du Grand Palais, jusqu'au 22 juin 2014

    grand palais,ilya kabakov,emilia kabakov,rmn,monumentaDepuis l’éblouissement absolu installé par Daniel Buren, dans la nef du Grand Palais, pour Monumenta en 2012 : des couleurs franches imprimées sur ces modules circulaires ont envahi ma vision. Encore aujourd'hui, sous cette majestueuse verrière, l’intention artistique de Daniel Buren continue de brouiller le réel, je ne parviens pas à m’en détacher. Pourtant, ce matin là, avec la ferme volonté d’avoir un regard nouveau, j'aborde les remparts de L’étrange Cité des deux artistes d’origine russe, IIya (80 ans) et Emilia (69 ans) Kabakov.

    Grand Palais, Ilya Kabakov,Emilia Kabakov,RMN,monumentaL’espace immense se découpe en un dédale d’allées limitées par de hauts murs d’un blanc immaculé dont l’entrée se fait sous une coupole renversée. Colorée de vitraux, la forme spectaculaire de 24 tonnes semble vouloir transmettre un écho, une voix ou une écoute. Cette construction avait été commandée par feu Gérard Mortier (il a été directeur de l’Opéra national de Paris) pour le décor de l'opéra Saint-François d'Assise d'Olivier Messiaen au Festival de la Ruhr (Allemagne-2003).

    « L’étrange cité », pure comme un ensemble d’icebergs et lumineuse comme une cité grecque, ouvre sur des entrées sombres et mystérieuses aux noms ésotériques: « Le centre de l’énergie cosmique », « Comment rencontrer un ange ? »,… Ces enceintes, une fois leurs seuils franchis, dévoilent tour à tour les univers contrastés du couple d’artistes : un musée vide comme une cathédrale, des peintures noires ou de couleurs vives, des objets insolites et des constructions funambulesques, laissent entrevoir la possibilité d’une recherche artistique sans fin où l’utopie semble faire naître ou détruire à sa guise les civilisations, comme dans une boucle infernale.
    L’intention de départ des artistes est peut-être d’évoquer les choses avec simplicité, mais le concept même de l’installation est très ambitieux. Même si Ilya et Emilia Kabakov se défendent de ne pas être des « artistes politiques », ils expriment ici une forme de militantisme aux idéaux bien tranchés. L’Homme apparaît dans leurs œuvres comme particulièrement doué pour la conquête ; son aspiration à « se dépasser » traverse les époques et les frontières.

    En fait, ce qu’il y a de remarquable, dans la représentation de ce Monumenta 2014 au Grand Palais d’Ilya et Emilia Kabakov, n'est pas uniquement la représentation artistique, mais plutôt le reflet d’un parcours de vie, de deux vies unies dans un même élan créatif depuis 1989. Beaucoup plus qu’une expression artistique en quête d’esthétisme, c'est un réel témoignage sur la condition humaine. A découvrir jusqu’au 22 juin sous la nef du Grand Palais.

    Laurence Caron-Spokojny #cequiestremarquable

    Nb : pour en savoir plus sur le couple d'artistes Kabakov ; à lire, très intéressante interview, dans Le Figaro

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  • "Indiens des Plaines" au Musée du quai Branly jusqu'au 20 juillet 2014

    affiche_indiens_plaines.bro.jpegAu delà des hautes herbes de ses jardins, quelques tribus Cheyenne, Sioux, Blackfoot, Apache, Comanche, Arapaho ou  Pawnee ont envahi le Musée du Quai Branly.
    Les grandes plaines d’Amérique du nord grondent sous une charge de bisons, alors qu’au milieu d’un rassemblement de tipis un pow wow bat son plein de chants et de danses. A
    u loin des nuages de fumée s’échappent, une mère persuade un fils de ne pas se rendre à la guerre, des tribus se sont réunies en conseils, un calumet se partage, on entend les cents qui accompagnent une danse du soleil, un chaman évoque les esprits pour la prochaine chasse aux bisons... 

    Les indiens des plaines de l’Est sont repoussés par la Conquête de l’Ouest aux confins des Plaines du Nord et de l’Ouest, les guerres intertribales sont terribles mais pas autant que cette Amérique qui avance et qui détruit tout sur son passage. C’est la fin d’une civilisation. Après la variole et les massacres, les enfants sont arrachés à leurs parents pour être «reformatés», le nomadisme est fauché par le placement des peuples dans des réserves, les traditions spirituelles, familiales et culturelles sont interdites.

    jean-michel wilmotte,indiens des plaines,musée du quai branlyPourtant, le cœur du peuple de ces Indiens des Plaines palpite, il parvient à se faire entendre autrement, et une voix forte : l’Art. Après avoir imprégné, malgré lui, l’histoire du cinéma américain, la culture indienne déploie son grand raffinement dans une démonstration ancestrale et contemporaine. Les objets de culte et les vêtements cérémoniels rivalisent de beauté. Cheveux longs, crêtes ou tresses ornent des coiffes et couronnes somptueuses. Mises en scène par Jean-Michel Wilmotte, les broderies de perles de verre ou de plumes teintes n’ont rien à envier à la Haute Couture d’aujourd’hui, ce serait même l’inverse. Des constructions géométriques aux tracés délicats et aux teintes choisies sur des peaux de bisons tannées, selon des techniques anciennes, côtoient des sculptures de bois ou de coquillages aux lignes résolument contemporaines qu’elles soient issues du 16ème ou du 20ème siècle.
    La production artistique du peuple indien demeure une source d’inspiration inépuisable. Les artistes contemporains manifestent plus que jamais une forte dimension identitaire et le courant s’impose autant dans les Musées que dans les Galeries d’Art les plus en vogue.

    "Indien des plaines" a la possibilité d’être lue à travers différents prismes, l’exposition est riche, autant didactique que divertissante, et est vraiment accessible à tous. Le facteur commun à ces différentes lectures est la beauté ahurissante de tout cet art réuni entre les murs du Quai Branly, et, le message de ce peuple magnifique est puissant, malgré les ravages qu’il a subi, il résiste. Au début du 20ème siècle, seulement 250 000 indiens ont survécu, aujourd’hui ils sont plus de 4 millions sur le territoire américain.

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Picasso, céramiste à la Cité de la Céramique de Sèvres jusqu’au 19 mai 2014

    picasso,cité de la céramique de sèvresLors de l’exposition annuelle des potiers de Vallauris en 1946, Picasso rencontre Suzanne et George Ramié, les propriétaires d’une fabrique de céramique, l’atelier Madoura. Picasso y réalise ses premières œuvres en céramique puis 4500 œuvres suivront jusqu’en 1971. Picasso considère avoir trouvé une façon  de démocratiser son œuvre ; depuis la libération, Picasso est inscrit au parti communiste, son engagement date de la période de la guerre d’Espagne, il confiera à André Malraux : « J’ai fait des assiettes, on peut manger dedans. »

    L’œuvre céramique de Picasso a investi le dernier étage de la très belle Cité de la Céramique de Sèvres : c’est un éblouissement. La sensualité des courbes de ses femmes, aux hanches généreuses et à la taille élancée, côtoie la foule déchaînée de ses chères corridas alors que faunes, et chèvres délicates, se partagent les vitrines lumineuses de l’exposition. Lire l'article.

    Vase aux danseuses ou bacchanale, Pablo Picasso, 24 juillet 1950. Grand vase à col évasé, terre cuite rouge, gravée et peinte à l'engobe ocre. Pièce unique. Collection particulière. (c) Succession Picasso 2013 ; crédit photo : Maurice Aeschimann.

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  • Au Palais de Tokyo, "LES MODULES" (Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent) : Vivien Roubaud, Thomas Teurlai, Tatiana Wolska ; du 25 avril au 23 juin

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    Thomas Teurlai,Camping Sauvage, 2013. Courtesy de l’artiste.

    Les trois modules de ce printemps 2014 sont consacrés à des artistes récemment diplômés de la Villa Arson, Nice. Chacun s’approprie le bâtiment du Palais de Tokyo à sa manière. Vivien Roubaud détourne les soubassements du plafond afin de produire des sculptures issues des tuyauteries, gaines et autres câbles d’alimentation. Thomas Teurlai suspend dans le vide une immense sculpture porteuse de sons vibratoires qui envahissent l’espace. Enfin, Tatiana Wolksa réalise une architecture déconstruite en s’appropriant les chutes des expositions précédentes.

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  • Bruxelles sera rock, Bruxelles sera rouge : avec l'installation d'Arik Levy

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    A l'occasion de l'exposition ARTVIEW, Arik Levy inaugure l'installation de sa culture RockGrowth sous l'emblématique Atomium, du 25 avril au 30 septembre.

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  • Les animaux sauvages s'installent à Paris : le PARC ZOOLOGIQUE de Paris ouvre ses portes le 12 avril

    parc zoologiqueAu loin, 'le rocher des singes' se dessine... sa seule vue rassure, on se dit que le Zoo de Vincennes ne doit pas avoir tant changé : les souvenirs, vieux de trente ans, que l’on s’est pressé de raconter aux enfants vont être crédibles.
    Le soleil fait darder ses rayons sur les allées blanches, une foule jacassante et curieuse s’agglutine devant les vitres et autres espaces réservés à la vue des animaux sauvages. Le parcours se déroule selon cinq zones géographiques dites 'biozones' : La Patagonie, Le Sahel-Soudan, Madagascar, La Guyane et l’Europe. Naturellement réfractaire à toutes formes 'd’enfermement du vivant', je suis vite convaincue par le grand espace attribué à chacun des animaux, et, à l’attention toute particulière donnée à la scénographie environnementale du lieu. Il est probable que les nouveaux locataires de Vincennes doivent se sentir à leur aise. Mais ce jour là, beaucoup d’entres eux n’ont pas encore eu le temps de s’habituer à leurs nouveaux territoires, certains préfèrent rester cachés aux yeux de cette faune urbaine dont les râleries sont reconnaissables par le 'caractère endémique' de leur espèce. 
    Cette première visite est un succès, je compatis de tout cœur à la frayeur des otaries qui préfèrent rester à l’abri de leur grotte.nero le lion,parc zoologique,zoo de vincennes

    Plus de 1000 animaux, 180 espèces différentes dont certaines cohabitent, peuplent ces 15 hectares. Les addax et les oryx algazelles sont un peu orgueilleux, ces sortes d’antilopes triomphent de leurs cornes annelées. Nero le lion, observe, ses soigneurs lui ont promis l’arrivée prochaine de trois femelles, il patiente, étendu sur son rocher chauffé comme un fauteuil de voiture luxueuse. 

    nero le lion,parc zoologique,zoo de vincennesPas très loin, seize girafes d’Afrique de l’ouest, élégantes, les gardiennes des lieux se sont parées de faux cils extravagants, leur chic contraste avec la quarantaine d’affreux culs roses de ces antipathiques babouins de Guinée au regard torve. On envie les barbotages des manchots de Humbolt qui s’ébattent dans les eaux d’un bassin bleu émeraude en forme d’amphithéâtre. La grande serre est un refuge tropical, une sorte de jungle civilisée où serpents et autres raretés vénéneuses sont bien gardés. Des palmes, fleurs et lianes accueillent des oiseaux extraordinaires dont les plumages colorés rivalisent avec les teintes des orchidées. Une meute de loups d’Espagne ravive l’imagination des enfants et gomme par sa beauté, sa puissance et la douceur apparente de sa fourrure, toute la terreur inspirée par les contes. Ravie de retrouver un des plus bouleversants mammifères qui soit, je me surprend, écrasée contre la vitre, à souhaiter croiser le regard du tendre lamantin…

    parc zoologiqueDepuis 1934, le Muséum National d’Histoire Naturelle poursuit sa mission avec le nouveau Parc zoologique en termes scientifiques et pédagogiques et selon un esthétisme raffiné. Le charme des années 30 subsiste malgré les 27 mois de travaux qui ont été nécessaires. Artistes, ingénieurs, architectes, jardiniers, techniciens et artisans ont laissé place aux vétérinaires, éthologues, soigneurs, concepteurs et médiateurs pédagogiques, afin de jongler au mieux entre une cohérence esthétique, le bien être des animaux et l’accueil du public.

    nero le lion,parc zoologique,zoo de vincennesUn attrait supplémentaire a retenu toute mon attention : les arbres. Le parc est autant zoologique que botanique. Des jeux de perspectives intéressants rythment l’espace, un vrai travail artistique en somme puisqu’il s’agit de copier la nature. L’effet est garanti. 870 Espèces végétales ont entamé leur course vers le ciel, les troènes, érables, chênes, noisetiers et sorbiers ne semblent pas se méfier des cordylines, bananiers, palmiers, savonniers et autres arbres encore plus exotiques bien décidés à gagner du terrain. La plantation des espèces est multiple et précise, elle s’harmonise par de savants voisinages. D’ici deux ou trois ans, il faudra s’armer d’un coupe-coupe pour visiter l’endroit ! La surface arbustive du Parc zoologique a été augmentée de 40 %, il est à souhaiter que cet effort botanique soit contagieux au reste de la capitale, sa tutrice, puisque le terrain sur lequel il est situé appartient à la Ville de Paris.

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Rétrospective Robert Mapplethorpe au Grand Palais : « Il était un artiste et il le savait ( …). Il ne faisait que reconnaître ce qui lui revenait de droit. » (Just Kids, Patti Smith).

    Robert Mapplethorpe,patti smith,grand palaisRobert Mapplethorpe a photographié des fleurs, des sexes, des portraits et des corps nus de chair ou de glaise. Artiste météore, il quitte notre monde en 1989 à l’âge de 42 ans, emporté par le sida. Il est photographe mais on aurait pu dire peintre ou sculpteur, il marque les années 80 par une photographie appliquée, souvent en noir et blanc, très sophistiquée.

    Après les marbres d’Auguste, les représentations du corps humain de Mapplethorpe répondent en un écho parfait aux Maîtres de la sculpture, les corps sont autant d’hommages à Michel Ange et les portraits posent comme des bustes antiques. La photographie est un moyen technique, rapide, Mapplethorpe fait de l’art, il aurait commencé par des collages, puis par des Polaroïds… La quête de perfection de l’artiste, du grain, de l’ombre à la lumière, révèle un méthodisme obsessionnel, un désir de perfection absolue. La mise en scène précise de ses autos-portraits reflète le caractère esthète de l’artiste.

    Robert Mapplethorpe,patti smith,grand palais«Je cherche la perfection dans la forme. Dans les portraits. Avec les sexes. Avec les fleurs.» Robert Mapplethorpe, 1985

    Au Grand Palais, il y a une pièce dédiée aux photographies érotiques de l’artiste, elle est interdite aux enfants, ceux de moins de 18 ans. Je peux entrer, je suis une enfant de 43 ans.
    Est-il possible de regarder la photographie d’un sexe sans sourciller ? Le sexe est finalement si peu représenté dans l’art (cf. Musée d’Orsay Masculin/Masculin), faut-il évaluer cette oeuvre de la même façon qu'une fleur photographiée telle une nature morte ? Mapplethorpe montre à quel point la beauté plastique de la forme est plus importante que le sujet lui-même, pour finalement ne pas en rougir…

    Robert Mapplethorpe,patti smith,grand palais« La photographie et la sexualité sont comparables, explique Mapplethorpe. Elles sont toutes deux inconnues. Et c’est cela qui m’excite le plus. » Ce sont les questions posées par les photographies de Robert Mapplethorpe, parfois perturbantes, des provocations intimes et ultimes, entre homosexualité et sadomasochisme, le photographe est un témoin implacable d’une époque qui plongent le visiteur dans un New-York radical, au cœur des années 70/80.

     

    robert mapplethorpe,patti smith,grand palais« Un jeune homme endormi, baigné de lumière, qui ouvrait les yeux avec un sourire de reconnaissance pour celle qui n’avait jamais été une inconnue. »  Just Kids, Patti Smith.

    Avant la sculpturale Lisa Lyon (championne de bodybuilding), Patti Smith a partagé la vie de Robert Mapplethorpe de 1967 à 1970. Il fait d’elle une héroïne des temps modernes, peintre, chanteuse, poète, performeuse, et, elle fait de lui le photographe qu’il a été. L’expérience est amoureuse et artistique, les deux vont ensemble, ca marche comme ça dans ces vies là. Et comme, dans une vie, l’amitié dure toujours bien plus longtemps que l’amour, Patti Smith sera aussi là demain, mercredi 26 mars, à l’Auditorium du Grand Palais, pour évoquer ses souvenirs et dédicacer son livre  Just Kids. Parce qu’au départ c’était ça, juste deux enfants, jugés terribles, seulement parce qu’ils ont souhaité que cette enfance dure un peu plus longtemps que celle des autres…

    Ce lundi matin, à la sortie de l’exposition du Grand Palais, je feuillette avec envie le catalogue de l’exposition mais finalement j’achète Just Kids, je veux me sentir plus proche d’elle. Après avoir enfouie ma monnaie au fond de mon sac, je relève la tête, elle est juste devant la table des attachés de presse, je crois bien être la seule à la voir. Autour, tous sont ignorants, préoccupés, blasés, ou bien peut-être médusés comme moi. Nous échangeons un grand sourire, franc. Toute simple, les yeux plongés dans un monde qui n’appartient qu’à elle, elle s’avance vers le staff des officiels du Grand Palais. Aimable et généreuse, je crois que Patti Smith vient de dire qu’elle est heureuse d’être là… moi aussi !

    Laurence Caron-Spokojny

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  • La civilisation des Hommes libres représentée par les « Femmes berbères du Maroc » à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent…

    femmes berbères du maroc,claude lefébure,fondation pierre bergé - yves saint laurent,laurence caron-spokojnySi l’envie démesurée d’un voyage à Marrakech se fait sentir, le besoin de poursuivre son initiation au raffinement de la botanique méditerranéenne, de se perdre dans de fraîches allées, d’écouter le bruissement léger d'une forêt de bambous ou de suivre l’ondulation savante d’un cours d’eau, …  Une visite du Jardin Majorelle s’impose. La terre et tout ce qui émane d’elle, arbres, fleurs et fruits, et, le bleu, la couleur de la lumière, justement la couleur, celle qui recouvre en partie notre Terre et qui permet de la distinguer parmi les astres… Alors que Marrakech la rouge crépite de mille feux, l’oasis serein offert par le Jardin Majorelle, le plus beau jardin qu’il m’ait été donné de voir, abrite l’atelier du peintre, Jacques Majorelle, si élégamment transformé en un musée (1) dédié à la civilisation berbère.

    femmes berbères du maroc,claude lefébure,fondation pierre bergé - yves saint laurent,laurence caron-spokojnyPour préserver cette collection, l’enrichir et la faire vivre, Pierre Bergé choisit de la faire voyager, en partie, jusqu’à Paris. Avenue Marceau, la Fondation accueille ces «Femmes berbères du Maroc» jusqu’au 20 juillet 2014. La rencontre est émouvante, elle met en perspective l’universalité du rôle de la femme, garante de toutes formes de civilisations, et puis ce patrimoine commun à tous les marocains qui s’étend aux confins du Maghreb oriental à l’Egypte.

    Les couleurs vives des tapis et tissages qui ornent l’exposition contrastent avec la neutralité de la terre rouge des poteries. Sous de lourds costumes de toiles de coton aux teintes douces se dévoilent des beautés nobles et farouches peintes par Titouan Lamazou. Pour cette occasion, les plus belles parures d’argent, de corail et d’ambre sont exposées comme autant de créations sophistiquées de leur (éternel) protecteur Yves Saint Laurent ; le maître veille, assurément.

    La culture et les traditions des Imazighen, l’indépendant et résistant peuple berbère, traversent les siècles et cette exposition en témoigne par la voix de ces femmes. Après la chaleureuse scénographie de l'exposition, l'intérêt reste éveillé par le parcours du très beau catalogue (Artlys), et si cela ne suffit pas un voyage au Maroc semble tout à fait indiqué… irrésistible.

    Laurence Caron-Spokojny

    (1) dans le Jardin Majorelle de Marrakech, le musée berbère a ouvert ses portes en 2011.

    crédit photo : Femmes ist Yazza (Aït Hadiddou) vêtues de l’ahendir (mante)  © Claude Lefébure

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  • « La beauté de Rome ne répondait pas à la majesté de l'Empire (...). Il l'embellit tellement, qu'il se vanta avec raison d'avoir trouvé une ville de briques et laissé une de marbre» - Moi, Auguste, Empereur de Rome au Grand Palais.

    auguste-affiche.jpgVoici deux mille ans, à l’âge de 75 ans, l’empereur Auguste quittait ce monde. La Réunion des Musées Nationaux, plus précisément Le Louvre et Les musées du Capitole de Rome ont mis en scène, dans les salles des Galeries nationales du Grand Palais, le long règne du premier empereur romain de l’Histoire, Octave dit Auguste.

    Neveu et fils adoptif de Jules César, Caius Octavius Thurinus souhaite venger l’assassinat de César. C’est donc dans un climat de guerres civiles que le jeune Octave débride peu à peu son ambition. Dix sept-ans après le premier triumvirat (César, Pompée et Crassus), Antoine, Lépide et Octave se partagent le pouvoir pendant dix ans jusqu’à la bataille navale d’Actium et la conquête de l’Egypte (qui poussera Antoine et Cléôpatre au suicide). Après ces victoires, en 27 av. J.C., le Sénat proclame Octave : Augustus (vénérable, consacré), il est alors le premier empereur romain.

    Statue-Augustus.jpgTrès habile stratège, Auguste prend grand soin de maintenir en apparence la restauration de la République afin de ne pas éveiller les soupçons d’un possible souhait de royauté. Le règne d’Auguste est un règne de paix : il adapte la politique de Rome aux coutumes des territoires qu’il a conquis, et lorsqu’il ne parvient pas à en conquérir de nouveaux, Auguste met en œuvre des alliances… L’Empereur s’invente sa propre communication, il multiplie ses représentations, ce sont des bustes, de la monnaie frappée à son effigie, des camées délicats, des statues de marbre, des peintures, de l’argenterie… Son ami Mécène, jugé très excentrique, lui inspire l’idée d’attirer les plus grands artistes, et, de faire rivaliser la production artistique de l’Empire à travers le monde. Properce, Virgile et Horace sont d’excellents ambassadeurs de leur protecteur. Les amours, mariages et liaisons adultères, de l’Empereur sont aussi des outils politiques autant que les spectaculaires monuments publics qu’il fait s’élever dans Rome.

    En sept parties, l’exposition suit une chronologie extrêmement nette, les œuvres présentées sont des archétypes nécessaires et indiscutables de l’histoire qui nous est contée. Les arts et coutumes, l’architecture, les bijoux, les pratiques funéraires, rien n’échappe à la juste illustration des quarante années de règne d’Auguste. Comme autant de preuves de passions déchaînées, de conquêtes héroïques, de guerres sanglantes, de complots politiques, et enfin de paix, cette Rome continue à être totalement fantasmée. Mais pour cette fois, "MOI, AUGUSTE, EMPEREUR DE ROME" retrace l’histoire d'un homme, non pas des moindres, lors d'un parcours très instructif, absolument passionnant, et se tenant certainement au plus près de cette époque !

    Auguste est donc un homme à suivre jusqu’en juillet 2014, il est également accompagné d’une programmation culturelle extrêmement riche (films à l’auditorium, colloques, rencontres, ateliers … ). Les informations sont sur le site du Grand Palais.

    Laurence Caron-Spokojny

     

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  • La mécanique des fluides selon Bill Viola au Grand Palais

    billviola_cequiestremarquable.jpgLes expositions au Grand Palais se suivent et ne se ressemblent jamais. Lorsqu’il s’agit enfin de présenter le travail de Bill Viola, le Grand Palais se fait humblement oublier pour fondre le visiteur-voyageur dans l’univers multidimensionnels de l’artiste vidéaste.

    A l’heure du numérique, et autres technologies dont on ne cesse de nous rabattre les oreilles et de nous brouiller la vue, Bill Viola remet les choses en perspective : les bonnes perspectives. La technologie reprend son rôle premier, elle est un « outil », et c’est heureux. L’Art occupe l’espace, il naît sous l’impulsion humaine. Et, c’est en effet du domaine de l’Humain dont il s’agit. Nos pas se font précieux, ce matin là dans les allées du Grand Palais, comme guidés par la lumière, un parcours initiatique…

    Selon Bill Viola : « Le paysage est le lien entre notre moi extérieur et notre moi intérieur ». Qu’il soit terrifiant ou époustouflant de beauté, l’horizon dans lequel nous plongeons notre regard nous renvoie toujours à nos propres émotions, comme un effet de miroirs… inévitable.
    Cette sensation d’appartenance à la nature est omniprésente, la vie humaine épouse les éléments dans un cycle  sans fin. A sa convenance, l’eau donne la vie et la reprend ; avec le feu, les deux éléments sont des alliés, et de puissants frères ennemis qui n’ont de cesse de rythmer la vie. Le temps s'égrene, des hommes et des femmes le traversent, imperturbables, un bateau chargé quitte la rive. D'autres, des sensations aquatiques ou brûlantes, créent des images et subliment des sons, l’atmosphère est transformée, le passage d’une œuvre à l’autre se fait dans une sorte d’apesanteur.

    Comme des insectes nocturnes, nous sommes attirés par le scintillement de la lumière, tour à tour réduits ou grandis par nos sens désormais totalement en éveil. Les enfants courent, l’obscurité ne les impressionne pas le moins du monde, ils s’assoient en tailleur sur la moquette sombre et assistent au spectacle de la vie proposé par Bill Viola avec toute la candeur dont ils sont capables. Chacun en prend pour son grade, il faut s’abandonner. Vraisemblablement, il y a autant de lectures à la proposition artistique de Bill Viola qu’il y a d’Hommes sur Terre.

    Comme après une longue méditation, un harassant bain de mer, une crise de larmes ou de fous rires, une marche sous la pluie, une colère, un sommeil profond ou une déclaration d’amour, il y a ce vide infini qui a dénoué nos muscles et libéré notre esprit, Bill Viola aurait pu être un Maître Zen... Puis, le silence fait place à quelques propos éblouis. Ce bel enthousiasme reste pourtant mesuré, chacun protège ses sentiments avec pudeur. Le voyage dans lequel Bill Viola nous a transporté a touché une part d’intime pour laquelle il est très difficile de témoigner. Seule, reste en commun, la vision du monde de Bill Viola, elle nous rappelle à quel point nous sommes ici de passage, le passage d’un état à un autre, très court...

    Laurence Caron-Spokojny

    Bill Viola à l'Opéra Bastille en avril 2014

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  • Entre création et répertoire, Sa Majesté audacieuse...: la saison 2014-2015 de l'Opéra national de Paris, en scène !

    cequiestremarquable chagall.jpgL’Opéra national de Paris a démarré ce mois de mars sur les chapeaux de roues. Une nouvelle étoile, Amandine Albisson, a été nommée, ce mercredi 5 mars par Brigitte Lefèvre, à l’issue de la représentation du ballet Onéguine (chorégraphié  en 1965 par John Cranko). Ce même soir, le futur directeur de la danse, Benjamin Millepied, qui succède dès la saison prochaine à Brigitte Lefèvre, proposait, au Théâtre du Châtelet, sa toute récente création L.A. Dance Project 2. Puis, ce vendredi 7 mars, l’AROP (l’Association pour le Rayonnement de l’Opéra de Paris) est venue -soutenue par l’équipe artistique de l’Opéra (Brigitte Lefèvre pour la danse, et, Christophe Ghristi pour le lyrique et les concerts)- présenter la saison à ses adhérents, autrement dit aux Amis de l’Opéra ; ce soir là, j’en faisais partie…

    aropcequiestremarquable.jpegL’AROP soutien l’Opéra national de Paris, en termes de mécénat, depuis plus de trente ans avec un réel investissement et une grande énergie. Cet engagement, sans cesse renouvelé, concerne aussi un programme pédagogique remarquable : Dix mois d’Ecole et d’Opéra. Selon le Président de l’AROP, Monsieur Jean-Louis Beffa : « Il est essentiel que l'Opéra ne s'adresse pas qu'à une élite. D'où les actions en direction des enfants défavorisés, à priori éloignés de cette offre culturelle. Élargir l'Opéra au grand public est une de nos actions prioritaires ». Et, cette action est devenue essentielle. Destiné à offrir aux élèves (des Académies de Paris, Versailles et Créteil) une égalité de chance dans des lieux où l’éducation a un rôle plus que salvateur, ce programme permet de donner accès à l’Art et à la culture sur de nouveaux  territoires. Par la pratique d’une discipline artistique, la rencontre, ou tout simplement par le simple fait d’assister à un spectacle, l’action engagée permet d'étendre l'horizon, et de libérer «la possibilité de» si nécessaire à la compréhension du monde. Pour l’heure, la volonté est d’inscrire cette action dans un contexte national par un partenariat avec les Opéras et Académies de Nancy et de Reims, un nouveau festival est attendu en 2015, à suivre…

    Pour sa dernière saison, Brigitte Lefèvre, après avoir mené la danse pendant 20 ans (un record historique) du plus exigent Ballet du monde, a présenté  son programme avec une belle émotion, tout en retenue, une passion, intacte, toujours très communicative : 
    Les trois coups du brigadier se feront entendre dès le 1er septembre 2014 à Garnier par l’invitation de la Compagnie de (la déesse) Pina Bausch le Tanztheater Wuppertal, plus tard en janvier 2015, une seconde Compagnie invitée s’installera à L’Opéra : Le Ballet de Suède. Deux pièces à la marque indélébile de (mon adoré) William Forsythe au répertoire du Ballet, et le si gracieux Etudes de Harlad Lander à Garnier seront suivis par la musique de Steve Reich adroitement mêlée aux pas dictés par Anna Teresa de Keersmaecker et son « Rain ». 

    lacroix, la source cequiestremarquable.jpgLe grand écart entre le contemporain et le classique sera, comme à son habitude, dès plus acrobatique, autant pour les danseurs que pour les agendas. La silhouette élégante de Rudolf Noureev ne cessera de hanter les cintres de l’Opéra (Bastille pour cette fois), lorsque les fêtes de fin d’année seront célébrées au rythme de son tendre et féerique Casse-Noisette - à cette occasion aura lieu la matinée Rêve d’Enfants. A noter aussi, pour faire venir le printemps, le mythique Lac des CygnesLa Source de Jean-Guillaume Bart, et le magistral décor d’Eric Ruf coloré par le faste des costumes de Christian Lacroix, se fondera à merveille entre les velours rouges de Garnier.

    Ecole-de-danse-de-l-opera-de-paris_stage-ete-2012.jpgPour leurs réalisations contemporaines, Garnier accueillera deux nouvelles créations celle de Pierre Rigal pour «Salut», entouré par le talent de Nicolas Paul et une pièce d’Edouard Lock. Puis, Maître John Neumeier signera, dès février 2015, Le chant de la terre, l’œuvre promet d’être profonde et évocatrice, l’inspiration du chorégraphe éveillée par la musique de Gustave Malher offrira au chant une place intéressante. Toujours dans l’excellence, Elisabeth Platel présentera Les Démonstrations de l’Ecole de Danse en avril.

    LesEnfantsDuParadisProgramme.jpgL’Histoire de Manon et les adieux d’Aurélie Dupont chargeront d’émotions l’atmosphère de Garnier. Suivront le poétique 'Paris disparu' des Enfants du Paradis de José Martinez, et, la reprise de L’Anatomie de la sensation de Wayne McGregor, ce dernier ballet clôturera la saison avec l’Ensemble Intercontemporain.

    Après ces nombreux pas, voici quelques justes notes... Philippe Jordan domptera, de septembre à juillet, pas moins de neuf Symphonies de Beethoven. Alors que l’Amphithéâtre proposera des Rencontres plus intimistes avec le Ballet, et les Convergences ingénieuses de Christophe Ghristi. Le Festival d’Automne consacrera un cycle aux œuvres de Luigi Nono, et Rameau prendra possession de Garnier en s’y exposant pour l’hiver. Sous la direction de Christian Schirm, l’Atelier Lyrique lancera de nouvelles productions et une création : Maudits les innocents, en décembre.

    La Traviata mise en scène par Benoît Jaquot et la voix formidable de Dimitri Hvorostovsky, puis une nouvelle production du Barbier de Séville, et, l’ardente Tosca de Béatrice Uria-Monzon dans une toute nouvelle production, s’installeront à Bastille.

    Ce sera ensuite la découverte de l’Enlèvement au Sérail de Zabou Breitman, les accents fervents de Puccini selon la mise en scène de Jonathan Miller pour La Bohème, le légendaire Don Giovanni de Michael Haneke, le retour de Karita Mattila dans Ariane à Naxos, et l’absolue pureté Wilsonienne de Pelléas et Mélisande. Michel Plasson voyagera entre Bastille à Garnier, en mars et en avril, pour la direction musicale de Faust et Le Cid. Robert Carsen fera entrer une lumière incomparable sur la scène de Bastille avec Rusalka de Dvorak et La Flûte enchantée, en avril et jusqu’en juin.

    alceste-cOpéra-national-de-Paris-Agathe-Poupeney-728x485-620x413.jpgIl est à remarquer, une œuvre lyrique inattendue, Le Roi Althus de Chausson, qui précédera l’Alceste d’Olivier Py dans les décors éphémères de Pierre-André Weitz. Enfin, la somptueuse Angela Gheorgiu fermera la grande maison pour l’été dans le rôle de Adriana Lecouvreur de Cilèa.

    Il est aisé de constater que cette énumération n’est pas exhaustive, la composition de la saison de l’Opéra national de Paris est encore bien plus riche et bien plus haute en couleurs. Ainsi, 2014/2015 est la promesse d'une saison brillante pour accueillir l’arrivée de Stéphane Lissner et Benjamin Millepied, ce nouveau duo artistique fera ses premiers pas sur une terre déjà fertile.

    Aujourd’hui, il est à souhaiter que le souffle de contemporanéité absolue - qui a été projeté par la fine intelligence de Gérard Mortier (1), sur la scène de l’Opéra Bastille, pour Tristan et Isolde (2) de Wagner dans une mise en scène de Peter Sellars et argumenté par l’art maîtrisé de Bill Viola - soit un exemple pour tous et n’ait de cesse de créer des passerelles entre les arts.

    Laurence Caron-Spokojny

    1. Gérad Mortier est décédé le 9 mars 2014, il fut Directeur de l’Opéra national de Paris entre 2004 et 2009

    2. Cette œuvre sera reprise en avril 2014 et sera dédiée à Gérard Mortier.


    Entretien avec Philippe Jordan : Tristan und... par operadeparis
     

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  • ...il reste quelques jours pour aller voir l'exposition Jean Marais à Eléphant Paname

    jean marais,elephant panameL’exposition "Jean Marais" proposée entre les murs d’Eléphant Paname s’intitule «L’histoire d’une vie». La vie telle qu’elle est racontée, celle qui est vécue avec toute son universalité : son injustice, ses coups de grisou et ses coups de chance. Et, c’est le cas pour Jean-Alfred Villain-Marais ; l’homme, loin d’être destiné au départ à une vie aussi artistiquement riche, laisse entrevoir par ses traces et objets intimes (lettres bouleversantes, mots touchants, passions griffonnées, déclarations hâtives, œuvres picturales inachevées ou accomplies, modelages patients, photos intimes et célèbres…) à quel point il était fait pour déchaîner les passions et faire vibrer les émotions, les attirer, les remuer et aussi les transformer. Jean Cocteau ne s’y est pas trompé... Lire l'article

     

     

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  • Pour ne plus jamais avoir peur de la nuit : le Muséum National d’Histoire Naturelle dévoile quelques secrets nocturnes…

    Dans l’écrin du Jardin des Plantes de Paris, entouré par les serres, galeries scientifiques, cabinets de curiosités et autres démonstrations paléontologiques, botaniques ou zoologiques, le Muséum National d’Histoire Naturelle entretient un rapport très privilégié avec le monde de l’imaginaire, parfois même de l’invisible… En cela, l’exposition « Nuit » est une sorte de consécration, le mystère est sondé dans ses recoins les plus obscurs. Et, c’est dans cet univers nocturne que le parcours de l’exposition est engagé.

    nuit,muséum national d'histoire naturelle

    Le chemin est précis, autant que les petits cailloux blancs semés par le Petit Poucet, il n’est pas question de s’y perdre mais plutôt de s’y laisser embarquer à la manière de Peter Pan qui tire les enfants hors de leur lit pour un voyage dans la nuit étoilée. La voûte Céleste et ses précieuses explications ludiques et didactiques sont là pour nous indiquer la route à emprunter. De très beaux animaux, comme seules les collections zoologiques du lieu savent les représenter, croisent des insectes rares et discrets alors que le sol se jonche de météorites précieuses. Un vol de chauve-souris effraie un instant, s’il se compare à l’ombre de la cape du Comte Dracula, pour finalement se révéler tout à fait inoffensif. Ici, tout est poésie, enchantement et découverte, seule la pollution lumineuse créée par l’Homme constitue la véritable menace…

    Le MNHN gomme définitivement la frontière qui subsistait peut être encore entre la science et le domaine de l'imaginaire : les deux avancent ensembles et se répondent. Le mystère éveille l’imagination, stimule l’esprit et la curiosité, aussi bien pour les enfants que pour les adultes.
    Entre ses murs, le Muséum National d'Histoire Naturelle participe une nouvelle fois à faire rayonner la nature selon un décryptage scientifique… fascinant !  
    Laurence Caron-Spokojny

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