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Monsieur X, jusqu’au 20 mars au Théâtre de l’Atelier

monsieur x,mathilda may,pierre richard,ibrahim maalouf,théâtre de l’atelierDerrière soi, il faut laisser se renfermer la porte battante du théâtre. Tourner le dos à la foule grise, fatiguée et fulminante d’un Paris qui gronde, l’oublier un temps pour partager un instant poétique baigné d’humanité, de surréalisme et d’humour. Rencontre avec Monsieur X.

Il y a d’abord ses mains, fines et aériennes, des petites ailes virevoltantes qui auraient appris à parler. Et puis, il y a ce corps tout entier, ses haussements d’épaules rigolos et étonnés, ses bras qui balayent l’air à la vitesse d’une vague, sa tête qui s’incline comme lorsqu’on se penche vers un enfant. Au cinéma, on le connaît en funambule exercé aux pitreries, puis infiniment sensible et solitaire dans Petit éloge de la nuit au théâtre, pour cette fois Pierre Richard raconte une histoire sans parole, à nouveau seul en scène. 

L’apparente maladresse du comédien se révèle d’une grande précision, Pierre Richard semble danser sur des pointes dans un huit clos fantastique qui invite au voyage… Une invisible et ingénieuse machinerie donne vie à la scène du Théâtre de l‘Atelier, Mathilda May, auteure et metteure en scène de Monsieur X, anime murs, fenêtre, porte, évier et même la poubelle de ce petit appartement avec le talent de Mickey Mouse dans « L’Apprentis sorcier ». Mathilda May est aux commandes et elle sait ce qu’elle veut. C’est simple, sur la scène de l’Atelier, tout ce qui appartient au registre de l’ordinaire devient extraordinaire même le réfrigérateur s’ouvre sur des contrées inconnues. D’ailleurs on imagine aisément la tripotée de farfadets qui s’active en coulisses ; mais la magie enveloppante éloigne définitivement de la réalité et de ces considérations techniques.

Le comédien, pour qui les lois de l’attraction terrestre n’ont aucun effet, obéit à sa marionnettiste  avec l’air émerveillé et résigné d’un enfant sage. Ses battements de cils amoureux et ses coups d'oeil espiègles soulèvent de leur fauteuil, jusqu’au dernier rang, des spectateurs subjugués, attentifs, terrassés presque. 

Le visuel électrisé par des effets vidéo oniriques, des cascades d’objets et des éclairages spéciaux, fusionne parfaitement avec la création musicale d’Ibrahim Maalouf. Comme pour un ballet, lorsque le chef d’orchestre donne la mesure sans lâcher un seul instant les pas des danseurs, le compositeur épouse les mouvements de Pierre Richard autant que ceux du décors. Ces intentions jazzy qui s’envolent vers l’Orient, si particulières à la musique d’Ibrahim Maalouf, transportent vers un ailleurs sensible qui oscille entre gaité et nostalgie.   

Monsieur X est un monde de poésie qu'il est difficile de quitter, un instant intense qui s’inscrit dans la mémoire, la vraie - comme pour l’intelligence - celle du cœur. Merci !

Laurence Caron

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