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"Je ne suis pas une arme de guerre" jusqu'au 26 février au Petit Théâtre du Gymnase

Zenel Laci,théâtre du gymnase,Sevdije Ahmeti,Anila Dervishi,je ne suis pas une arme de guerre,« Je ne suis pas une arme de guerre » est un projet collectif inspiré de la chronique tenue par Sevdije Ahmeti*, militante albanaise des Droits de l’Homme, durant la guerre au Kosovo. Aujourd’hui, le conflit a cessé au Kosovo, la jeune République fête ses dix ans cette année. En 2018, en Syrie, au Yémen, en Birmanie, en Ethiopie, … les civils sont les premières victimes des conflits, en particulier les femmes. Le conseil de l’ONU traite « de l’impact disproportionné et tout à fait particulier des conflits armés sur les femmes » (résolutions 1325 et 1820). Les violences sexuelles faites aux femmes sont utilisées comme une arme de guerre, sorte d’immonde rouleau compresseur qui marque pour l’éternité les «purifications ethniques».

 

 

A Paris, tout les lundis soirs et jusqu’au 26 février sur le boulevard Bonne Nouvelle, l’art démontre une nouvelle fois sa capacité à délivrer des messages universels. Même lorsque le propos est insupportable. Inaudible. Inconcevable. Inimaginable. Effroyable. Ce qui touche aux confins de l’immonde parvient à témoigner. 

Drapée d’une robe d’un blanc immaculé, la comédienne Anila Dervishi domine l’espace voulu par le metteur en scène Zenel Laci. A la création vidéo de Lionel Ravira et Loïc Carrera, brossée comme une peinture à l’huile sur une toile tendue, s’ajoute quelques éléments de décor et une lumière soignée. Les accents rock et folk de la guitare d’Afrim Jahja soutiennent et guident les émotions qui submergent la petite salle du Théâtre du Gymnase. Le sujet est d’une violence inouïe. L’interprétation et la lecture scénique des artistes projettent des mots puissants tout en proposant des respirations musicales, des ambiances claires-obscures et des images presque chorégraphiques. L’art plastique délivre l’air à respirer, marque le temps et dessine l’espace tandis que l’art dramatique éveille la compassion, la colère, le désespoir mais aussi l’amour. Pour un sujet terrifiant qui colle à l’Histoire, ancienne ou récente, éloignée ou proche, l’intention est tout à fait contemporaine, comme il convient de le dire, mais surtout extrêmement juste. Anila Dervishi est une comédienne intense, elle créé son interprétation par les modulations de sa voix, son regard sincère, sa chevelure farouche et sa chair sensible. Pour libérer la parole de toutes ses femmes, la comédienne déploie tout avec une délicate pudeur et une dignité naturelle. Anila Dervishi et l’équipe artistique qui l’accompagne sont investis d’une mission, un cri de révolte, un devoir de mémoire. Remarquable.

Laurence Caron

 

* « Journal d’une femme du Kosovo » aux éditions Karthala, Paris 2001.

Théâtre du Gymnase - Les lundis à 20h jusqu’au 26 février 2018 
Tarifs : 10-18-24 € Location : 01 42 46 79 79

Lien permanent Catégories : LETTRES, ONDES & IMAGES, SCENES 0 commentaire Imprimer

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