A Paris, en 1948, Samuel Beckett traverse une période sombre. Après s’être engagé au sein de la Résistance, l’auteur irlandais et futur Prix Nobel de littérature (1969), s’interroge sur la condition humaine. Ce désenchantement d’après-guerre va créer une véritable révolution théâtrale. « En attendant Godot » est écrit en français, une langue pour laquelle Beckett nourrit un véritable attachement en y révélant un style volontairement sobre. Roger Blin a créé la pièce en 1952 au Théâtre de Babylone, Peter Brook à Londres en en 1955, puis Jean Vilar, Antoine Vitez, Patrice Chéreau, Patrice Kerbrat, Alain Françon, … la liste est longue. Sur les bancs des écoles autant que dans les théâtres privés ou subventionnés, « En attendant Godot » est une œuvre majeure, un monument.
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La compagnie de Julien Lestel au Théâtre libre, jusqu'au 29 mars
Fondée en 2006–2007 à Marseille, la compagnie de Julien Lestel a déjà vingt ans et tout autant de créations chorégraphiques à son actif. Les danseurs qui forment cette compagnie sont tous issus de grandes institutions, ils portent en eux la rigueur de la formation classique et ses exigences techniques, tout en s’inscrivant dans le paysage contemporain, afin de rejoindre un style néoclassique moderne souhaité par Julien Lestel. Issu du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, Julien Lestel a entamé sa carrière de danseur au sein du Ballet de l’Opéra national de Paris puis au Ballet national de Marseille avant d’entamer une prolifique carrière de chorégraphe avec sa propre compagnie. -
« Empreintes » jusqu’au 28 mars à l’Opéra Garnier
Depuis que Timothée Chalamet a secoué le monde du ballet et de l’opéra avec sa réflexion provocatrice et jugée très dénigrante, artistes, compagnies et institutions défendent leur territoire avec intelligence et passion. On pourrait presque le remercier : cette polémique a déclenché une véritable déferlante promotionnelle. Pendant ce temps, la compagnie de Ballet de l’Opéra national de Paris confirme une fois encore combien la danse est résolument ancrée dans son époque. Radicalement contemporain, le programme Empreintes, conçu par José Martinez, rend hommage à la danse dans tout ce qu’elle est : engagement, créativité, prouesse physique et intensité expressive. Une très grande réussite.
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"Brasser de l'air et s'envoler" de et par Xavier Guelfi, à la Scala
Avec son regard doux et espiègle, et ses cheveux en bataille qu’il ébouriffe régulièrement pour y puiser inspiration ou réponses, Xavier Guelfi a l’air d’un drôle de Pierrot en baskets, tout droit descendu de la lune. Le comédien et auteur de « Brasser de l’air et s’envoler » bat des ailes en tous sens à grands renforts de philosophie, poésie et burlesque, un humour raffiné qu’il parseme de vannes faciles comme pour être sûre de n’oublier rien ni personne. C’est un peu déroutant, c'est ce qu'on recherche au spectacle et ça marche ! Sans prétention, son objectif est complexe : redonner au spectateur confiance en l’humanité.Vaste programme...
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The Dance Theatre of Harlem en tournée
Voici une grande et belle respiration : pour une fois, on parle des États-Unis différemment de ce que l’on entend ces derniers jours. Arrêtons-nous à New York, foyer mondial de la culture grâce aux différentes communautés ethniques qui s’y sont installées et, par conséquent, aux luttes essentielles qui y ont été menées et qui continuent de l’être par la voix des artistes. Celle du Dance Theatre of Harlem a commencé à se faire entendre en 1969, après l’assassinat de Martin Luther King Jr., sous l’impulsion d’Arthur Mitchell, premier danseur noir du New-York City Ballet, nommé par son directeur George Balanchine, connu par l’histoire de la danse comme le créateur du ballet néoclassique américain. À New-York, près de soixante ans plus tard, la compagnie poursuit les mêmes ambitions.