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cinéma

  • "Salaud, on t'aime" de Claude Lelouch, sur les écrans le 2 avril

    claude lelouch,cinéma,sandrine bonnaire,johnny halliday,eddy mitchellEntrer dans une salle de cinéma est comme embarquer sur un formidable vaisseau. Ses destinations inconnues, dessinées par l’ombre, la lumière et la couleur, invitent aux voyages, à des aventures fabuleuses, à des rêves inaccessibles ou à des fantasmes inavoués. Le voyage promet souvent, comme en littérature, de sublimer nos vies et d'apporter la nourriture, impalpable et nécessaire, à notre imagination.
    Cela n’est pas le cas pour tous les genres de cinéma, il y a aussi les films qui parlent de 'nous'. Du domaine de l'intime, avec ou sans pudeur, le décryptage s'étend parfois jusqu'aux confins de nos âmes. Il s’agit aussi d’une initiation au voyage, le trajet s’avère encore plus mouvementé que la traversée d’une page historique ou d’un conte fantastique. C’est le cinéma de Claude Lelouch, il raconte des histoires de vies, les nôtres ou celles d’à côté, mais aussi les siennes. Le réalisateur flirte parfois avec un certain réalisme, les petites histoires deviennent alors de grandes histoires, et il les raconte comme si elles étaient des fresques épiques. 

    Jacques Kaminsky a été passionné et absorbé par son métier de photographe tout au long de sa vie, peut-être au détriment de sa famille...  A l’aube de sa vie, il souhaite réunir ses filles dans un chalet de montagne dont il vient de faire l’acquisition.

    « Salaud, on t’aime » est réalisé comme un triptyque : un blanc, puis un noir, et enfin un gris. Le blanc, c’est la lumière, celle du soleil qui enflamme les sommets enneigés, et celle de l’amour qui transperce la pellicule à force de vouloir s’exprimer, se crier. Et puis, il y a le noir, la mort, froide. Ensuite, vient tout ce gris qui noie le propos, au cœur de l’hiver, un genre de polar...

    claude lelouch,cinéma,sandrine bonnaire,johnny halliday,eddy mitchellPour son chef d’oeuvre «A nos amours» Maurice Pialat avait découvert Sandrine Bonnaire, depuis la comédienne n’a pas changé, elle a mûri, elle a travaillé et elle a vécu, et rien n’a pu altérer l’incroyable lumière qui émane d’elle. Elle est libre, généreuse et d’une sincérité désarmante. En face d’elle, Johnny Halliday. Les  deux comédiens sont à match égal en terme de sincérité. Johnny se pose là, l’angle de la caméra est étroit pour celui qui sait conquérir l’espace des plus grandes scènes de spectacles, il semble ne pas savoir quoi faire de ce grand corps, alors il intériorise façon Brando. Lelouch fouille, archéologue des sentiments, il cherche, loin, le regard bleu de Johnny est un abîme. Magnifique. Tout cela donne le vertige.

    Tableau blanc. A cet instant, il ne faut pas chercher à savoir si le film est autobiographique ou pas, il faut apprendre à se détacher, à s’asseoir à table entre Johnny et Eddy, juste en face du sourire hypnotique de Sandrine, admirer les champs fleuris qui dévalent la montagne, faire raisonner la passionnata de cette famille qui en rappelle tant d’autres, et faire semblant de pactiser avec ces sœurs ennemies. Les rôles des sœurs sont partagés par de belles comédiennes, comme Irène Jacob ou la jeune Jenna Thiam, mais le scénario ne s’est pas appliqué à donner de l’importance à ces rôles. Avec son talent estampillé, Claude Lelouch vole des instants de vie en surprenant ses acteurs, il emmène le spectateur avec lui, très haut dans la montagne, et il livre, comme jetés en pâture au public, quelques fragments intimes. Où commence la fiction, où s’arrête la vie, peu importe, les premières pages de « Salaud, on t’aime » sont savoureuses.

    Tableau noir. La mort. Elle arrête tout, même l’émotion. Seule Sandrine Bonnaire regarde cette mort en direct, alors que pour les autres elle est comme un trait d’union maladroit entre deux films, la vérité s’en est allée. Deux films en un, c’est peut-être ça la dérive.
    Tableau gris. Un polar, je ne comprends pas, trop d’obscurité, un imbroglio de non-dits, difficile, trop long, abrupt comme les flancs de la montagne et sinueux comme ses routes...

    Pourtant, il y a le magnétisme de Sandrine Bonnaire, la sincérité de Johnny Halliday et cette scène magnifique, déjà mythique, entre Johnny et Eddy fredonnant devant le film d’Howard Hawks « Rio Bravo »… je garde ça, j’oublie le reste.

    Laurence Caron-Spokojny

    Pour en savoir plus  : Films 13

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  • Concours vidéo pour le Sidaction, jusqu'au 31 janvier 2014

    Ce concours concerne les 15-25 ans, ils sont invités à réaliser une courte vidéos (2 minutes) sur le VIH à partir de leur téléphone portable. Seuls ou en groupe, les jeunes réalisateurs peuvent déposer leur vidéo jusqu'au 31 janvier 2014 sur www.sidaction.org

    Un jury, composé de professionnels de l'audiovisuel, de la communication et de la lutte contre le sida, sélectionnera les vidéos gagnantes à l'occasion du Sidaction 2014.

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  • Les beaux films de Sydney Pollack

    Sur TCM (Turner Classic Movies), la chaîne dédiée au cinéma et à laquelle il faut être abonné sans-discussion-aucune, j'ai pu voir ou revoir, à vrai dire je ne sais plus, L'Ombre d'un Soupçon, mystérieux drame lyrique entre Kristin Scott Thomas et Harrison Ford… Car justement c'est imparable, on peut voir et revoir à volonté, sans jamais se lasser, et toujours avec délice le cinéma de Sydney Pollack.

    Théoriser sur l'immense carrière cinématographique de Sydney Pollack serait présomptueux, car en plus d'être acteur et réalisateur, Sydney Pollack fut aussi un brillant producteur aux choix osés, notamment Présumé Innocent, Raisons et sentiments ou bien encore Retour à Cold Mountain. Mon envie est bien moins ambitieuse. Juste, il est THE réalisateur incontestable du cinéma romantique hollywoodien, c'est dit.

    Le talent du réalisateur n'épargne aucun genre, sur une large palette de sentiments, il jongle entre les rapports humains ou avec la nature  avec un western écolo (Jeremiah Jonhson, 1972), il peut offrir une comédie sensible (Tootsie 1983) ou une fresque romanesque (Out of Africa, 1986). En parfait défenseur des valeurs humanistes, Sydney Pollack attire l'attention sur des sujets difficiles comme sont les douloureux clivages sociaux et économiques (On achève bien les chevaux, 1969), les rouages politiques plus ou moins grinçants (Les Trois Jours du Condor, 1975), la liberté de la presse et ses travers (Absence de Malice, 1982),… C'est une Amérique contemporaine et à la fois nostalgique (Nos plus belles années, 1973) aux accents de tragédie greque, l'artiste aime à nous torturer en nous rappelant le pouvoir de notre libre arbitre tout en laissant toujours une place à un profond espoir en l'humanité. L'Homme n'est jamais totalement méchant ou parfaitement bon, il est la somme de ses contradictions, la somme de ses expériences. D'ailleurs, Sydney Pollack  ne condamne pas, il met en garde, notamment une certaine presse qui ne démontre plus mais qui glisse peu à peu vers une forme de dénonciation (voici un sujet qui trouve aujourd'hui un parfait écho dans notre actualité...). Le crédo du réalisateur, sans cesse renouvelé par de nouveaux sujets, est de montrer la face cachée des institutions qui ont soit-disant la mission première de transmettre les idéaux de notre société.

    Il est de bon ton de désigner la foisonnante production du réalisateur comme s'agissant de «films engagés», n'est-il pas question tout simplement de vrai cinéma ? C'est un cinéma qui raconte avec un language qui se veut compréhensible par tous. Le réalisateur dirige les acteurs à la perfection pour les faire parler de sa propre voix, la précision du scénario frôle la technicité horlogère. Quand en plus Sydney Pollack se projette dans la (belle) personnalité de Robert Redford pour s'incarner, cela atteint la perfection... De Burt Lancaster à Tom Cruise, Sydney Pollack aime les acteurs, et ils lui rendent bien. Le regard du réalisateur est si humain que ses films en deviennent universels et surtout (même pour les tenues entre Croisière et Hippies de Barbara Streisand dans Nos plus belles années) intemporels.

    Laurence Caron-Spokojny

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