« Le Cabaret des arts » fut la première enseigne du lieu, puis « La lune Rousse » en 1904 pour enfin être baptisé le Théâtre de Dix-Heures en référence au roman de Courteline « Les linottes » en 1912 : « Je vous dis que l’homme qui fondera un théâtre de Dix heures, pratique, confortable, élégant et où on ne jouera que des pièces gaies – car les heures ont leurs exigences – gagnera une fortune, par la force des choses, par le seul fait qu’il aura étanché une soif. »
Cette prédiction littéraire s’est avérée juste. Le Théâtre de Dix-Heures, sur le trépidant boulevard de Clichy, mêle adroitement têtes d’affiches et nouveaux talents. L’esprit est à la découverte et au rire. Dans la salle chaleureuse de velours rouge, il est impossible de tricher, la proximité entre les artistes et le public est fondu de sincérité, presque épidermique.
Après les riches et belles heures de Jean Michel Joyeau et Michel Miletti, Juste Pour Rire dynamise le lieu depuis 2007. Les humoristes se disputent la scène ; pour confronter leur art, le choix ne doit pas être toujours aisé mais en cela Juste pour Rire possède un savoir-faire indiscutable.
Parmi ces artistes, il y a Isabeau de R. Avec assurance, Isabeau franchit la scène, elle n’a pas vraiment l’air de s’excuser d’être là, vous êtes ici chez elle.
Pour cette fois encore, il s’agit d’une bourgeoise (c’est son crédo), un peu réac ou plutôt nostalgique, elle jette un œil lucide sur les changements qui se sont opérés ces quarante dernières années. Entre stand-up, parodie burlesque et parfois même imitation, l’humour d’Isabeau n’attaque personne, elle épouse juste les courbes d’un personnage et témoigne d’une (sa ?) réflexion sur l’éducation, les parents, les enfants, la télévision. Isabeau regarde un univers immédiat, concret, elle titille les points les plus faibles, les nôtres ou ceux de votre voisin de fauteuil. Il y a plusieurs entrées, plusieurs niveaux de compréhension à son univers, ainsi chacun en prend pour son grade. Très efficacement, les sketches s’enchaînent selon une mise en scène d’Hélène Serres : "La Caissière" est un exercice textuel formidable, " Les Fables" sont des virgules indispensables, "Bonne nuit" est très bien vu,…
Isabeau de R. s’adresse à tous, charmeuse et pétillante, elle promet de vraiment beaucoup vous amuser avec "chic et décontraction". Rendez-vous au 36 boulevard de Clichy différentes méthodes vous seront proposées pour ne pas devenir « de vieux cons » (dixit Isabeau de R.). Laurence Caron-Spokojny
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Deux en scène, Josiane Pinson et Serge Riaboukine, jouent sur un quai ou sur le bord d’un ponton qui prend parfois l’allure d’un lit immaculé, théâtre de leurs ébats. Des pans d’étoffe d’un blanc pur, suspendus aux cintres, les empêchent parfois d’avancer, empêtrent leurs déplacements, comme autant de contraintes qui gênent leurs vies. Ainsi, Jean-Luc Tardieu peint la toile de fond de l’histoire selon une mise en scène impeccable qui, toujours, prend grand soin des comédiens et sert le texte avec raffinement.





Charlie Gordon est un jeune homme simple, il n’est pas bête, il est juste « simple ». Il travaille dans une usine dans laquelle il est chargé du nettoyage des toilettes. Régulièrement, deux de ses amis l’invitent pour boire un verre, ils le font boire pour se moquer de lui.









Sobre et juste, la parole de Mary Prince passe par la volonté et la voix de Souria Adèle selon une mise en scène encore plus sobre d’Alex Descas. Aucune fioriture, aucun artifice, il s’agit ici d’écouter le témoignage rare d’une esclave noire, la douleur et la violence sont dites. Mary Prince lorsqu’elle dicte son récit souhaite que : « les bonnes gens d’Angleterre puissent apprendre de sa bouche les sentiments et les souffrances d’une esclave… ». La comédienne se fond dans son personnage, l’acte n’est pas anodin ; Souria Adèle est originaire de la Martinique, en souhaitant composer son propre arbre généalogique, elle constate qu’ « il y a des vides qu’on ne peut pas remplir ». Toujours d’actualité, la discrimination, le racisme et l’antisémitisme restent la honte de l’humanité ; au regard de l’actualité, des piqûres de rappel s’avèrent plus que nécessaires.
À travers plus de 400 pièces et documents originaux, planches de bande dessinée, esquisses et croquis préparatoires, films d’animation, entretiens filmés et autres photographies et documents d’archives, l’exposition se propose d’envisager le phénomène migratoire dans la bande dessinée.



L’antisémitisme monte en Europe, Fritz Haber a abandonné le judaïsme pour se convertir au protestantisme, il souhaite être reconnu «allemand». En 1915, la





Champion toutes catégories du clair obscur, Brassaï est d’une exigence folle, chaque portrait, chaque paysage, chaque nature morte, chaque extrait de vie livrent un instant d’une force inouïe ; il n’y a pas une photo qui soit meilleure que l’autre, pas une photo qui éteigne le ton de sa voisine, l’exposition 




Outre cet air du temps qui imprègne chaque image du film, le réalisateur interroge sur des sujets aussi multiples que l’inspiration de l’artiste, la jungle du marché de l’art, le snobisme des marchands et la tyrannie de la mode. Ce questionnement est intemporel, radicalement actuel, à la manière d’un peintre surréaliste les plans et portraits se succèdent portés par les notes de Serge Gainsbourg et de Jean-Claude Vannier qui, à la veille de Mélody Nelson, dessinent un futur musical qui nous berce encore… et toujours.