Le 28 juillet 2020, au lendemain de son 93e anniversaire, l’avocate Gisèle Halimi quitte une vie exemplaire nourrie de révoltes et d’engagements. Peu de temps avant sa disparition, Annick Cojean, grand reporter au Monde, a recueilli ses propos dans un livre qui paraît cette même année « Gisèle Halimi, une farouche liberté » chez Grasset. Adaptés et portés sur la scène de la Piccola Scala, ces entretiens révèlent la vie et les combats d’une femme hors du commun, une femme qui a changé le monde.
ce qui est remarquable... un regard sur la culture pop - Page 3
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« Gisèle Halimi, une farouche liberté » à La Piccola Scala, jusqu'au 6 avril
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Bérénice à La Scala : prolongé jusqu'au 19 février !
Rome. Portés par un puissant amour, Titus et Bérénice sont à l’aube de leur mariage. Mais, la mort du père de Titus, Vespasien, vient contrarier ce projet. Contraint par son devoir de nouvel empereur face au peuple de Rome, Titus va devoir sacrifier son destin amoureux.
Muriel Mayette-Holtz a déjà mis en scène Bérénice à la Comédie-Française en 2011, pour cette fois, à La Scala, la directrice du Théâtre de Nice* orchestre le chef d'oeuvre de Racine avec Carole Bouquet dans le rôle-titre, entourée par Frédéric de Goldfiem (Titus), Jacky Ido (Antiochus), Augustin Bouchacourt et Eve Pereur.
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FIN DE PARTIE au Théâtre de l'Atelier : Prolongation jusqu'au 16 avril !
22/01/2023.Au Théâtre de l’Atelier le spectacle commence dans la salle : les soirs de premières la fréquentation fourmille de comédiens et comédiennes, ils ont le regard vif qui porte loin et le salut fraternel, avec une assiduité sans failles ils viennent soutenir et applaudir leurs copains. Alors que le pays gronde son mécontentement face aux réformes annoncées, ici personne ne discute et encore moins attend les directives gouvernementales pour décider l’âge de la retraite, il n’est pas question d’arrêter de jouer, jamais. A ce propos, le théâtre de la Place Charles Dullin tient sa programmation au plus près du temps qui passe, le sujet de « Fin de partie » est d’ailleurs très nécessairement inspirant. Dont acte.
La pièce, écrite en 1957 par Samuel Beckett, est un huis-clos tragi-comique dont la savoureuse étrangeté littéraire traite de la dégradation des corps, de la fuite des esprits, de l’impotence des sentiments, et pas seulement… Cette inévitable et cruelle fin d’existence, Beckett l’attaque comme une énigme, il apporte des indices teintés d’humour noir, truffés de répliques corrosives, parfois tendres, en ne s’épargnant pas d’aller enquêter au fin fond de nos âmes, recoins sombres, affres et autres tourments.
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"Quand je serai grande je serai Patrick Swayze" au Rond-Point des Champs-Elysées jusqu'au 19 février
Ayant beaucoup soupé des one-man/woman show de tout poil et autres stand-up, j’avais fait la promesse de ne pas récidiver, cette fois-ci je fais une entorse à mon règlement, le titre du spectacle ‘Quand je serai grande je serai Patrick Swayze ‘ sonne comme une invitation personnelle, un message subliminal... j'y cours ! Ma crainte, toujours dans un seul en scène, est le point de vue nombriliste de l’hôte, l’artiste se prélasse de l’effet miroir de sa narration sur le spectateur qui se réjouit de se sentir moins seul. Un peu comme chez certains auteurs, à qui on n’ose pas le dire d’ailleurs, le récit de la vie, sans compter les névroses qui s’y rattachent, n’a souvent d’intérêt (thérapeutique) que pour la personne qui raconte… Sauf ! Sauf quand le conte prend un caractère universel et c’est exactement ce que Chloé Oliveres a brillamment et généreusement réussi à faire.
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"En attendant Godot" à La Scala jusqu'au 8 avril
En 1996, c'est une claque ! Pierre Arditi est Vladimir, Marcel Maréchal est Estragon, Robert Hirsch est Pozzo, Jean-Michel Dupuis est Lucky, tous réunis sous la houlette de Patrice Kerbrat au Théâtre du Rond-Point des Champs-Élysées. Samuel Beckett a bondi d’entre les pages de mes lectures, plus vivant que jamais, la mise en scène et les interprétations données par chacun des comédiens restent figées dans ma mémoire pour cette production, impossible à dépasser... Cependant, depuis la semaine dernière sur le bord du boulevard de Strasbourg, la Scala affiche En attendant Godot. Beckett reste irrésistible, et puis une mise en scène d’Alain Françon, une des vedettes du théâtre français, ne peut qu’éveiller l’interêt. En attendant Godot à La Scala - créé en juin dernier aux Nuits de Fourvière - promet d’être un événement.
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« On n'est pas là pour disparaître » au Théâtre14 jusqu'au 18 février
C’est vraiment arrivé. Monsieur T. a tenté d’assassiner sa femme de cinq coups de couteau. Il ne s’explique pas, il ne s’excuse pas, il ne se souvient pas.
L’expertise psychiatrique conclue que l’homme âgé de 72 ans est atteint de la maladie d’Alzheimer. Il a eu une crise de démence violente, un symptôme rare.
Selon l'OMS, 139 millions de personnes dans le monde seront atteintes pas la maladie de A. à l'horizon 2050. Alors que l'art-thérapie est entré dans les parcours de soins pour améliorer la vie des malades, les auteurs et artistes eux aussi se sont appropriés le sujet (comme par exemple les films : Still Alice, The father, ...) pour faire rayonner autrement leur lecture de la maladie, une nouvelle preuve du formidable pouvoir de résilience de la nature humaine.
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Beaver Dam Company – Edouard Hue, à la Scala jusqu'au 28 janvier
Comme deux feuilles soulevées par le vent, deux corps se dispersent d’une façon qui semble aléatoire, puis fusionnent, pour s’éloigner à nouveau et encore s’entrechoquer, se rassembler. Les dos se courbent comme les boucles d’une écriture tracée à la plume, les pieds se rentrent pour protéger l’intime et les mains se cassent pour mieux attraper l’autre, les épaules et les genoux se déboitent, les cages thoraciques se font tambours… "Shiver" est un frisson, le titre est d’une grande justesse pour décrire ce pas de deux amoureux aux abandons poétiques et au romantisme absolu, impossible de ne pas penser aux envolées lyriques du chef de file Angelin Preljocaj… Sauf que chez Edouard Hue le néo-classicisme est éloigné, ici tout est résolument contemporain. Et d’ailleurs, ce moment de danse proposé par La Scala donne envie de revendiquer haut et fort : enfin du neuf ! -
L’augmentation au Théâtre14 jusqu’au 21 janvier
"L’Augmentation" fut au départ écrite pour une fiction radiophonique puis jouée au théâtre dans une mise en scène de Marcel Cuvelier en février 1970. Obtenir un rendez-vous avec son supérieur hiérarchique pour lui réclamer une augmentation va au-delà de l’anecdote une fois qu’elle est passée par l’esprit de Georges Perec. Si ce n’est pas du cirque c’est un drame Shakespearien, et quand le rire ne vous empêche pas de reprendre votre respiration une sourde torture s’installe, sournoise. Car, c’est une chance pour vous, si le propos exploré par l’auteur ne vous interpelle pas sur un moment de votre vie. Dans l’écriture de Georges Perec il y a le monde dans son entier, une caricature de la sphère sociale et économique et en particulier du travail, dans une grande justesse avec des portraits de caractères d’une lucidité glaçante.
Se jouant de la contrainte de la répétition, Georges Perec a la plume finement aiguisée, l’auteur se créé des ornières pour mieux sauter de côté, les difficultés semblent stimuler son imagination littéraire. Orphelin dès l’âge de sept ans, son père est tué en 1940 et sa mère est déportée trois ans plus tard, Perec est un familier du drame, le monde lui apparaît très nettement, tel qu’il est, très tôt. Pour « L’Augmentation », la géniale perspicacité de l’auteur, ce don pour observer le monde est élégamment assaisonnée d’un humour décapant et infiniment cynique.Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, LETTRES, ONDES & IMAGES, SCENES 0 commentaire Tweet Imprimer -
Pénélope de Jean-Claude Gallotta, au Théâtre du Rond-Point
En 1995, l’Opéra de Paris ouvre sa saison chorégraphique avec Les Variations d'Ulysse de Jean-Claude Gallotta, c’est une commande pour le Ballet, désormais inscrite au répertoire. Avec cette oeuvre, initialement inspirée par Ulysse, voyage intérieur créée en 1981 par Jean-Claude Gallotta, l’Opéra de Paris affiche sa ferme volonté d’offrir une place à la chorégraphie contemporaine française. C’est un triomphe ! Sur la scène de Bastille, le ballet blanc est composé de quarante-sept danseurs accompagnés des étoiles plus que brillantes, Marie-Claude Pietragalla et Carole Arbo, et Patrick Dupond dont la poésie et l’humour sont impossible à oublier !
Entre Joyce et Homère, le chorégraphe français, élève de Merce Cunningham, a démultiplié la vie d’Ulysse, et comme pour le héros éponyme le ballet devient mythique. Évidemment, Jean-Claude Gallotta ne s’arrête pas là. Comme tout bon créateur qui se respecte, il a fait l’homme, il manque la femme : Pénélope voit le jour dans une version opposée, d'un noir chic, elle est une figure féminine volontaire que toute les femmes souhaitent comme modèle, c’est à dire absolument pas résignée. Pénélope n’attend pas, elle est, elle aussi, une conquérante. Ce moment formidable de danse contemporaine se passe sur les planches du très cosy Théâtre du Rond-Point (dans lequel le Grenoblois est artiste associé), jusqu'au 22 janvier... Autrement dit, il n'y a pas de temps à perdre pour réserver ses places ! -
"Camus – Casarès, une géographie amoureuse" à la Piccola Scala jusqu'au 29 janvier
L’accident de voiture qui arrache Albert Camus à la vie, le 4 janvier 1960, ne le sépare pas pour autant du monde. Son œuvre radicale, infatigablement révoltée et profondément humaniste cousue de poèmes, essais, pièces de théâtre, nouvelles, films et romans, occupe les programmes scolaires et bibliothèques jusqu’aux personnalités politique qui s’en inspirent tour à tour sans hésiter à s’en disputer allègrement l'héritage depuis plus de 60 ans. Mais, ce que l’on connaît peut-être un peu moins du Nobélisé, c’est l’amoureux qu’il fut. A 47 ans, la veille de sa mort, Albert Camus a trois femmes dans sa vie : Francine sa femme, pour laquelle il s’accusera toujours d’être la cause de la dépression dont elle souffre, MI sa plus récente maîtresse, mannequin chez Jacques Fath, et la comédienne Maria Casarès dit « l’unique », un amour ressuscité en 2017 grâce au recueil « Correspondances 1944-1959 » (Gallimard, collection Blanche), sous l’impulsion d’une autre femme essentielle, Catherine la fille d’Albert Camus, qui consacre sa vie encore aujourd’hui à l’œuvre de son père. -
« DABADIE OU LES CHOSES DE NOS VIES » au Théâtre de l'Atelier
C'est une avalanche étourdissante. Michel Polnareff, Guy Bedos, Claude Sautet, Michel Piccoli, Romy Schneider, Yves Robert, Serge Reggiani, Régine, Claude Pinoteau, Mireille Matthieu, Claude François, Barbara, Julien Clerc, Johnny Hallyday, Jean-Paul Rappeneau, Jean Becker, Michel Sardou, Yves Montand, Dalida, Barbara, Jacques Dutronc, Johnny Hallyday, Isabelle Boulay – et j’en oublie - ont tous été traversés et souvent propulsés par la plume de Jean-Loup Dabadie. Des mots précieux, fragiles et puissants, agiles comme des acrobates, mélancoliques ou comiques, en apparence légers et pourtant profonds. -
« La leçon » au Théâtre de la Madeleine
Depuis sa première représentation en 1951, « La leçon », une des premières pièces d’Eugène Ionesco, est jouée sans jamais s’interrompre -juste après La cantatrice chauve- au Théâtre de la Huchette depuis 1957 ! Cette fois-ci les mots d’Ionesco, totalement sarcastiques et absurdes, se transforment en une comédie dansée sous l’impulsion des chorégraphes et metteurs en scène Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault, sur les planches du Théâtre de la Madeleine. -
Sorcières au Théâtre de l’Atelier
Initialement créé au Théâtre du Rond-Point en 2019, le collectif A définir dans un futur proche formé par des femmes d’Arts et de Lettres - Elodie Demey, Mélissa Phulpin et Géraldine Sarratia – porte sur scène Sorcières, et rassemble des comédiennes et musiciennes qui se partagent la lecture de ce plaidoyer mordant sur la scène du Théâtre de l’Atelier. Symbole d'une misogynie ancestrale, l'écrit de Mona Chollet, journaliste franco-suisse née en 1973, intitulé Sorcières, dénonce la violence, jusqu'à l'éradication, réservée aux femmes depuis des siècles sur tous les continents, en soulignant très intelligemment la légèreté du ton employé pour décrire cet obscure massacre.
Chacune à sa manière, à jamais passionnées, les interprètes s'accaparent Sorcières, une enquête riche, truffée de références historiques et aussi (hélas) trop souvent contemporaines.
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Le Principe d'incertitude au Théâtre Montparnasse
A la gare de Saint Pancras, le regard de Georgie, une extravagante américaine de 40 ans, croise celui du très discret Alex, de 30 ans son ainé. Une curieuse rencontre entre ces deux personnages que tout oppose... Magnétique. Il suffit à Laura Smet d’envoyer sa paire d’yeux bleus dans les projecteurs pour emmener tout et tous à sa suite, elle a un truc qui relève de l’instinct et qu’on n’explique pas. C’est sa toute première fois au théâtre. Est-ce que cela a réellement de l’importance pour celle dont le prénom a été chanté tant de fois sur les plus grandes scènes et applaudit par le plus grand public que l’on puisse imaginer ? Peut-être… pour excuser un certain ton monocorde de sa voix qui ne sait pas toujours comment se placer pour emplir le vaste Théâtre Montparnasse ou pour cette façon de jouer tendue qui menace de couper son souffle et qui s’apprête à libérer ce trac terrible, cette bête prête à bondir, à attaquer ? Peut-être… Pourtant, sans choisir la facilité, la comédienne s’est avalée une sacrée tartine de texte, un texte difficile pour lequel Jean-Pierre Darroussin réplique souvent par de longs et profonds silences dont lui seul a le secret. De sa magistrale tenue de jeu, Darroussin couve sa protégée, il la guide, la laissant s’accrocher à son implacable maitrise des situations et à son phénoménale talent pour occuper l’espace tout entier. Ainsi inspirée, dans une sorte de pudeur fragile qu'elle balaye d'un sourire, Laura Smet transforme l'essai en une performance troublante.
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"Respire" à La Piccola Scala, jusqu’au 8 octobre 2022
Dans un couloir d’hôpital, une mère attend, une nuit durant. Elle espère, désespère, espère de nouveau que son enfant née quelques heures auparavant parviendra à respirer seule. Derrière la vitre qui les sépare, la mère parle à sa fille, pour tenter comme elle peut de l’attirer vers le monde des vivants. Une nuit durant, dans un couloir d’hôpital, une mère attend et vacille entre la rage et la supplique, en animal doutant de ses forces.
Respire Sophie Maurer (éditions Koinè, 2020).Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, LETTRES, ONDES & IMAGES, SCENES 0 commentaire Tweet Imprimer -
Lawrence d'Arabie au Théâtre du Gymnase prolongé jusqu'au 22 mai
En 1916, l'accord Sykes-Picot divise les territoires ottomans entre la France et le Royaume-Uni. L'écrivain Thomas Edward Lawrence, officier de liaison auprès des forces arabes, s'engage dans la révolte arabe (1916-1918) contre l'occupant Turc, l'Empire Ottoman. Fin stratège, Lawrence dessine le projet d'un empire arabe sous influence britannique. De ce périple dans la péninsule arabique, Thomas Edward Lawrence livre un récit autobiographique Les Sept Piliers de la sagesse. Quarante années ce sont écoulées, les aventures historiques de Lawrence enthousiasment David Lean, le réalisateur britannique vient de réaliser Le Pont de la rivière Kwaï. En 1962 sur grand écran, Peter O'Toole est à jamais Lawrence d'Arabie, le film chef d'oeuvre épique est sept fois oscarisé, notamment récompensé comme meilleur film et meilleur réalisateur. L'histoire ne s'arrête pas là. Jusqu'au 8 mai, au Théâtre du Gymnase, Eric Bouvron emporte à sa suite une troupe de comédiens décidés à faire glisser le sable du désert jusqu'au coeur de Paris...
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Acosta Danza à Chaillot jusqu'au 18 mars
La danse est très certainement née d’une manifestation des sentiments, une trajectoire des émotions s’est extériorisée jusqu’à s’exprimer en mouvements : quand on est heureux, on danse, n’est-ce pas ? Cet adage, parfois oublié dans les arcanes de la danse et de ses initiés, est assurément celui de la compagnie de Carlos Acosta. Cuba. L’ile caribéenne écrasée par le soleil subit une histoire politico-sociale plus que mouvementée, cependant la musique et la danse ont toujours fait acte de résistance. Avec ses cabarets et ses grands orchestres, des styles musicaux puissants se sont créés et se sont répandus sur toute la planète, comme le Son, la Rumba, le Bolero, le Mambo, le Cha Cha Cha. Seulement, cette créativité s’est mise en sommeil dès 1959 lors de l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro. Les cabarets de la Havane ont fermé, l’industrie touristique s’est éteinte et de nombreux artistes ont fui vers les États-Unis. Pour autant, la musique ne s’est pas complètement tue et la danse, même si elle s’est faite à pas feutrés, est resté dans les jambes, les hanches, les bras et les épaules. Avec les artistes, la danse et la musique ont voyagé, elles se sont enrichies d’influences portoricaines et d'intentions jazz et rock venues du fin fond des boîtes Newyorkaises jusqu’aux années 1990. Enfin, sur le territoire, malgré la chape de plomb posée sur la culture cubaine, la culture populaire a poursuivi son chemin, elle s’est étoffée et la salsa est née.
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Les Producteurs au Théâtre de Paris
La production de spectacles musicaux au Théâtre de Paris est une tradition lointaine, presque oubliée, et assurément regrettée. Des années 70 avec les opéras bouffe d'Offenbach mis en scène par Maurice Lehmann comme La Périchole ou Barbe-Bleue, jusqu’à Cats et Starmania à la fin des années 80, l’espace scénique du Théâtre de Paris a plusieurs fois prouvé être un écrin parfait pour accueillir chanteurs, musiciens et danseurs. D’ailleurs, Alexis Michalik, l’auteur et metteur en scène, spécialiste des succès à la pelle - comme Le porteur d’histoires, Le cercle des illusionnistes, Edmond ou plus récemment d’Une histoire d’amour - ne s’y est pas trompé et le public, habitué à sillonner ce petit Broadway parisien formé par le Théâtre Mogador, Le Casino de Paris, et le Théâtre de Paris, s’est engouffré à sa suite pour aller applaudir Les Producteurs. -
"Folle Illusion" à La Nouvelle Eve
" Les folies sont les seules choses que l'on ne regrette jamais". Oscar Wilde.Une fois dépassé les goulots embouteillés des grands boulevards qui se déversent sur la place de Clichy, les petites rues du 9ème arrondissement de Paris font les crâneuses avec leurs frontons de Théâtres qui affichent « complet » tandis que les terrasses débordent joyeusement sur les trottoirs. Rue Fontaine, La Nouvelle Eve « est l'un des plus anciens et des plus élégants théâtres de revue de Paris », c’est la promesse qui est faite. A l’entrée, un cerbère barre le passage avant de vérifier, avec un sourire aimable accompagné d’une petite blague, si le pass vaccinal de chacun est à jour ; dans ces salles de spectacles parisiennes, on ne rigole pas avec les restrictions sanitaires, l’addition est trop chère payée. Avant même de prendre place, les quelques 200 personnes du public de La Nouvelle Eve sont accueillies par des artistes poudrés aux regards pailletés, leurs boucles de cheveux brillantes et des cascades de strass couvrent des épaules robustes qui surplombent des robes ajustées au millimètre. Grandes, presque aériennes tant les talons des escarpins, de couleur or ou argent, sont d’une hauteur vertigineuse, ces divas de la nuit à la voix grave offrent des sourires généreux, des sourires pointés là sur vous, armes irrésistibles, pas de quartier il est ici question de s’amuser !
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"Huis clos" au Théâtre de l'Atelier jusqu'au 18 mars
Un seul acte, efficace et foudroyant. Huis clos écrit par Jean-Paul Sartre en 1943 est une claque, née de l’existentialisme sartrien, qui atteint sa cible avec une exactitude bouleversante et une puissance indiscutable, raisons pour lesquelles cette pièce est celle la plus jouée de toute l’œuvre théâtrale de Sartre.
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« 1h22 avant la fin » à la Scala
Dans la création artistique qu’il s’agisse de théâtre ou de cinéma c’est quand même plus sympa d’être à deux ! Impossible de ne pas penser au duo lumineux et culte formé par Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui. Le « tandem Jabac » selon l'expression inventée par Alain Resnais a créé notamment de formidables passerelles du théâtre au cinéma, comme pour Cuisine et Dépendances au Théâtre Montparnasse (1992), un triomphe qui a été projeté deux ans plus tard au cinéma, ou un Un air de famille au Théâtre de la Renaissance (1994) qui a suivi la même voie. Comme leurs aînés, presque vingt plus tard, les complices Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte avancent eux aussi en duo. En 2010, ils ont fait un carton plein avec Le Prénom (mise en scène de Bernard Murat) au Théâtre Edouard VII, fait rare à Paris la pièce a été jouée près de 250 fois. Puis, ce succès théâtral a été prolongé dans sa version cinématographique pour être célébré en 2013 par les Césars des meilleur(e)s acteurs-trices pour Valérie Benguigui et Guillaume de Tonquédec. « 1h22 avant la fin » qui se joue actuellement est leur nouvelle création, le texte est de Matthieu Delaporte, Alexandre de La Patellière l'a rejoint pour la mise en scène. Sur le boulevard de Strasbourg, Mélanie et Frédéric Biessy les ont conviés sous le toit de La Scala, un abri éclectique reconnu comme rassembleur de talents. Il est aisé de comprendre à quel point l’attente du public est grande… c’est la rançon du succès. -
WINTERREISE (Voyage d’hiver) d'Angelin Preljocaj au Théâtre des Champs Elysées, et Body and Soul de Crystal Pite à L'Opéra Garnier
En 2019, Crystal Pite crée Body and Soul pour le Ballet de l’Opéra de Paris, cette même année Angelin Preljocaj imagine Winterreise Voyage d’hiver initialement pour le Ballet de La Scala de Milan puis avec sa compagnie lors du Montpellier Danse. En ce début d’année 2022, attendu avec ferveur, le premier est repris à l’Opéra Garnier jusqu’au 20 février tandis que le second vient de triompher pour quatre représentations exceptionnelles au Théâtre des Champs-Élysées. Winterreise voyage d'hiver Ballet Préljocaj (photo Jean-Claude Carbonne)
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Times Square au Théâtre Montparnasse
Un comédien talentueux, désormais dévoré par le trac, s’oublie dans l’alcool tandis que son frère, désabusé par une vie sans saveur, fantasme sur la carrière du premier. En traits d’union, une jeune femme et un jeune homme, dont les démarrages dans la vie ont été difficiles, tentent d’échapper à leurs sorts en s’inventant un nouveau monde. Le tableau semble tragique, pourtant ces ingrédients sont idéals pour faire de ce moment une comédie juste, joyeuse, douce et émouvante. Times square au Théâtre Montparnasse fait scintiller le savoir-faire du théâtre de boulevard moderne pour illuminer et réchauffer merveilleusement ce morne hiver parisien. Cerise sur le gâteau, la joie de jouer de la petite troupe est terriblement communicative, le public se love dans le confort des fauteuils de velours du Théâtre Montparnasse, abandonné et passionné... -
Dialogues (TranscenDanses) au Théâtre des Champs-Elysées, jusqu'au 5 décembre 2021
Depuis 2014, les Productions Internationales Albert Sarfati proposent au public du Théâtre des Champs-Élysées le meilleur de la danse dans toute sa diversité. Sur la scène qui a accueilli pour la première fois Joséphine Baker en 1925, entre les bronzes et fresque de Bourdelle et sous la majestueuse coupole de Maurice Denis, un public averti ou totalement néophyte a rendez-vous chaque année avec les compagnies de danse et les danseurs du monde entier. Des œuvres entrées au grand répertoire de la danse jusqu’à d’autres inédites, la programmation choisie de TranscenDanses « défend toutes les danses d’hier, d’aujourd’hui et certainement de demain ». -
"Noire La Vie méconnue de Claudette Colvin" par Tania de Montaigne au Rond-Point des Champs-Elysées

Alabama, bus de 14h30, 2 mars 1955. Claudette Colvin, du haut de ses quinze ans, refuse de céder sa place à un passager blanc. Condamnée à la prison, elle plaide non coupable et attaque la ville. Claudette Colvin écrit le début de l’histoire dont Rosa Parks sera un peu plus tard la Mère du mouvement des droits civiques. Son nom, il faut l’avouer personne ne le connaît, mais soixante ans plus tard en 2015, aux éditions Grasset, l’écrivaine, Tania de Montaigne veille au grain et rétablit les oublis de l’histoire, Claudette Colvin est sur le papier. Cet écrit est récompensé par le prix Simone Veil 2015 et est finaliste du Grand prix des lectrices de ELLE 2016.
Naviguant entre incarnation, témoignage et plaidoyer, Tania de Montaigne, aussi comédienne, dépasse l’écriture pour porter Claudette Colvin sur scène, en chair et en os, c’est au Théâtre du Rond-Point des Champs-Élysées.
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Planet [wanderer] au Théâtre National de la Danse, jusqu’au 30 septembre
En un élan, le public se soulève, les gradins de Chaillot grondent, des cris, bravos et hourras, s’ajoutent aux applaudissements. Enfin ! Enfin ! Du neuf !Comme son titre l’évoque, il est question de planète, la Terre et les matières minérales qui la composent, palpables, le quartz, l’argile ou le calcaire. Les entrailles de cette Terre dont nous nous extirpons pour naître, et dans laquelle on nous enterre ou bien on y mêle nos cendres pour disparaître. Une terre sombre et brillante, douce et rugueuse, créatrice et destructrice, inspirante et expirante. L’esthétique créatif du plasticien Kohei Nawa et la puissante chorégraphie de Damien Jalet se fondent en un seul et même désir. Énergique, radical, il est question de spectacle véritable comme on en voit peu. La formidable musique de Tim Hecker, électronique et humaine, infuse un liant qui va de soi entre visible et invisible. Les corps se tordent, se plient, chahutés par les caprices du temps celui du ciel ou des horloges.
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"Un vivant qui passe" au Théâtre de l'Atelier, lecture de Sami Frey
1943, Maurice Rossel, délégué du CICR (Comité International de la Croix-Rouge) visite le camp d’Auschwitz, l’échange avec le chef du camp est courtois. A la Kommandantur, les nazis sont « fiers de leur travail», Rossel aperçoit quelques baraquements, croise des groupes de prisonniers « israélites », maigres, tenues rayées et calotte sur la tête, ce sont leurs regards qu’il retient. Pour ce qui est des moyens d’extermination, il n’est témoin de rien, il n’a rien à en dire, rien à rapporter. Lui savait bien sûr que c’était « terrible », en Suisse personne n’ignorait que les prisonniers civils ne revenaient pas de ces camps, mais personne n’avait conscience de « la masse »… Près d’un an plus tard, Theresienstadt, ville forteresse au nord-est de Prague, une sorte de ghetto modèle, est sa prochaine étape. Rossel constate un traitement particulier et une organisation qu’il considère comme « privilégiée » dans ce camp Potemkine, une ville qu’il juge « presque normale ». C’est du théâtre, il l'admet, les nazis ont tout organisé pour sa venue, cependant il s’étonne de la docilité des « israélites »… -
Charles Berling met en scène "Dans la solitude des champs de coton" au Théâtre 14
C'est un texte mythique. Créée en février 1987, au Théâtre des Amandiers dans une mise en scène de Patrice Chéreau, avec Laurent Mallet et Isaach de Bankolé, la pièce Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès (1985) est entrée dans le répertoire du théâtre contemporain. En ce très chaud mois de juin, sur les planches du Théâtre 14, dans un monde crépusculaire, terriblement proche, des monologues se cousent entre un dealer et son client. Empêtrés dans leurs désirs et empêchés par leurs angoisses, le flot de propos est remuant, perturbant, heureusement interrompu par de longs silences, nécessaires – sophistication extrême - pour laisser le temps aux spectateurs vaincus de se remettre des séries d’uppercuts envoyées par l’auteur. Les verbes forts de Koltès, puissamment jetés en pâture à nos esprits avides de savoir, révèlent ce qui ne peut-être dit qu’ici, sur ces planches, à moins que cela soit lu. Alors que la situation appartient au registre du quotidien, presque anodine, nos interrogations muettes sont criées, hautes et fortes, nos hontes, nos désarrois, nos peurs, dévoilés. Koltès est un traducteur de l’époque, du monde, des gens, et tant pis si ça fait mal c'est ça qui est beau.
Copyright : Nicolas Martinez - Scène nationale Châteauvallon
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DIVAS, d'Oum Kalthoum à Dalida, exposition à l'Institut du Monde Arabe
Oum Kalthoum, Warda al-Djazaïria, Asmahan, Fayrouz, Laila Mourad, Samia Gamal, Souad Hosni, Sabah et Dalida, entre autres, ont laissé une empreinte artistique impressionnante au cours du 20èmesiècle dans les domaines de la chanson, de la photographie, de la danse, de la mode jusqu’au cinéma, mais pas uniquement. Parce que l’époque le voulait et parce qu’elles avaient une indépendance d’esprit et des tempéraments hors du commun, ces femmes extraordinaires ont repoussé les murs des sociétés patriarcales, devenant des marqueurs historiques forts dans l’évolution politique et sociale des pays du monde arabe. -
The Tree : Carolyn Carlson ouvre en grand les portes de Chaillot
En 2020, la crise sanitaire a voulu faire taire les voix des arts, ces lieux protéiformes d’expressions et d’inventions constantes se sont refermés sur eux-mêmes… Seules les lucarnes d’internet, ondes radiophoniques et télévisuelles nous ont un peu éclairées. Seulement, quand on a l’habitude de voir ce qui est vivant, il est très frustrant de n’observer le monde que par le petit bout de la lorgnette. Heureusement, la chorégraphe Carolyn Carlson* - dont on se plait à dire depuis des lustres qu’elle est la plus française* des américaines, jusqu’à adopter la nationalité française en 2019 – a maintenu la tension du fil de sa créativité en parfaite osmose avec le temps qui passe et l’espace qui nous entoure. En "poète visuelle", Carolyn Carlson parle de vous, de nous, du monde.
Dans la maison nationale de la danse, le Théâtre de Chaillot, la Californienne qui a parcouru la Terre entière pour arriver jusqu'à nous est chez elle, notamment pour y avoir été artiste associée jusqu’en 2016. Après les pièces eau (2008), Pneuma et Now (2014), dont la source est née des écrits de Gaston Bachelard (1), sa plus récente création The Tree est le quatrième volet.


