Depuis 2014, les Productions Internationales Albert Sarfati proposent au public du Théâtre des Champs-Élysées le meilleur de la danse dans toute sa diversité. Sur la scène qui a accueilli pour la première fois Joséphine Baker en 1925, entre les bronzes et fresque de Bourdelle et sous la majestueuse coupole de Maurice Denis, un public averti ou totalement néophyte a rendez-vous chaque année avec les compagnies de danse et les danseurs du monde entier. Des œuvres entrées au grand répertoire de la danse jusqu’à d’autres inédites, la programmation choisie de TranscenDanses « défend toutes les danses d’hier, d’aujourd’hui et certainement de demain ».
ce qui est remarquable... un regard sur la culture pop - Page 4
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Dialogues (TranscenDanses) au Théâtre des Champs-Elysées, jusqu'au 5 décembre 2021
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"Noire La Vie méconnue de Claudette Colvin" par Tania de Montaigne au Rond-Point des Champs-Elysées

Alabama, bus de 14h30, 2 mars 1955. Claudette Colvin, du haut de ses quinze ans, refuse de céder sa place à un passager blanc. Condamnée à la prison, elle plaide non coupable et attaque la ville. Claudette Colvin écrit le début de l’histoire dont Rosa Parks sera un peu plus tard la Mère du mouvement des droits civiques. Son nom, il faut l’avouer personne ne le connaît, mais soixante ans plus tard en 2015, aux éditions Grasset, l’écrivaine, Tania de Montaigne veille au grain et rétablit les oublis de l’histoire, Claudette Colvin est sur le papier. Cet écrit est récompensé par le prix Simone Veil 2015 et est finaliste du Grand prix des lectrices de ELLE 2016.
Naviguant entre incarnation, témoignage et plaidoyer, Tania de Montaigne, aussi comédienne, dépasse l’écriture pour porter Claudette Colvin sur scène, en chair et en os, c’est au Théâtre du Rond-Point des Champs-Élysées.
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Planet [wanderer] au Théâtre National de la Danse, jusqu’au 30 septembre
En un élan, le public se soulève, les gradins de Chaillot grondent, des cris, bravos et hourras, s’ajoutent aux applaudissements. Enfin ! Enfin ! Du neuf !Comme son titre l’évoque, il est question de planète, la Terre et les matières minérales qui la composent, palpables, le quartz, l’argile ou le calcaire. Les entrailles de cette Terre dont nous nous extirpons pour naître, et dans laquelle on nous enterre ou bien on y mêle nos cendres pour disparaître. Une terre sombre et brillante, douce et rugueuse, créatrice et destructrice, inspirante et expirante. L’esthétique créatif du plasticien Kohei Nawa et la puissante chorégraphie de Damien Jalet se fondent en un seul et même désir. Énergique, radical, il est question de spectacle véritable comme on en voit peu. La formidable musique de Tim Hecker, électronique et humaine, infuse un liant qui va de soi entre visible et invisible. Les corps se tordent, se plient, chahutés par les caprices du temps celui du ciel ou des horloges.
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"Un vivant qui passe" au Théâtre de l'Atelier, lecture de Sami Frey
1943, Maurice Rossel, délégué du CICR (Comité International de la Croix-Rouge) visite le camp d’Auschwitz, l’échange avec le chef du camp est courtois. A la Kommandantur, les nazis sont « fiers de leur travail», Rossel aperçoit quelques baraquements, croise des groupes de prisonniers « israélites », maigres, tenues rayées et calotte sur la tête, ce sont leurs regards qu’il retient. Pour ce qui est des moyens d’extermination, il n’est témoin de rien, il n’a rien à en dire, rien à rapporter. Lui savait bien sûr que c’était « terrible », en Suisse personne n’ignorait que les prisonniers civils ne revenaient pas de ces camps, mais personne n’avait conscience de « la masse »… Près d’un an plus tard, Theresienstadt, ville forteresse au nord-est de Prague, une sorte de ghetto modèle, est sa prochaine étape. Rossel constate un traitement particulier et une organisation qu’il considère comme « privilégiée » dans ce camp Potemkine, une ville qu’il juge « presque normale ». C’est du théâtre, il l'admet, les nazis ont tout organisé pour sa venue, cependant il s’étonne de la docilité des « israélites »… -
Charles Berling met en scène "Dans la solitude des champs de coton" au Théâtre 14
C'est un texte mythique. Créée en février 1987, au Théâtre des Amandiers dans une mise en scène de Patrice Chéreau, avec Laurent Mallet et Isaach de Bankolé, la pièce Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès (1985) est entrée dans le répertoire du théâtre contemporain. En ce très chaud mois de juin, sur les planches du Théâtre 14, dans un monde crépusculaire, terriblement proche, des monologues se cousent entre un dealer et son client. Empêtrés dans leurs désirs et empêchés par leurs angoisses, le flot de propos est remuant, perturbant, heureusement interrompu par de longs silences, nécessaires – sophistication extrême - pour laisser le temps aux spectateurs vaincus de se remettre des séries d’uppercuts envoyées par l’auteur. Les verbes forts de Koltès, puissamment jetés en pâture à nos esprits avides de savoir, révèlent ce qui ne peut-être dit qu’ici, sur ces planches, à moins que cela soit lu. Alors que la situation appartient au registre du quotidien, presque anodine, nos interrogations muettes sont criées, hautes et fortes, nos hontes, nos désarrois, nos peurs, dévoilés. Koltès est un traducteur de l’époque, du monde, des gens, et tant pis si ça fait mal c'est ça qui est beau.
Copyright : Nicolas Martinez - Scène nationale Châteauvallon
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DIVAS, d'Oum Kalthoum à Dalida, exposition à l'Institut du Monde Arabe
Oum Kalthoum, Warda al-Djazaïria, Asmahan, Fayrouz, Laila Mourad, Samia Gamal, Souad Hosni, Sabah et Dalida, entre autres, ont laissé une empreinte artistique impressionnante au cours du 20èmesiècle dans les domaines de la chanson, de la photographie, de la danse, de la mode jusqu’au cinéma, mais pas uniquement. Parce que l’époque le voulait et parce qu’elles avaient une indépendance d’esprit et des tempéraments hors du commun, ces femmes extraordinaires ont repoussé les murs des sociétés patriarcales, devenant des marqueurs historiques forts dans l’évolution politique et sociale des pays du monde arabe. -
The Tree : Carolyn Carlson ouvre en grand les portes de Chaillot
En 2020, la crise sanitaire a voulu faire taire les voix des arts, ces lieux protéiformes d’expressions et d’inventions constantes se sont refermés sur eux-mêmes… Seules les lucarnes d’internet, ondes radiophoniques et télévisuelles nous ont un peu éclairées. Seulement, quand on a l’habitude de voir ce qui est vivant, il est très frustrant de n’observer le monde que par le petit bout de la lorgnette. Heureusement, la chorégraphe Carolyn Carlson* - dont on se plait à dire depuis des lustres qu’elle est la plus française* des américaines, jusqu’à adopter la nationalité française en 2019 – a maintenu la tension du fil de sa créativité en parfaite osmose avec le temps qui passe et l’espace qui nous entoure. En "poète visuelle", Carolyn Carlson parle de vous, de nous, du monde.
Dans la maison nationale de la danse, le Théâtre de Chaillot, la Californienne qui a parcouru la Terre entière pour arriver jusqu'à nous est chez elle, notamment pour y avoir été artiste associée jusqu’en 2016. Après les pièces eau (2008), Pneuma et Now (2014), dont la source est née des écrits de Gaston Bachelard (1), sa plus récente création The Tree est le quatrième volet.

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"Crise de nerfs" au Théâtre de l'Atelier
« Crise de nerfs » réunit trois farces d’Anton Tchekhov sur la scène du Théâtre de l’Atelier: Le chant du cygne ou l’agonie d’un vieil artiste, joué tout en confidences, tendres et ironiques ; Les méfaits du tabac, terriblement burlesque et sarcastique ; et, Une demande en mariage, un tableau hystérique et délicieusement joyeux. Dans les trois, Jacques Weber est génial, et il n'est pas le seul ! -
"Une Histoire d'amour" à La Scala
La dernière création d’Alexis Michalik «Une histoire d’amour» a vu le jour en janvier 2020 au Théâtre de la Scala, avant de se voir couper les ailes suite à l’injonction du gouvernement conséquente à la crise sanitaire. Obéissante, l’ensemble de la capitale s’est tue, ses habitants et la culture aussi, hormis quelques soubresauts rarement mémorables en d’autres endroits comme les réseaux sociaux. Après ces presque six mois de silence, la plupart des théâtres parisiens ouvrent enfin leurs portes. La fébrilité est de mise, pour les artistes qui se sont torturés pendant tout ce temps, s’interrogeant parfois jusqu’à l’existence même de leur métier, et aussi pour le public qui a découvert qu’un Paris sans salles de spectacles n’a plus beaucoup d’intérêt. -
Toute l’histoire de la peinture en moins de deux heures au Théâtre de l’Atelier
Une écharpe pendouille autour de son coup, d'un même geste il s'en débarrasse avec son pardessus aux contours indéfinissables, juste quelques secondes après être entré sur la scène du Théâtre de l’Atelier. A la manière d’un professeur de faculté qui se campe face à ses étudiants, il lance quelque traits d’humour pour apprivoiser son auditoire. Il faut en effet un peu de temps pour s’habituer à sa voix et à son rythme : Hector Obalk marmonne, râle un peu et glousse souvent. L’Historien d’Art a l’humeur espiègle et se paye une bonne partie de cabotinage. Il peut se le permettre, la peinture c'est son domaine. Critique d’art et réalisateur du documentaire Grand Art sur Arte, Hector Obalk est aussi Commissaire d’exposition. Comme le titre de son spectacle-conférence l’indique, en moins de deux heures, il a fait le pari de déballer toute l’histoire de la peinture. -
Le quai de Ouistreham jusqu’au 14 mars 2020, au Théâtre 14
Le nom de l'auteure de la pièce, « Le Quai de Ouistreham » qui se joue actuellement au Théâtre 14, n’est étranger à personne. La journaliste Florence Aubenas a couvert le Procès d’Outreau pour le journal Libération en 2004, elle avait fait part de ses doutes sur la réelle culpabilité des prévenus. L’année suivante, à chaque entrée du journal télévisé pendant plusieurs mois, le nom de Florence Aubenas a été répété, le sien et celui de son fixeur Hussein Hanoun al-Saadi. Otage en Irak pour 157 jours de détention, elle a été enlevée alors qu’elle était en reportage sur les réfugiés de Falloujah.
Quatre ans plus tard, en 2009, Florence Aubenas quitte pour quelques mois le microcosme ouaté des rédactions des grands journaux pour réaliser un reportage en totale immersion au cœur de « la crise ». Elle choisit la ville de Caen, elle loue un meublé, fait l’acquisition d’une voiture d’occasion qu’elle nomme « son tracteur », et se met en quête d’un travail. A cette époque où Pôle emploi s’apelle encore l’ANPE, elle se présente avec un bac littéraire en poche, déclare être divorcée et ne pas avoir travaillé pendant vingt ans, son ex-mari subvenant à ses besoins pendant toutes ces années. Cette expérience durera près de six mois et sera l’origine d’un succès littéraire paru en 2010 aux éditions de l’Olivier. Transformé en cinq épisodes radiophoniques sur France Culture, le récit est projeté sur les planches, dans une mise en scène de Louise Vignaud au Théâtre des Clochards Célestes à Lyon en 2018, et aujourd'hui au Théâtre 14 à Paris jusqu’au 14 mars 2020. -
Room with a view, (La) Horde et Rone au Théâtre du Châtelet du 5 au 14 mars
Veille de première. Il y a un sacré remue-ménage au Châtelet, un public bavard se presse devant les portes de la salle. C’est un soir de répétition, l’ultime, la générale celle où amis, familles, personnels artistiques et partenaires du spectacle sont invités. Des jeunes gens s’agitent, terriblement jeunes. « Il faut patienter », annonce un ouvreur, « Il y a encore des réglages » confit-il à une de ses collègues en levant les yeux au ciel. Un peu plus tôt, Le Figaro a révélé ce qui semble inquiéter les mines de l’équipe de production que l’on aperçoit cavaler sur la moquette rouge des couloirs entre la salle et les coulisses. Le Châtelet fait du bruit, trop de bruit, les voisins se sont plaint. Erwan Castex dit Rone a branché ses machines sur les enceintes du Châtelet pour diffuser son prochain album (sortie attendue le 24 avril) accordé à la création éponyme Room with a view, spectacle chorégraphique du Ballet National de Marseille dessiné par (La) Horde, Chimère a trois têtes radicalement multimédia-tique.
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The Opera Locos au Théâtre libre
« Théâtre Libre », c’est peut-être plus chic que « Le Comedia », le nom interroge et laisse envisager des perspectives inattendues comme la programmation prochaine en mars des Fourberies de Scapin - une production hors-les-murs de La Comédie française dont la mise en scène est signée Denis Podalydès. Le Théâtre Libre est sur les bords du Boulevard de Strasbourg, (à moins que ce dernier soit bientôt renommé Boulevard d’Edouard Baer) et fait - malgré les grèves - un carton plein, depuis octobre 2019, avec The Opéra Locos. Illico presto ! A une semaine près je loupais ce délirant spectacle musical, plus que quatre représentations entre le 28 février et le 1er mars... -
Sheku Kanneh-Mason, violoncelle et Isata Kanneh-Mason, piano - au Théâtre des Champs-Elysées
Le 19 mai 2018, lors du mariage du prince Harry et de Meghan Markle, deux milliards de téléspectateurs, sans compter le gratin international qui y assistait, ont découvert le jeune violoncelliste Sheku Kanneh-Mason, il avait dix-huit ans. Auparavant en 2016, décrochant les BBC Youngs Musicians à Londres, son album «Inspiration» l’avait propulsé au 11ème rang du Top 20 UK Official Album Chart, dont notamment un bouleversant arrangement de No Woman no cry de Bob Marley qui a réalisé un million de flux le premier mois sur Spotify. Un nouveau record qu'il a lui-même battu avec le tout récent enregistrement du Concerto d’Elgar, avec Sir Simon Rattle et le London Symphony, dans les mythiques studios d’Abbey Road, à piocher dans les bacs depuis le 10 janvier 2020.
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Jos Houben dans « L’art du rire » à La Scala - prolongation jusqu'au 29 mai 2020
Sur la scène de La Scala, il déboule avec l’allure d’un charmant professeur de faculté, de ceux qui donnent envie de lire tous leurs livres une fois le cours terminé. Grand et fin, d’une élégance un peu gauche, Jos Houben rythme son propos par des confidences, démonstrations burlesques et discours sur la méthode - la méthode pour faire rire. Un sujet choisi comme un prétexte pour parler de l’humain. Fascinant. -
"La Promesse de l'aube" par Stéphane Freiss au Poche-Montparnasse
Est-il possible de trop aimer son enfant jusqu’à fantasmer son existence ? C’est la question que l’on se pose en quittant le Poche-Montparnasse. Pendant plus d’une heure, Stéphane Freiss fait revivre la délicatesse des lignes, vives et drôles, de La promesse de l’aube, le roman quasi autobiographique de Romain Gary. Évidemment, les presque 380 pages de l’édition de Gallimard parue en 1960, ne sont pas toutes livrées sur scène. Stéphane Freiss a choisi d’évoquer rapidement les jeunes années polonaises de Romain Gary, né en Lituanie en 1914, puis de s’attacher à son adolescence lors de ces années niçoises (dès 1928) alors que sa mère était gérante de l'Hôtel-Pension Mermonts, jusqu’à son départ à la guerre. Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, LETTRES, ONDES & IMAGES, SCENES 0 commentaire Tweet Imprimer -
Saül au Théâtre du Châtelet jusqu'au 31 janvier
La plupart du temps consacré à des thèmes religieux, un oratorio n’existe que par la musique. Une musique aussi pure soit-elle qui ne s’encombre ni de mise en scène, ni de costume, ni de décor, ni d’aucun autre support scénique qui pourrait détourner l’œuvre lyrique de sa fonction première : l'écoute. Cette austérité se voit bousculer par nos artistes contemporains dont le metteur en scène australien Barrie Kosky, directeur artistique du Komische Oper de Berlin depuis 2012. Saül est un drame biblique inspiré du livre de Samuel, il a été composé en 1739 par Haendel sur une livret de Charles Jennens et produit la même année au King’s Theatre de Londres. Cet oratorio de Haendel, maître du genre, est à l’origine une production du Festival de Glyndebourne (2015), objet d’une création d’un esthétisme foudroyant, Saül est aujourd’hui sur la scène du Théâtre du Châtelet.
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Quatrième Biennale d’art flamenco à Chaillot, jusqu’au 13 février 2020
Depuis dix ans le flamenco est inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’Unesco, il était naturel que le Théâtre National de Chaillot, toujours à l’écoute des dialogues inter-culturels surtout s’ils conversent avec la danse contemporaine, dédie une large page au flamenco. Ainsi, ce dimanche 26 janvier, la Quatrième Biennale d’art flamenco a fait darder les rayons du soleil sévillan sur les 1 200 spectateurs de la salle Jean Vilar de Chaillot. -
L'Opposition Mitterand vs Rocard au Théâtre de l'Atelier
Le 19 octobre 1980, Michel Rocard annonce sa candidature à l'investiture du Parti socialiste pour l'élection présidentielle de 1981. Le moment est bien choisi, il a cinquante ans et des idées nouvelles plein la tête. Seulement il n’est pas seul, la course à l’échalote a commencé pour la Présidentielle de 1981. François Mitterrand, celui même qu’il a soutenu dans la campagne de 1974, l’oblige à récidiver le 8 novembre. Mitterrand a 74 ans, battu par le général de Gaulle en 1965 et en 1974 par Valéry Giscard d’Estaing, le premier secrétaire du Parti socialiste s’interdit de louper la marche vers la Présidentielle, c’est maintenant ou jamais. Mitterrand et Rocard doivent se parler. Jacques Attali, l’éminence grise de tous les instants, est à l’initiative de la rencontre. -
« La Loi des prodiges (ou la Réforme Goutard) » à La Scala
Au commencement, François de Brauer s’est filmé, lui tout seul, dans les chambres des hôtels sillonnés par les tournées, entre deux répétitions ou bien chez lui. Une succession d’inspirations, des petites saynètes improvisées comme d’autres esquissent des instants de la vie quotidienne avec un crayon et du papier, pianotent des mélodies, inventent des poèmes ou fredonnent des chansons. Puis, un personnage a fait son apparition, Rémi Goutard. Un mal aimé, un drôle de gars qui attribue à l’Art toutes les raisons de son mal être. François de Brauer tenait son histoire. Alors, il est entré en scène pour donner vie à une vingtaine de personnages. Pour cette fois, il est à Paris à La Scala. -
War Horse à La Seine Musicale, île Seguin, jusqu’au 29 décembre.
La musique, le ballet et les grands textes émeuvent, parfois terriblement : les cils se noient, les creux des joues se mordent, les mains se nouent. On tente du bout des doigts, comme pour repousser une mèche de cheveux, d’empêcher une larme de couler. La rencontre entre l’intention esthétique et une belle histoire transperce le cœur des spectateurs les plus coriaces, heureux vaincus dans un consentement muet. Hormis à l’Opéra ou au cinéma, ces émotions s’expriment sur des territoires limités car souvent il faut qu’une certaine intimité se lient entre les artistes et les spectateurs, l'exercice est difficile et rare. Sur l’immensité du plateau de La Seine Musicale, War Horse remporte ce pari, tout en délicatesse et en émotion. Créé en 2007 par le prestigieux London National Theater, War Horse a été joué à Londres puis à travers le monde réunissant plus de huit millions de spectateurs. Sur grand écran en 2011, War Horse a inspiré le film éponyme de Spielberg. A Paris, jusqu’au 29 décembre, mis en scène par Marianne Elliott et Tom Morris et présenté par Thierry Suc (TS3/Fimalac Entertainment), War Horse est LE spectacle de La Seine Musicale à ne pas manquer !
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Monsieur X, jusqu’au 20 mars au Théâtre de l’Atelier
Derrière soi, il faut laisser se renfermer la porte battante du théâtre. Tourner le dos à la foule grise, fatiguée et fulminante d’un Paris qui gronde, l’oublier un temps pour partager un instant poétique baigné d’humanité, de surréalisme et d’humour. Rencontre avec Monsieur X.Il y a d’abord ses mains, fines et aériennes, des petites ailes virevoltantes qui auraient appris à parler. Et puis, il y a ce corps tout entier, ses haussements d’épaules rigolos et étonnés, ses bras qui balayent l’air à la vitesse d’une vague, sa tête qui s’incline comme lorsqu’on se penche vers un enfant. Au cinéma, on le connaît en funambule exercé aux pitreries, puis infiniment sensible et solitaire dans Petit éloge de la nuit au théâtre, pour cette fois Pierre Richard raconte une histoire sans parole, à nouveau seul en scène.
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La Pastorale jusqu’au 19 décembre au Théâtre National de Chaillot
Quadrillé de barres métalliques, le décor graphique de la scène de Chaillot revendique une nouvelle fois toute sa contemporanéité. Ici, la danse avance, vigilante aux mouvances de l’art de la chorégraphie sans jamais ignorer la création made in France, bien au contraire. Thierry Malandain fait partie de ce formidable élan, il vient d’ailleurs d’être nommé à l’Académie des Beaux-Arts, section chorégraphique, aux côtés de Blanca Li et Angelin Prejlocaj. En 2017, le ballet Noé avait reçu le prix de la « meilleure compagnie » par l’Association professionnelle de la critique de théâtre, de musique et de danse. A cette époque La Messa di Gloria de Rossini avait guidé l’inspiration du chorégraphe, pour cette fois Beethoven est le grand inspirateur, la Symphonie n°6 en fa majeur, opus 68, dite La Pastorale, composée entre 1805 et 1808, est l’occasion de fêter le 250ème anniversaire de la naissance de l’inventeur du romantisme. Avant son retour à la Gare du Midi de Biarritz, les 28 et 29 décembre prochains, et la création mondiale à l’Opéra de Bonn le 23 décembre, La Pastorale est en avant-premières exceptionnelles à Chaillot. Les vingt-deux danseurs du Ballet de Biarritz se sont frayés un chemin, dans un Paris pollué, vrombissant et klaxonnant, pour montrer toute l’expressivité esthétique de la nature.
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Funny Girl à Marigny jusqu’au 7 mars 2020
Juste entre le chef d’œuvre absolu, la comédie musicale West Side Story, et Hair qui fera exploser les compteurs en 1967, Funny Girl voit le jour en 1964 sur scène au Winter Garden Theatre à New York, puis en 1968 au cinéma. Mixant théâtre burlesque, romance, humour et claquettes, Funny Girl plonge dans les coulisses de Broadway. -
"Une des dernières soirées de Carnaval" au Théâtre des Bouffes du Nord, et en tournée dans toute la France.
La profondeur des murs ocres du Théâtre des Bouffes du Nord transporte immédiatement à Venise, on imaginerait presque les reflets ondoyants de l’eau sur les façades des palais... Au 18ème siècle, les fêtes du Carnaval se succèdent sur plusieurs mois, entre Épiphanie et Carême, cette exubérance mondaine tente de dissimuler les conflits qui ensanglantent l’Europe. La Sérénissime qui orne les rives de la mer Adriatique lutte contre le déclin qui s’avance, ses faiblesses commerciales et politiques s’oublient derrière les masques. En 1761, Carlo Goldoni (cf. Les Jumeaux vénitiens) s’apprête à quitter Venise, Paris le réclame pour la Comédie-Italienne, il écrit une dernière pièce « Une des dernières soirées de Carnaval », une lettre d’adieu, quasi autobiographique, à la cité lacustre.
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EVITA, LE DESTIN FOU D’EVA PERÓN, AU POCHE-MONTPARNASSE
Des couches de volants dont les sud-américaines raffolent et des froufrous hollywoodiens ornent une fantastique robe blanche. Ces volutes de tulles et mousselines couvrent tout l’espace scénique autour d’un bustier fixe, carcan ostentatoire ou uniforme cérémoniel, l’apparition fantasque s’anime comme la danseuse d’une boîte à musique, une Olympia des Contes d’Hoffmann dont la mécanique rigide ne parvient pas à contenir le flot des émotions... Sebastiàn Galeota, l’artiste argentin, s’est glissé dans ce costume pour métamorphoser Eva, la jeune fille de la pampa, en Evita. -
« J’ai des doutes » de et avec François Morel à La Scala jusqu'au 5 janvier, et en tournée dans toute la France.
L’humour c’était lui, aux côtés de Desproges et Coluche, avant que les boxes numériques et paraboles ne succèdent aux antennes-râteau. A la radio aussi, le rythme particulier de sa voix était familier. Mon père finissait ses fins de phrases et ma grand-mère disait de lui qu’il était un génie. Plus tard, alors que je l’avais manqué sur scène, j’ai eu la chance de le rencontrer dans les coulisses du Théâtre Trévise. Ces quelques minutes se sont transformées en un souvenir unique, un trésor. Alors, si vous considérez qu’il est assez ordinaire de porter sa voiture en bandoulière ou de rire avec ses muscles fessiers, rendez vous à La Scala. Dans J’ai des doutes, le comédien François Morel rend un hommage formidable à Raymond Devos. -
PATRICK MILLE & FLORENT MARCHET : RELIRE ARAGON AU THEATRE DE LA GAITE MONTPARNASSE
Au Théâtre de la Gaité Montparnasse, dans une ambiance intimiste, de la poésie engagée et des textes concernés. Rares. Nous sommes ici en territoire privilégié. Patrick Mille et Florent Marchet ont créé un canevas ténu pour rattacher les mots aux notes et pour fondre et confondre les sentiments en mélodies. « Relire Aragon» - malgré la difficulté apparente de la poésie de l’intellectuel communiste le plus respecté - coule comme de l’eau parfois débordante de sentiments ou déferlante en vagues rageuses. Lien permanent Catégories : EN FAMILLE, LETTRES, ONDES & IMAGES, SCENES 0 commentaire Tweet Imprimer -
Barbara, Un jardin de Silence à La Scala
L’éclairage est savant, impossible de ne pas penser aux scènes sur lesquelles Barbara a régné, de l’Olympia au Théâtre du Châtelet. Une marque indélébile. Le plateau, chaleureux et baroque, est couvert de bouquets de fleurs. L’univers créé par Thomas Jolly est magique, l’atmosphère est d'une intimité troublante. On sent bien que le moment va être exceptionnel.Ce sont des apparitions fugaces, son allure, les accents de sa voix, Barbara chante et laisse s’échapper quelques confidences. Dissimulée derrière ses lunettes noires, celle qui rêvait d’être pianiste a une prédilection pour la chanson populaire, notamment celle des années 30. La reprise de "Elle vendait des p'tits gâteaux" de Vincent Scotto par L. est un instant formidable ! Puis la chanteuse devient auteur-compositrice, elle évoque surtout les méandres de l’âme et de l’amour.
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"Je m’appelle Erik Satie comme tout le monde » au Théâtre de La Contrescarpe
Il y a d’abord deux interprètes. Anaïs Yazit est une tragédienne géniale et un clown adorable, et l’inventif Elliot Jenicot dont les possibilités d’interprétation semblent infinies. Le compositeur Erik Satie hante les lieux et va jusqu'à prendre possession d'Elliot Jenicot. Entre extravagance et intériorité, le voyage est mouvementé et passionnant.