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ce qui est remarquable...un regard sur la culture pop - Page 5

  • TranscenDanses présente « Up and down » par le Ballet Eifman de Saint-Pétersbourg au Théâtre des Champs-Elysées jusqu’au 11 février

    boris eifman,théâtre des champs-elysées,up and down,ballet de saint-pétersbourgUn Russe à Paris

    Depuis près de vingt ans, les américains sont fous d’Eifman, en 2004, le New York City Ballet lui commande une œuvre en hommage à Balanchine : «Musagète».  Comme un écho à ce rêve américain, à Paris, le « Up and down » de Boris Eifman est une fresque scintillante, et aussi un drame exacerbé par un romantisme dont la culture Russe n’est pas si éloignée…
    En 2013, Boris Eifman racontait déjà une histoire, celle de «Rodin et son Eternelle Idole», c’était au Théâtre des Champs-Elysées. Ces jours-ci, et entre ces mêmes murs, le chorégraphe Russe propose une adaptation libre du chef-d’oeuvre de l’auteur américain F. Scott Fitzgerald « Tendre est la nuit » (1934).

    Le ballet contemporain russe à la sauce américaine

    Très proche, le maître du ballet contemporain russe (et au delà), Vaslav Ninjinsky, veille, son souffle chorégraphique habite les lieux, certains déhanchements se font de côté et les bras forment des angles géométriques. Puis, la théâtralité chère à Boris Eifman fait son œuvre et ajoute des notes véloces et harmonieuses. Merveilleux danseurs, ils sont beaux, élancés, ils prennent possession du plateau comme des mannequins sur un podium. Ils s’élancent et s’envolent, les danseuses, majestueuses, allongent des bras-ailes-de-cygnes infinis si particuliers à l’école russe. Là, où la technique est maîtresse, des instants tourmentés - l’inceste, la folie, l’amour - laissent place à la joie de vivre des années folles : ce sont les cabarets et ses nuits de danse et de musique, la magie d’Hollywood qui prend forme par une scène très inventive et drôle, et la liberté affichée des corps qui s'ébrouent dans un ballet en maillots de bain d’époque, coloré et amusant, et, réglé au cordeau façon Balanchine.

    Gershwin, dont la famille était originaire de Saint-Pétersbourg…

    Dans cette grande liberté de ton, Boris Eifman n’est jamais avare de mouvements, il y a tant à danser, dans une succession de tableaux courts, le chorégraphe se veut metteur en scène, entre comédie musicale et théâtre dramatique. La danse ne s’arrête jamais, sauf lors des changements de tableaux dont les flottements mériteraient quelques attentions scéniques. Entièrement voués à leur discipline, une course effrénée s’engage entre les danseurs, même lorsque le propos est tragique, l’émotion n’a pas de temps ou pas assez de place pour s’exprimer. Dommage.
    Le patchwork musical de « Up and down » laisse perplexe. Mêlé de compositions de George Gershwin et d’Alban Berg, il y a une cohérence, l’époque réunit les génies (et puis ils étaient amis), seulement les partitions de Schubert ou de Chopin rendent à épaissir un peu trop la sauce, dosée à la louche, c’est un medley de tubes plutôt qu’une véritable intention artistique. 

    Ce soir de première au Théâtre des Champs-Elysées, la salle est comble, les danseurs et Eifman multiplient les saluts encouragés par la chaleur des applaudissements... Néo-classique et extrêmement narrative, la danse d’Eifman est un genre à part, «Up and down» est assurément un spectacle de grand divertissement rendu intense par l’excellence des Etoiles et du Corps de Ballet de Saint-Pétersbourg. 

    Laurence Caron-Spokojny

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  • "Les amoureux de Marivaux" sont au Théâtre Poche-Montparnasse, dans une mise en scène de Shirley et Dino

    « Les amoureux de Marivaux » soupirent entre les murs du Théâtre Poche Montparnasse jusqu’au 14 mars. Les troubles de l’amour, si habilement piégés par la plume de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux, se dévoilent ici sous la forme d’un conte fantasque, d’un cabaret burlesque ou bien encore d’une revue déjantée, c’est comme il vous plaira, tant que vous vous amusez !

    Quatre comédiens se partagent une quinzaine de rôles, entre saynètes légères, esquisses baroques et intermèdes musicaux, l’intention artistique est étonnante, surprenante même. Mais la qualité de jeu des interprètes, l’originalité du ton et l’énergie déployée par ces « Mauvais Elèves » conquièrent le public, il y a comme un exercice de séduction, quelque chose se passe… Du charme, Bérénice Coudy et Elisa Benizio, les deux interprètes féminines, n’en manquent pas, le regard acier un peu étrange de Bérénice Coudy perce le rayon du projecteur, pendant qu’Elisa Benizio, clown et dramaturge sans limite, fait preuve d’un répertoire incroyablement vaste, de l’éberluée excentrique à la séductrice impitoyable, rien ne semble impressionner la jeune comédienne. Dans la même veine, Valérian Behar-Bonnet fait notamment une adroite démonstration de mime tandis que Guillaume LOUBLIER multiplie les facéties.

    La mise en scène appliquée, sans en avoir l’air, est signée Shirley et Dino, le couple infernal saupoudre l’instant magique par des chansons françaises choisies et faire vibrer le plateau sombre par des chorégraphies originales d’un genre indéfinissable...

    Voilà de quoi s’amuser tout en restant intelligent (nous sommes au Poche Montparnasse…), et plus encore : de quoi rire de bon cœur ! « Les Mauvais Elèves » sont de remarquables pitres qui servent un texte à regoûter avec gourmandise. C’est à 19h et c’est jusqu’au 14 mars. Réservez, les grands-parents et les enfants sont les bienvenus.

    Laurence Caron-Spokojny 

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  • Compagnie Nationale de Danse d'Espagne, José Martinez, au Théâtre de Champs Elysées, jusqu'au 29 janvier

    AFFICHE JOSE MARTINEZ CND.jpgIl y a des Hommes dont le rôle est de résoudre les problèmes d’équilibre de notre univers... José Martinez en fait partie. 
    A seize ans, il quitte l’Espagne pour la France, parce que son pays ne lui offre pas la possibilité d’épanouir son art, il ne tarde pas à rejoindre les Etoiles de l’Opéra de Paris et se fait remarquer aussi pour ses créations chorégraphiques. En 2011, « l’âge de la retraite », sonné par les codes établis de l’Opéra de Paris, permet à l’Etoile de changer de galaxie, il prend la direction de la Compagnie Nationale de Danse d’Espagne. La compagnie espagnole bat de l’aile, faire exister l’art dans un pays en crise est une lutte sans merci. La tâche s’avère plus que difficile mais c’est sans compter sur la passion et le talent de José Martinez.

     

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  • Contact, compagnie DCA, Philippe Decouflé au Théâtre National de Chaillot jusqu'au 6 février

    contact6.jpgLa grande maison de la danse contemporaine, le Théâtre National de Chaillot, invite à prendre «CONTACT» avec la compagnie DCA de Philippe Decouflé.

    Il a été dit qu’il s’agissait d’une comédie musicale, d’un genre un peu hybride... pas tout à fait ; voici plutôt un "spectacle dans le spectacle", un show dingue, un cabaret sauvage, drôle, étonnant, touchant : le contact est établi.

    De la très belle danse mais aussi du théâtre, du cirque, de la musique, des costumes...
    Sur un fond de décor années 20, Broadway ouvre ses portes par une pantomime de claquettes, puis Faust soigne une entrée magistrale, sur ses talons Marguerite soupire. Aussitôt, ils sont rejoints par un danseur, ou plutôt une chanteuse, peu importe, un artiste donc, qui entame un numéro bientôt interrompu par un élan dramaturgique venu d’ailleurs, peut-être d’Absurdie ? Voici le tour d’un illusionniste coquin, ensuite une acrobate glisse le long d’une corde, une seconde s’y enroule, juste avant une danseuse a disparu dans une boîte, un ange passe,... Et Pina Bausch veille, souvent lorsqu’il est question de danse contemporaine, inspiratrice ou initiatrice, la grande prêtresse ne se fait jamais oublier. Ainsi, Philippe Decouflé arrête un regard bienveillant sur le mythique «Kontakthof» (1981-Festival d’Avignon), l’hommage est chorégraphique et magnifique, autant pour la rime que pour le sens.
    La musique occupe l'espace, et, pour la dompter, Pierre Le Bourgeois fait résonner le son abyssal et savamment maîtrisé de son violoncelle, il est en duo avec Labyala Nosfell, chef d’orchestre habité ou pop-star déjantée, un peu punk, un peu pop, un peu rock, ou tout à la fois, sombre et félin, grave ou aigue, le chanteur est archi présent.

    contact1.jpg

    L'oeuvre révèle l'artiste, puis l'homme...
    Manifestement, la théâtralité donne le ton, le vocabulaire est multiple et infini, le propos n’a finalement pas une grande importance tant le show est fantasque. Encore une fois, Decouflé soulève les pans du lourd rideau des préjugés pour nous laisser entrevoir la vérité ; une sorte d’envers du décor, et pas celui de n’importe quel spectacle : il y a des  messages envoyés, des influences dévoilées et des passions avouées, en somme voici la «Comédie Humaine» de Philippe Decouflé.

    Fédérateur, et d'une élégance intemporelle, l’univers circassien enveloppe l’atmosphère dans un esthétisme joyeux, même si parfois le questionnement est existentiel. Chanteurs, danseurs, comédiens, acrobates, ils sont tous merveilleux, les rôles s’échangent, se confondent, les interprètes en oublient certainement eux-mêmes leurs disciplines premières. Petit, grand, femme, homme, noir, blanc, et même une émouvante femme enceinte, tous réunis, tous artistes, déterminés à démontrer, le temps d’un spectacle, que les différences peuvent former la plus parfaite des harmonies : ainsi, cela est donc possible !
    Sans aucun doute, Decouflé est à la Danse ce que Fellini est au Cinéma.

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Le Revizor au Théâtre du Lucernaire jusqu'au 25 janvier

    Dans une province éloignée de la Russie, un jeune aristocrate oisif est confondu avec un Inspecteur Général de Saint-Pétersbourg, un Revizor. Le Gouverneur véreux, et, ses notables locaux, tentent de lui dissimuler la gestion pervertie de la ville, ils vont corrompre l'inconnu pour attirer ses faveurs...

    lucernaire,gogol,prosper mérimée,le revizor,Ronan Rivière,Aymeline Alix,Michaël Cohen,Jérôme Rodriguez,Christelle Saez, Jean-Benoît Terral,Louis Thelier,Léon BaillyParue en 1836, le Revizor est une pièce de Nicolas Gogol. L’auteur Russe dénonce les travers d’une administration gangrénée avec un humour très corrosif. Le talent de l’auteur comique n’épargne rien, ni personne, son adresse littéraire est telle qu’il parvient à donner un caractère universel à la farce, sa critique de l’Empire tsariste peut tout à fait s’appliquer à toutes sortes de gouvernements et dans d'autres temps…et, cette juste insolence fait du bien à l’âme !
    Pour servir cette œuvre théâtrale remarquable, une équipe de comédiens débordant d’enthousiasme, et de plaisir à jouer, se partage les rôles : Michaël Cohen, Ronan Rivière, Jérôme Rodriguez, Christelle Saez, Jean-Benoît Terral, Louis Thelier et Léon Bailly au piano. Ils sont terriblement doués, ils développent des tempéraments bien trempés et proposent une palette de jeux extrêmement riche. Selon les codes du théâtre classique, pour lesquelles l’articulation, le phrasé et les déplacements sont en tout points respectés, les comédiens proposent une interprétation moderne, comme cela est souhaitable lorsqu’il s’agit des grands auteurs. Ronan Rivière et Aymeline Alix sont, de très jeunes et très habiles, metteurs et scènes et leur adaptation scénique est astucieuse ; le texte, dont la traduction est de Prosper Mérimée, prend forme dans toutes ses dimensions et se fond dans un très beau mouvement servit par un décor flottant et glissant, aux limites du Théâtre de l’Absurde, un délice.

    Bref, comme à son accoutumée le Théâtre du Lucernaire, outre ses choix exigeants d’auteurs, et souvent "engagés",  fait la part belle aux comédiens et aux comédiennes ; ici, la dramaturgie prend ses aises en un épanouissement heureux partagé à la fois par les artistes et le public.
    Commencée en 2014 lors du Festival off d’Avignon, la pièce se joue jusqu’au 25 janvier 2015 au Lucernaire, cette belle production mérite de se prolonger bien au delà, ici ou ailleurs.

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Les Cahiers de Nijinski au Théâtre de l'Ouest Parisien de Boulogne-Billancourt

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    En 1918, Vaslav Nijinski n’a pas trente ans lorsqu’il commence la rédaction de ces cahiers. Durant six semaines, il écrit sur la vie, la mort, les sentiments, Diaghilev, la douleur, Dieu, la danse, à en perdre la raison. Celui qui maîtrisait à la perfection cet art de l’équilibre propre aux plus grands danseurs, celui qui émerveillait le public par des sauts d’une grâce et d’une puissance jamais vues, vacille irrémédiablement, bascule comme à l’intérieur de lui-même...

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  • Le monde enchanté de Muriel Robin...

    muriel robin,théâtre du châtelet,tsoin tsoinIl y a des artistes dont les ondes, les images et les écrits s’emparent et ne se séparent pas. Les médias français et le système artistique fonctionnent ainsi : on aime passionnément, on utilise frénétiquement et on use avec acharnement. C’est comme ça, lorsqu’un artiste plaît, il est partout ; et même, lorsqu’il disparaît de la scène pendant des années, le sentiment de le voir et de l’entendre demeure.

    Muriel Robin est de cette trempe, son absence de la scène pendant 8 années est passée à la vitesse de l’éclair. Théâtre, cinéma, télévision, la comédienne était bien là, finalement  seul le « one-woman show » avait été mis de côté. Puis en 2013, elle triomphe, à nouveau seule en scène, dans « Muriel Robin revient…Tsoin Tsoin » jusqu’en 2014, et enfin pour la dernière, ce lundi 22 décembre au Théâtre du Châtelet…

    Rockstar, Muriel Robin en a l’allure et le charisme, c’est d’ailleurs de la musique qu’elle aurait aimé faire. Selon les règles de l’art dramatique, soit en mesure et en rythme, la comédienne s’abandonne à son public façon stand-up. Après le Palais des Sports, ce soir là sur l’immense scène du Théâtre du Châtelet, elle avance avec l’assurance d’une diva, la tragédienne est plutôt verdienne que wagnérienne, le drame se raconte sur le ton du divertissement. Avec un débit de paroles incroyable, elle transforme le marché de Montbrison en parc d’attraction, le magasin de chaussures de ses parents en caverne d’Ali Baba, la boîte à outils de son père en coffre à trésors, et, ses personnages sont autant d’elfes et de fées plus ou moins bienveillants. Pourtant le monde de Muriel Robin ne semble pas avoir été si merveilleux, pour l’interpréter, Muriel Robin plante un décor coloré et changeant, infiniment vivant. Avec un sens de l’observation attentif, sans concession, mais avec une énorme tendresse qu’elle grime avec la précision et la vivacité d’un clown, elle vise et tire,  toujours juste. Elle balaye toutes les octaves de l’émotion avec cet air détaché, un air de rien, une sorte de distance, une élégante pudeur, qui ne laisse pas dupe. Et ainsi, la simplicité d’une anecdote se transforme en phrase héroïque : Muriel Robin a le talent pour décaper le vernis superficiel des choses afin de leur rendre leur lustre universel, pour le plus simple et le plus grave, pour le meilleur et toujours pour le rire.

    Voilà pourquoi, Muriel Robin ne peut disparaître à aucun instant du paysage. Pour ce spectacle, l’artiste parle d’elle et de ses rencontres, de son enfance, de son entrée dans le monde du show business, des choses terriblement sincères sont dites. Ces kilomètres de mots savamment entrelacés révèlent une humanité profonde, qui s’avère nécessaire, indispensable. Seuls, ces rares artistes ont aujourd’hui la possibilité de nous garder en éveil et nous les en remercions. Ce soir là, à la fin du spectacle, le public a fredonné une chanson de Patrick Bruel « j' te l' dis quand même » à l’attention de Muriel Robin, une sorte de déclaration d’amour...

    Laurence Caron-Spokojny

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  • « Trois hommes dans un bateau…sans parler du chien » au Théâtre Edgar

    trois homes dans un bateau,luq hamett,jérôme k.jérômesorën prevost,philippe lelièvre,pascal vincent,les robins des bois,théâtre edgarSur la Tamise, George, Harris, Jérôme et le chien Montmorency sont dans un bateau, ils entament un voyage initiatique et thérapeutique…

     
    «Trois hommes dans un bateau,… sans parler du chien», le roman humoristique de l’auteur anglais, Jérôme K.Jérôme, publié en France en 1894, est aujourd’hui adapté au Théâtre Edgar selon une mise en scène d'Erling Prévost.

    Philippe Lelièvre, Pascal Vincent et Sorën Prévost ne sont pas là par hasard, ils se sont rencontrés sur les bancs de la chaîne Comédie. C’était il y a près de quinze ans, Philippe Lelièvre s’illustrait en maître de l’improvisation, Sorën Prévost était le «Concierge» et autre speakeur déjanté de La Grosse Emission, et, Pascal Vincent, auteur reconnu du « fussoir », était un des acolytes de LA, désormais culte, troupe des Robins des Bois. Déjà, à cette époque, "l’absurde" réunissait ces comédiens totalement résolus à décaler l’expérience, ou la situation, du propos. Depuis, ces artistes tracent leur carrière, théâtre, cinéma, télévision et pub, il n’y a pas un domaine qui n’échappe à leur talent d’interprétation et à leur créativité.

    « Alors que je cherche à guérir la folie des autres je dois moi-même être fou » Thomas More.
    Et c'est une folie, douce et littéraire, que c'est trois personnages excentriques développent dans un univers so british rythmé par des attitudes pince-sans-rire et un art du nonsense délicieux. Philippe Lelièvre, entre exacte diction et élégance scénique, est un comédien solide dont le répertoire s’avère toujours aussi vaste ; Sorën Prévost débride un jeu, attentif aux autres, sans cesse en quête d’inventions, tandis que Pascal Vincent revêt son habit, candide et badin, de Pierrot de la Commedia dell’Arte, qui lui sied si bien.

    L’humour anglais est à traiter avec une grande précision, que les comédiens se doivent de régler de façon quasi horlogère. Il s’agit d’un exercice de haute voltige, les comédiens s’accaparent le charme du genre, marquent les accents poétiques et parfois hypocrites du propos, et affichent naïveté, assurance ou ironie, en balayant très habilement le registre de la «politesse du désespoir».

    «Trois hommes dans un bateau…sans parler du chien» commence tout juste ses premières représentations, dans le bleu fraîchement repeint de la nouvelle salle du Théâtre Edgar, une semaine à 19h, et la suivante à 21h. Il est certain que la vie de ce spectacle sera longue, très longue, ce concentré de talents est puissant, les murs du Théâtre Edgar ne sauront le contenir très longtemps !  

    A voir et à suivre avec la plus grande attention...

     Laurence Caron-Spokojny

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  • The Bar at Buena Vista Social Club, The legends of Cuba au Palais des Congrés de Paris, jusqu'au 6 décembre.

    siomara avilla valdes,eliades ochoan,ibrahim ferrer,omara portuondo,compay segundo,ruben gonzales,descarga,julio alberto fernandez,toby gough,reynaldo creagh,the bar at buena vista,guillermo rubalcaba gonzales,elpidio chappottin delgado,luis mariano valiente,palais des congrés,eric turro martinezPendant les années 30, 40 ou 50, ils étaient des enfants, de grands enfants, flirtant et dansant dans les bars, et surtout célébrant la musique à chaque coin de La Havane. Au Buena Vista Social Club, ils se réunissaient tous, c’était « the place to be ». Ils étaient danseurs, musiciens  et chanteurs, et les riches américains se pressaient aux portes de la boîte de nuit pour les écouter, les admirer, et, tenter de les copier. En 1959, la révolution cubaine mit un terme à la fiesta latina, le Buena Vista Social Club ferma ses portes.

    Quarante ans plus tard, un enregistrement réunissant The legends of Cuba de ces années là fût produit puis il s'enchaîna une suite de concert au Carnegie Hall de New-York : un triomphe ! Désigné par le magazine Rolling Stone comme l’un des 500 plus grands albums de tous les temps, cet enregistrement mythique laissa ensuite s’échapper Eliades Ochoan, Ibrahim Ferrer, Omara Portuondo, Compay Segundo et Ruben Gonzales afin qu’ils enregistrent en solo leurs propres albums.

    siomara avilla valdes,eliades ochoan,ibrahim ferrer,omara portuondo,compay segundo,ruben gonzales,descarga,julio alberto fernandez,toby gough,reynaldo creagh,the bar at buena vista,guillermo rubalcaba gonzales,elpidio chappottin delgado,luis mariano valiente,palais des congrés,eric turro martinezL'histoire ne s'arrête pas là. Toby Gough, producteur de spectacle, un amoureux de Cuba, rencontre, le barman du Social Club, Artura Lucas : "Arturo Lucas a servi des Mojitos à Marylin Monroe, des Cuba Libre à Marlon Brando et aidé Ernest Hemingway a retrouver le chemin de sa maison après une soirée trop arrosée. " Au début des années 2000, l’idée de THE BAR AT BUENA VISTA est née. Il s’agit de redonner vie au bar le plus culte de la Havane, sur scène, entouré de témoins et artistes de cette époque et aussi par de plus jeunes fortement inspirés par leurs aînés.

    La « descarga », genre de bœuf musical à la cubaine, bat son plein sur la scène du Palais des Congrès. Purement vintage, des artistes étonnants se succèdent, des musiciens au rythme endiablé, et des danseurs aux reins cambrés, les accompagnent. Siomara Avilla Valdes, Julio Alberto Fernandez, Reynaldo Creagh, Guillermo Rubalcaba Gonzales, Elpidio Chappottin Delgado, Luis Mariano Valiente, Eric Turro Martinez,… le nombre des années n’abîme pas le talent, ces artistes nous le prouvent. L’aspect patiné, un rien «figé dans le temps», a son charme, cette production crée de l'émotion, et les quelques hésitations palpables de la part des artistes raisonnent comme d'authentiques refrains.

    « Ambiance boisée et cuivrée. Vous entrez dans un bar de La Havane, l’un de ces endroits légendaires des Social clubs qui ont vu passer les Compay Segundo ou autre Ibrahim Ferrer.
    Dehors, des enfants jouent au baseball dans la poussière, entre deux vieilles voitures américaines rose et bleu. Accoudé au comptoir, on croirait apercevoir le fantôme d’Hemingway se servant un autre daiquiri.
    Le mythe redevient réalité : devant vous, le bassin d’une danseuse chaloupe sur «Chan Chan». La musique et la danse prennent corps avec les dix-sept artistes au sommet de leur histoire pour revisiter les grandes heures du Buena Vista en direct. Dans l’odeur du vieux bois patiné et d’un rhum hors d’âge, une figure fend les volutes d’un cigare. »

    Les spectateurs tentent de faire chalouper leurs fauteuils sur le rythme des congas, certains se lèvent incapables de résister, d’autres interpellent les chanteurs pendant que de plus téméraires sont invités à entamer quelques pas sur la scène du Palais des Congrés. Il semble que les fans du genre atteignent des sommets de plénitude, la joie de vivre est communicative. Pourtant la nostalgie qui enveloppe la scène, comme les volutes de fumée des cigares, ne suffit pas à convaincre, il manque quelque chose... Par exemple, le public pourrait lui aussi partager avec ces artistes un de ces rhums ambrés ou Mojitos parfumés dont Cuba a le secret ! 

    Laurence Caron-Spokojny

     

    7 décembre à l’Amphi 3000 de Lyon ; 9 décembre au Silo de Marseille  ; 10 décembre au Zénith de Montpellier 

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  • « La danse du diable » de Philippe Caubère : l'art diabolique !

    philippe caubère,maurice béjart,jean babilée,théâtre de l'athénée,la danse du diablePhilippe Caubère est un comédien hors normes…n’est-ce pas ce qui est souhaitable pour un artiste ? Concentré, sensible et grandiloquent, le comédien est absorbé par le cheminement de l’histoire qu’il raconte, et par le souffle qu’il déchaîne pour donner vie à chacun de ses personnages, tant et si bien que parfois, il semble oublier un peu son public… La salle du Théâtre de l’Athénée est comble, un public déjà conquis s'abandonne à son idole. Philippe Caubère articule un show diabolique, le spectacle porte terriblement bien son titre « La danse du diable ».

    Le comédien est seul en scène, fantasque et inconséquent, il s’exhibe, il bouscule, il s’offre totalement. Il étend ses bras et franchit d'un pas la scène, il embrasse et embrase l’espace ; s’il le pouvait, il viendrait bouffer l’oxygène de la salle dans son entier et pourquoi pas le public par la même occasion !
    Vorace, il est un monstre, indomptable, inépuisable, un animal sauvage au jeu de scène sophistiqué, à aucun moment il ne lâche son auditoire, il est partout, même lorsqu’il échange un accessoire ou un costume, il ne quitte pas les planches. En une esquisse finement griffée, il rattrape l’attention qui parfois tente de s’égarer lors de ces plus de trois heures de spectacles... C'est un débordement génial, trop de mots, trop de gestes, trop d’émotions, trop de rires, trop d’étonnements, et trop, bien trop long... 

    philippe caubère,maurice béjart,jean babilée,théâtre de l'athénée,la danse du diableMarathonien du drame et de la drôlerie, il avance, force monumentale, sorte de bulldozer littéraire, il dessine sans retenue un langage recherché composé de fines observations, d'une prose existentielle, d'un militantisme idéologique, de la poésie de l’enfance ou de profondeurs abyssales ponctuées de quelques superficialités inattendues.
    Philippe Caubère est Le Molière d’Ariane Mouchkine, le plus bouleversant, celui qui restera à jamais inégalé, il est aussi un metteur en scène et un très grand auteur. Résolument engagé dans ses actes et choix artistiques, il est autant contestataire que provocateur s’il juge la cause nécessaire.

    Depuis plus de trente ans « La danse du diable » rebondit entre cour et jardin, inonde les parterres de spectateurs enthousiastes ; au fil des improvisations du comédien, la matière brute se lisse ou s’effrite, s’affine ou s’épaissie. La scène est toujours trop étroite pour Caubère, le public n'est jamais assez nombreux, à l’image d’un Johnny Halliday pour qui il dessine des instants cultes : offrons-lui un stade ! Il est un immense comédien, sa technique de jeu irréprochable le maintient dans une certaine mesure (heureusement), il s’emporte, il ne s’arrête jamais, il a tant de choses à dire, tant de choses à montrer, et puis il est tellement libre !
    Le monde est trop petit pour Philippe Caubère et peut-être que le temps l’est aussi : le comédien dédie cette « Danse du diable » à Jean Babilée qui interpréta « Le Jeune Homme et la mort » (Maurice Béjart) plus de 200 fois, il créa ce ballet à 20 ans et il le dansa encore à plus de 60 ans…

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Les enfants du paradis du Théâtre du Châtelet : Les Chœurs d'Enfants Sotto Voce

    Les soirées du Théâtre du Châtelet appartiennent aux artistes les plus prestigieux, chanteurs, danseurs, musiciens, comédiens, décorateurs et metteurs en scène du monde entier. La solide programmation de son directeur, Jean-Luc Choplin, offre au public ce qu’il y a de mieux en matière d’art vivant, qu’il soit chantant, théâtral, dansant, musical ou plastique. Ce sont donc des soirées parisiennes très occupées, mais aussi des journées pendant lesquelles les artistes, les techniciens et l'administration du théâtre unissent leurs efforts pour faire naître la magie, mais pas seulement…

    le choeur d'enfants sotto voce,scott alan prouty,richard davis,mathieu septier,caroline mengevandra martins,charlotte nessiAu foyer Nijinsky, tout en haut du Théâtre du Châtelet, au paradis, on entend chanter des enfants. Scott Alan Prouty est un autre 'Américain à Paris', avec la complicité du compositeur Marc-Olivier Dupinil rassemble de jeunes chanteurs âgés de 10 à 18 ans pour former Les Chœurs d'Enfants Sotto Voce
    En résidence au Théâtre du Châtelet, ils sont là, les mercredis et les samedis, parfois plus souvent. Les jeunes artistes apprennent aussi à danser auprès d’une chorégraphe, Evandra Martins, la voix et le mouvement sont intimement liés, et déjà les enfants occupent l’espace scénique avec une assurance digne des professionnels de Broadway. Choisis sur audition, ces personnalités toutes neuves ont la voix des anges, et, pour la plupart ils développent une spécialité artistique autre, nombreux sont ceux qui s’échappent, à la fin d’une répétition, pour aller suivre des cours dans les conservatoires de musique, de danse ou d’art dramatique. 

    Avec le Chœur Préparatoire (7-10 ans) et le Chœur des jeunes (15-20 ans), ils sont plus d’une centaine d’enfants à s'emparer, pour chacune de leurs productions, d’un répertoire extrêmement vaste : le répertoire classique, de la variété française, du jazz ou bien des standards de comédies musicales. Les programmes des concerts sont tous interprétés avec une haute technicité vocale et un même degré d’exigence. 
    Depuis 1992, dans de grands théâtres nationaux, des studios d’enregistrement, des églises, des studios de doublages ou des stades, en France ou à l’étranger, le professionnalisme des Chœurs Sotto Voce lui permet d’être sollicité pour d’importantes productions, au Châtelet : Boris Godounov, Carmen, The Sound of Music, Carousel…, ou bien encore de créer ses propres comédies musicales : Transports Express, Swing ! Swing !, Polar et compagnie,... Longtemps en résidence à l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille avec l’Ensemble Justiniana, les artistes se sont produits notamment dans Brundibar, Oliver, Miniwanka, La petite Renarde rusée, sous la direction de Charlotte Nessi. 

    L’expérience Sotto Voce est tout à fait unique en son genre pour ses artistes autant que pour son public. Ces jeunes pousses ne sont pas des «apprentis», ils sont déjà des artistes ; le talent sensible de Scott Alan Prouty est de savoir distinguer ce qu’il y a de meilleur en chacun d’eux, le maestro indique une direction selon laquelle la «discipline» artistique est une source d’accomplissement et non pas de contrainte.


    Film réalisé par Anaïs Gonzalez - 2014

    Scott Alan Prouty, formé à l’Eastman School of Music de New York et aux techniques du piano, du chant et du théâtre, est entouré d’une petite équipe : Richard Davis, Mathieu Septier et Caroline Meng. La théorie, la technique et l’intention artistique sont prodiguées afin de sublimer les voix des enfants de la façon la plus naturelle qui soit : ce ne sont pas des voix fabriquées, tirées, imitées, appuyées, épuisées, seulement des voix infiniment vivantes. De façon très ludique mais très sérieuse, le maestro permet à chacun des enfants d’aller puiser au fin fond de son imaginaire et de ses envies pour exprimer un langage artistique coloré et d’une rare qualité. De ses yeux bleus rieurs, Scott Alan Prouty convainc son jeune auditoire, les enfants sont attentifs, passionnés et extrêmement volontaires. L’épanouissement artistique de ces enfants est total, ils adorent « les répétitions avec Scott ».

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    Laurence Caron-Spokojny

    Quelques dates à noter :

    Samedi 13 décembre 2014 : Concert de Noël à l’Église Américaine de Paris .

    Vendredi 19 décembre 2014 : Transports Express au Théâtre André-Malraux de Rueil-Malmaison .

    Samedi 17 janvier 2015 : Transports Express à la Maison des Arts de Créteil .

    Dimanche 1er février 2015 : concert De Bizet à Trénet au Théâtre du Châtelet .

    Janvier/Février 2015 : Concert humanitaire « Music’O Seniors ».

    Dimanche 8 mars 2015 : Concert de Printemps au Conservatoire de Créteil. 

    Samedi 28 mars 2015 : Concert à l’Eglise Américaine de Paris. 

    Vendredi 17 avril 2015 : Soirée Jeune Public au Théâtre du Châtelet, La Comédie Musicale fait son Cinéma.

    Dimanche 14 juin 2015 à 11h : Voyage en Amérique au Théâtre du Châtelet.

    Juin 2015 : Concert/Spectacle à la Mairie du XVIIème à Paris, et Salle Jean Cocteau de Créteil.

     Les Chœurs d’Enfants Sotto Voce sont à suivre sur la page facebook  

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  • La leçon américaine : "Un Américain à Paris" au Théâtre du Châtelet

    un américain à paris,van kaplan,stuart oken,théâtre du châtelet,jean-luc choplin,leanne cope,robert fairchild,gene kelly,leslie caron,veanne cox,jill paice,brandi uranowitz,max von essen"Un Américain à Paris", produit par Arthur Freed et réalisé par Vincente Minnelli, fut montré pour la première fois à Londres en 1951 ; un an plus tard, orné de six Oscars, le film avec Gene Kelly, Leslie Caron, Oscar Levant et Georges Guétary est sur les grands écrans en France.

    En 2014, Jean-Luc Choplin, le directeur du Théâtre du Châtelet, et les producteurs de Broadway, Van Kaplan et Stuart Oken, proposent la comédie musicale sur scène,
    pour la première fois au monde.

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  • Kinship au Théâtre de Paris : Vittoria Scognamiglio, Isabelle Adjani et Niels Schneider

    franck joucla castillo,barnabé nuytten,dominique bruguière,dominique borg,théâtre de paris,vittoria scognamiglio,isabelle adjani,niels schneiderLe Théâtre de Paris, comme le Théâtre Hébertot et « Les cartes du Pouvoir », est à l’heure américaine avec un autre auteur contemporain : Carey Perloff. "Kinship" conte l'histoire d’un amour brisé, librement inspirée par le Phèdre de Racine.
    Comme hachés au couteau, les tableaux de Kinship s’enchaînent sur un rythme qui avale le temps, 1h40 sans entracte. L’ambiance est dépouillée, l'espace est réservé aux sentiments. Trois comédiens : Niels Schneider est un très juste et très passionné jeune premier, Vittoria Scognamiglio est une mère et amie, émouvante et sincère, et Isabelle Adjani est la femme amoureuse, et elle est… Elle est Isabelle Adjani.

    Le portrait de la star, une photographie en noir et blanc, descend des cintres, comme s’il était utile de nous rappeler sa beauté ? Il y a un arrière goût de Dorian Gray dont nous nous serions bien passés, puisqu’elle paraît là, en chair et en os, tout entière livrée à son désir de jouer.
    Un silence lourd se fait dans la salle, la lumière enflamme le visage de la comédienne, elle plonge le bleu de ses yeux dans les projecteurs et la vie, ou plutôt la pièce, commence. D’abord timide, la diction est hésitante, les mots se précipitent comme des enfants pressés vers la sortie devant le portail de l’école. Puis, rassurée, certainement par les qualités de jeux de ses deux compagnons de scène, faisant fi d’un public qui ausculte chacun de ses gestes, exhibant l’élégance de ses costumes et sacs à main, le personnage prend de l’assurance et s’empare de la comédienne ou plutôt l’inverse. Peu à peu, la comédienne dévoile un personnage complexe, elle dépasse le texte de très haut, à tel point que l’on souhaiterait l’écrit, de Carey Perloff, plus profond, plus introspectif...

    La frange sombre qui balaye son front ne parvient plus à cacher ses pensées, les amples costumes de soie ne dissimulent plus son corps, elle s'échappe, elle se libère par le jeu, l’enveloppe terrestre n’est plus, elle invente, elle joue, elle crée. En fait, elle est Phèdre, que ce soit pour cette pièce sous les traits de la rédactrice en chef d’un magazine américain, ou bien de Marie Stuart, de la reine Margot, de Camille Claudel ou encore d’un professeur de français dans un Collège de banlieue ("La journée de la Jupe" de Jean-Paul Lilienfeld en 2009). L’interprétation de son personnage est fondue par une technique irréprochable et par un sens très précis du texte. La voix est belle, modulée, vibrante, le geste l’accompagne. Précision. Rien d’inutile, rien de futile, tout est calibré, façonné par le Conservatoire et la Comédie Française, une science exacte, rien d’instinctif en somme à l’inverse de ce que l’on pourrait croire. Tout coule comme de l’eau, et rien, absolument rien, ne détourne le ruissellement de l’eau.

    La comédienne disparaît dans les coulisses, unique alchimie de simplicité et de majesté, elle laisse traîner derrière elle un parfum de mythologie, voulu ou inconscient, peu importe. Ce qui compte c’est le rêve, et Isabelle Adjani ne faillit pas, elle règne…toujours.

    Laurence Caron-Spokojny  

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  • NOW de Carolyn Carlson, au Théâtre national de Chaillot : le sens de l'harmonie.

    NOW s’écrit et se crie par la compagnie de Carolyn Carlson sur la scène du Théâtre National de Chaillot, son hôte pour ces deux prochaines années.

    carolyn carlson,théâtre national de chaillot

    Cette fois, la belle américaine s’est inspirée de la prose, philosophique et littéraire, de Gaston Bachelard, pour animer sa compagnie qu’elle souhaite : «ruche, espace de créativité et de liberté au sein duquel s’entrelacent geste et pensée poétique». Le dessin est toujours aussi beau, serein, il s’agit de percevoir l’espace, de l’apprivoiser sans le dompter, de l’épouser sans le contraindre. 

    L’art de Carolyn Carlson ne s’exprime pas uniquement par la danse, mais aussi par le son, la voix, une certaine théâtralité. Il y a toujours la musique, particulière, fluide, de René Aubry, qui se fond à la chorégraphie de façon indissociable.
    Les gestes semblent moins aériens qu’à leur habitude, il est question d'introspection, mais les danseurs s’élancent, sautent, courent tout le temps et nous abreuvent de gestes de vie, simultanés, systématiques, les mouvements semblent familiers inscrits dans un certain quotidien. Des éléments vidéo, en noir et blanc, et, images très délicatement teintes de couleurs douces, s’installent sur le fond du décor et laissent s’envoler l’imagination. La lumière  tout en clair-obscur est intime, chaleureuse.

    Des fenêtres libérées de leurs murs parcourent la scène puis des arbres tentent de se mêler aux corps des danseurs… La "maison" évoquée, construite et ressentie, est tout en instinct, amour et humour ;"l’arbre", le second thème de la soirée, est un sujet délicat, tant cette nature a été si fortement interprétée par Pina Bausch dans Le Sacre du Printemps. Mais ici, il se passe autre chose, le tableau est une ode poétique, et c’est heureux. 

    La création chorégraphique de Carolyn Carlson ne prend plus de risque, tout son art est désormais tourné vers l’envie de conter de très belles histoires sans jamais abandonner sa quête d’harmonie. D’une beauté sans faille, la partition philosophique, sur laquelle Carolyn Carlson a choisi de faire s’exprimer ses danseurs, inscrit l’humain au centre des préoccupations artistiques.
    Assurément, la grande artiste est aussi une très belle personne.

    Laurence Caron-Spokojny 

    *photo Patrick Berger


    Now - Carolyn Carlson (Entretien et répétitions)

    Un programme riche, de films, rencontres et master-class, entoure ce spectacle tout au long de la saison, à découvrir et à suivre avec la plus grande attention au Théâtre national de Chaillot.

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  • Les couleurs de l’abstraction de Sonia Delaunay au Musée d’Art Moderne de Paris, jusqu’au 22 février 2015

    musée d'art moderne,sonia delaunay,robert delaunayAprès l’exposition flamboyante consacrée à Niki de Saint Phalle au Grand Palais, découvrir Sonia Delaunay (1885-1979) au Musée d’Art Moderne enveloppe l’amateur dans une sorte de  women art power, nécessaire et absolument jubilatoire !
    Cette rétrospective réunie plus de 400 œuvres, peintures, dessins, esquisses, tissus, argumentations vidéos, meubles et d’un fond photographique éblouissant. Cette exposition consacrée à Sonia Delaunay est absolument immanquable à Paris, avant sa prochaine installation du 15 avril au 9 août 2015 à la Tate Modern de Londres.

    musée d'art moderne,sonia delaunay,robert delaunayTendant sur un châssis une couverture de berceau, initialement cousue de ses mains pour son fils, Sonia Delaunay crée à jamais l’emblème ironique et magistral de son Art. La broderie est enseignée aux jeunes filles de bonne famille, la jeune artiste va l’utiliser, très intelligemment en la mixant à sa maîtrise parfaite de la couleur et à sa technique du dessin. Elle propose à l’objet utile d’être beau, et, à l’Art de s’exprimer librement sur toutes formes de supports. Il s’agit bien d’un traité sur la liberté, la liberté de l’Art mais aussi la liberté des Femmes.
    L’Histoire transforme la société, les guerres successives  envoient les hommes au front, tandis que les femmes assurent le travail dans les usines et dans les champs, elles se chargent de nourrir leur famille, plus rien ne sera jamais comme avant.

    musée d'art moderne,sonia delaunay,robert delaunayEn ce début de siècle, Guillaume Apollinaire, l’ami du couple, formé par Robert et Sonia Delaunay, désigne le travail de Sonia aux côtés de la peinture de Robert Delaunay comme «des petites choses attachantes»… La misogynie 'de ce temps' relégue souvent les travaux artistiques des  femmes à la décoration, réservant l’Art avec un grand A aux hommes. Ce fléau, que l’on souhaiterait aujourd’hui disparu, ne décourage pas l’inspiration et la volonté de Sonia Delaunay, bien au contraire. Résolue et douée, Sonia Delaunay dompte son époque, elle participe notamment à inscrire de nouveaux courants (Simultanisme) dans l’histoire des arts.
    Passant aisément de l’art pictural à la broderie, ou bien l’inverse, Sonia Delaunay lance une impulsion nouvelle et incontournable à la création de tissus originaux. La mode, très récemment libérée de ses corsets et autres engins de torture, est à jamais transformée. Immortalisant ses créations vestimentaires par la photo alors que la photo de mode n’existe pas, considérant le travail de la gouache et de la craie de cire au même rang que celui de la peinture à l’huile, intégrant avec notamment
     Blaise Cendrars, l'écrit aux aplats de couleur, multipliant les projets pour des projets d’affiches de publicité, l’architecture, le cinéma et la scène auprès notamment du grand mentor de l’époque, Diaghilev, Sonia Delaunay n’a de cesse de dépasser la peinture pour créer des passerelles entre les genres artistiques extrêmement novateurs.

    Ce tourbillon créatif, qui se moque des carcans et des codes établis, semble évident aujourd’hui en matière d’art contemporain, il en est de même pour la considération de la femme-artiste dans le monde de l’Art, pourtant ces deux symptômes restent l’objet d’une lutte constante devant laquelle il ne faut pas désarmer…

    Laurence Caron-Spokojny

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  • L'Art du rythme selon Robert Delaunay au Centre Pompidou jusqu’au 12 janvier 2015

    robert delaunay,soina delaunay,centre georges pompidou,peintureRobert Delaunay a intitulé une de ses œuvres (des plus emblématiques) « Joie de vivre » (1930- coll. Centre Pompidou), cet optimisme  est plutôt rare pour un artiste. Et en effet, les couleurs et lumières, souvent emportées dans un mouvement circulaire, laissent un sentiment de gaité, une impression vive. Robert Delaunay (1885-1941) est un peintre solaire et le Centre Pompidou a eu l'excellente idée de réunir  la plus riche collection qui soit : environ quatre-vingts œuvres, peintures, dessins, reliefs, mosaïques, maquettes, une tapisserie et des photographies documentaires, apportés notamment grâce aux donations de Sonia Delaunay et de son fils Charles faites au Musée National d'Art Moderne en 1964. 

    Avec sa femme, Sonia Delaunay, Robert Delaunay est à l’origine du «Simultanéisme», ce mouvement de peinture définit une nouvelle forme de perception des couleurs par leurs juxtapositions. Cette influence sera déterminante pour l’histoire des arts s’étendant de l’architecture, au design jusqu’ à la mode. Les ballets de Diaghilev (Cléopâtre en 1918 à Londres), sa collaboration avec le cinéaste Abel Gance, le football (Cardiff), les affiches de réclames, les manèges, la Tour Eiffel ou la traversée de la Manche par Louis Blériot sont des inspirations, directement issues des grands mouvements scientifiques et artistiques, et, ce sont autant de sujets qui passionnent Delaunay.

    robert delaunay,soina delaunay,centre georges pompidou,peintureLa seconde partie de cette exposition propose de découvrir les œuvres monumentales produites par Delaunay pour l’exposition Universelle de 1937 : le  Palais des Chemins de Fer et le Palais de l’Air. Delaunay fait définitivement sortir la peinture de la toile, il ouvre l’espace créatif, et, par la même occasion il fait sortir le peintre de son atelier en collaborant avec des architectes de l’époque tels Félix Aublet, Mallet-Stevens,.... La peinture n’est plus seulement un moyen d’expression artistique sensé représenter ce qui existe, elle est aussi une traduction de l’immatériel. Et pour Delaunay, il s’agit d’interpréter la lumière, qu’elle soit de source électrique ou naturelle, à travers le prisme de la couleur.

    Chaque instant de la vie du peintre se veut d’être sublimé par une certaine forme de poésie et il s’emploie à y répondre aux côtés de Sonia Delaunay. Sur les traces de Vassili Kandisky, Delaunay invente une autre sorte de lyrisme, celui-ci est  musical, un lien définitif se tisse entre la musique et les arts plastiques. Son ami, Guillaume Apollinaire, lui donnera le nom « d’Orphisme ».  Pour une peintre qui déclarait : « Les mouvements en peinture n'ont pour moi pas de valeur »après le "Simultanéisme", l'histoire de l'art se sera chargée de gratifier l'oeuvre de Robert Delaunay de beaucoup de "isme" !  

    Laurence Caron-Spokojny

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  • La colère du Tigre au Théâtre Montparnasse

    christophe Lidon,Catherine Bluwal,claude monet,théâtre montparnasse,claude brasseur,michel aumont,georges clémenceau,Sur les bords de l’Atlantique, le Tigre sommeille. Retiré de la vie politique après sa défaite à l’élection présidentielle de 1920, Georges Clémenceau se voue à l’écriture qu’il distrait par la présence de sa jeune amie, par quelques apartés complices avec sa gouvernante, et, la visite attendue de son ami Claude Monet. Le peintre tarde à livrer ses Nymphéas promis à L’Orangerie. Clémenceau a tout mis en œuvre pour que ces œuvres soient accueillies en ces murs. Le retard de Monet rend fou de rage « le Père la Victoire ».

    Les pages de la pièce, écrite en 2012 par Philippe Madral, effeuillent des répliques affutées et des scènes mémorables, comme celle entre la Gouvernante et Monet lorsqu’elle interroge ce dernier sur son «métier» de peintre, et, des instants savoureux notamment lorsque Monet détaille les  couleurs de l’Océan. De façon très classique, le metteur en scène, Christophe Lidon, laisse toute la place nécessaire aux comédiens pour faire vivre leurs personnages sur la toile de fond du joli décor de Catherine Bluwal.


    Claude Brasseur est un Clémenceau 
    au crépuscule de sa vie, pensif et râleur. Il s’emporte et s’attendrit tour à tour, et puis il soupire, souffle quelques regrets quand il évoque le destin de sa femme, la mère de ses trois enfants, qu’il a fait emprisonné pour adultère et déchue de ses droits matrimoniaux… 

    Michel Aumont est Monet, et jamais plus vous ne penserez à Monet autrement que sous les traits du comédien. Les grands artistes n'effraient pas Michel Aumont, de la même façon qu’il  a été Richard Strauss au Théâtre Hébertot en 2013, il est en territoire connu sur les planches du Théâtre Montparnasse

    Laurence Caron-Spokojny

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  • « Under the Wave » - Exposition dans le Bassin d’Hiver de Molitor jusqu'au 30 novembre 2014

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    A la fois hôtel de luxe, spa, club privé, et, restaurant, à la décoration raffinée, la piscine Molitor s’est donnée pour mission de faire entrer les artistes entre ses murs et sur ses murs, une sorte de démocratisation artistique urbaine du site. Classée au patrimoine par Jack Lang, lorsqu’il était Ministre de la Culture, il était impossible que la piscine Molitor ne réponde pas à quelques obligations artistiques...

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    Street-artistes, grapheurs, light-painters, sculpteurs et plasticiens ont investi Molitor d’une façon originale. Nichés au creux des cabines, les œuvres et installations des artistes se dissimulent derrière chacune des portes au bleu Majorelle. L’esprit intimiste, façon boudoir ou cabinet de curiosité, permet à chaque artiste de créer son propre univers. Les aplats de couleurs, dessins, pochoirs, lignes et courbes, investissent les cabines ocres par l’exposition d’une toile, installation ou sculpture, d’une peinture à même le mur, sur la banquette ou bien directement au sol. Le concept offre à chaque artiste un espace de liberté lui permettant ainsi d’immerger entièrement le visiteur au sein de son intention artistique.
    L’idée est particulièrement réussie et elle ne gâche en rien le cachet  architectural du lieu, si particulier, par sa sobriété et la justesse de ses lignes, bien au contraire.
    Balder, Artiste Ouvrier, Fred Calmets, Cadija Costa, Le Consortium, Damien Paul Gal, Diadji Diop, FBZ,  Indie 184, JBC, Kan, Kashink, Kouka, William Laboury, Mademoiselle Maurice, Carmen Mariscal, Thomas Mainardi, One Teas, Shuck One, Sly 2, Antoine Stevens, Thom Thom, Remy Uno et Wen-Jié Yang sont annoncés ; pourtant, la pluralité des œuvres présentées le soir du vernissage semble assez inégale.
    Ici, on sent bien que quelque chose se passe mais reste inachevée. L’écrin offert par l‘architecture de Molitor est élégant, et il s’éloigne aussi très radicalement ce l’aspect brut d’un quartier abandonné, d'un trottoir délavé par le temps ou d'un mur délabré, supports originels de toutes les formes de street-art. Molitor impose des codes, de par son empreinte, et réclame une certaine exigence. Une confrontation s'installe entre le lieu et ce qu'il choisit de présenter, le pari est ambitieux, il laisse espérer des créations hors champs, encore plus inattendues, à la hauteur de l'édifice. A suivre avec attention.

    Laurence Caron-Spokojny


    MOLITOR 2 Avenue de la Porte Molitor, 75016 Paris www.mltr.fr Exposition gratuite ouverte au public du 10 octobre au 30 novembre sur réservation uniquement et dans la limite des places disponibles. Inscription par mail : underthewave@mltr.fr

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  • L’adolescence en furie, au Poche Montparnasse, dans « Chère Elena »


    didier long,laurence caron-spokojny,jeanne ruff,gauthier battoue,julien crampon,françois deblock,myriam boyer,ludmilla razoumovskaïa,chère elena,poche montparnasseSous prétexte de lui fêter son anniversaire, quatre adolescents prennent d’assaut l’appartement de leur professeur afin lui faire subir un chantage odieux…

    En 1981, l’auteur russe Ludmilla Razoumovskaïa crée «Chère Elena» à Tallinn, capitale de l’Estonie. La pièce est interdite en 1983 par les autorités soviétiques pour son caractère «subversif», puis à nouveau autorisée en 1987.

     

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  • L'oeuvre immense de Katsushika Hokusaï est présentée au Grand Palais, jusqu'au 18 janvier 2015.

    katsushika hokusaï,laurence caron-spokojny,grand palais,rmn,japonIl y a de grands artistes, ceux qui révolutionnent le monde, modifient le cours des choses, dévient les esprits et rendent la vie plus intense. Et puis, il y a les génies, ceux qui inventent autre chose, Katsushika Hokusaï (1760-1849) est un génie.

    « Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante, j’ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans… »

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    Le choc de la rencontre, à la fin des années 1850, des Occidentaux avec l’art japonais est une introduction à l'exposition du Grand Palais. Cette découverte artistique influencera les artistes européens tels Degas, Monet, Van Gogh ou Gauguin, une véritable contagion culturelle et esthétique s’emparera de l’Europe. 
    Dès l’âge de quinze ans, Hokusaï grave des planches destinées à la fabrication des estampes, puis auprès de Katsukawa Shunsho, maître en l’art des portraits du Théâtre Kabuki, Hokusaï entame une production massive de dessins qui le conduira à l’illustration de poèmes-bouffes. Luxueux livres de lecture ou passionnants manuels de peinture, les milliers de créations d’Hokusaï vont notamment imposer l’art du manga, avec une incroyable variété de dessins, à un public de plus en plus large.
    Sept périodes, autant dire sept vies pendant lesquelles il changera cinq fois de nom, donneront naissance à des milliers d’œuvres qui depuis 1778 sont admirablement bien conservées. La difficulté de la conservation de ce patrimoine relève de l’exploit tant le support des dessins et estampes est fragile. Le trait est minutieux, l’intention artistique est d’une délicatesse extrême. Parfois l’humour, quelques grivoiseries, ou scènes de la vie quotidienne l’emportent en un mouvement poétique finalement peu éloigné de la culture européenne. L’œuvre d’Hokusaï, « Le vieux fou de peinture », présentée au Grand Palais est orchestrée avec une précision de calligraphe, scientifique.

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    «Quand j’aurai cent dix ans, je tracerai une ligne et ce sera la vie.»

    Le déroulé de l’exposition est une montée en puissance dont la halte, sous format vidéo, de la fabrication d’une estampe est fortement appréciée, comme une respiration, tant le contenu de l’exposition est dense. L’ambiance des espaces de la Galerie Nationale, dessinée en clair-obscur, invite au recueillement autour des multiples œuvres du maître. L’ascension vers les deux dernières périodes est atteinte comme une récompense, c’est une explosion de couleur, surtout ce souverain bleu de prusse qui fait oublier l’encre de Chine au profit de la peinture : un miracle de beauté. En sortant de l’exposition, si ce n’était pas déjà le cas, tous s’avouent avoir trouvé un maître.

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Jiří Kylián et le Ballet National de Norvège, jusqu'au 24 septembre au Théâtre des Champs-Elysées

    jiri kylian,ballet national de norvège,transcendanses,théâtre des champs elysées,laurence caron-spokojnyArchi-productif avec près d’une centaine de création depuis 1970, le chorégraphe tchèque Jiří Kylián a fait ses armes au Royal Ballet School de Londres avant de rejoindre le Ballet de Stuttgart (John Cranko) où il devient chorégraphe en1968. En 1975, Jiří Kylián est co-directeur artistique du Nederlands Dans Theater à La Haye, sa création La Symphonie des Psaumes le projette sur la scène internationale. 

     

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  • Woudwork 1 et Pas./parts de William Forsythe au Palais Garnier

    William Forsythe fait de sa danse une oeuvre plastique vivante. Les corps se déroulent et s’enroulent emportés par un vent démoniaque, les jambes battent, infiniment hautes, et, magnifiées par des bras qui s’élèvent vers un ciel conquis. Puis une accalmie, dans une précision d’horloger, les chorégraphies, de Woudwork 1 puis celle de Pas./parts, de William Forsythe décortiquent la danse avec une science exacte et harmonieuse sur les sons de Thom Willems. Une sorte d’étude cognitive du mouvement, la danse de William Forsythe éveille des sensations insoupçonnées nées d'une intuition raisonnée. L’intelligente alternance, lumière chaude - lumière crue, musique lancinante - stridente ou fortement rythmée, espace comblé – vide vertigineux, tient en alerte sans jamais faiblir sur le plateau noir du Palais Garnier qui ne m’a jamais paru aussi grand. Avec ce chorégraphe, le ralenti est intense autant que le vide est dense !

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    L'exacte maîtrise offre une grande liberté à l'expressivité du corps, le Ballet de l'Opéra de Paris le démontre à chaque instant. Les reliefs des muscles sont révélés, affutés et puissants, aussi par les costumes de Stephen Galloway, les danseurs se fondent dans leurs rôles, concentrés et énergiques, une sorte de lyrisme définitivement contemporain s’inscrit. La technicité de la danse classique est pourtant toujours présente dans les pas de Forsythe, hautement respectée, l’expression est majeure, forte, elle est juste dépouillée de toutes formes d’artifices pour être réinventée. William Forsythe est un maître fondateur de la danse d’aujourd’hui, et il fut pour moi une révélation, il y a plus de 20 ans au Théâtre du Châtelet…

    Laurence Caron-Spokojny

    Lander/ Forsythe, jusqu'au 4 octobre au Palais Garnier : visionner la présentation de cette soirée par Brigitte Lefèvre.

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  • "Les Cartes du Pouvoir" au Théâtre Hébertot

    les cartes du pouvoir,théâtre hébertot,raphaël personnaz,ladislas chollat,thierry fremontBeau Willimon est connu pour être l’auteur de la (so terrific) série américaine « House of cards ». Il a le chic pour trifouiller la vie politique américaine, avec  toute ses particularités (so great), croustillantes à souhait, entre conflits d’intérêts, adroites manipulations et coucheries savantes. Après avoir participé à quelques campagnes électorales dont celle d’Hillary Clinton en 2000, Beau Willimon écrit "Farragut North"; la pièce adaptée en français est pour la première fois au Théatre Hébertot sous le titre : « Les Cartes du Pouvoir ».

    La politique rend enragée, mais pas seulement, le pouvoir, la réussite, la pression exercée, et cela dans n’importe quel univers professionnel, chacun en prend pour son grade. Dans un grincement de dents incessant, les scrupules sont mis au placard, très très consciencieusement l’intégrité est piétinée. Beau Willimon montre le côté le plus obscur d'une élection américaine mais aussi le plus excitant. Aux antipodes des « Hommes de bonne volonté »*, les hommes sont machiavéliques et despotes. Pour cette pièce, les rôles des femmes sont un peu à regretter, relégués à celui de la journaliste politique « prête à tout » et à celui de la stagiaire, elle aussi, « prête à tout » ; mais il s’agit d’une comédie réaliste, alors…l’injustice bat son plein et n’est pas sans rappeler l’actualité que l’on nous sert ces jours-ci.

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    Tenter une analyse de jeu des comédiens est inutile, la distribution est parfaite. Pour l’occasion, Thierry Frémont a un peu l’allure d'un Sean Penn, il fait figure de locomotive et dans sa lancée ses camarades sont transportés dans un véritable esprit de troupe. Raphaël Personnaz se distingue par un rôle de « jeune premier » tourmenté dans lequel il se jette. Elodie Navarre, Roxane Duran, Julien Personnaz, Francis Lombrail (excellent !), Jeoffrey Bourdenet et Adel Djemai font front et ne désarment à aucun instant. Le toujours très talentueux Ladislas Chollat orchestre l’ensemble avec raffinement : l’esthétisme des décors, l’enchaînement des pages musicales, l’éclairage dosé et le jeux précis des comédiens cadencent les scènes, rien n’est laissé au hasard. L’espace est épousé à la façon d’un plateau de cinéma et le spectateur suit les déplacements des comédiens du point de vue du siège du réalisateur.

    Comme pour un ballet réussi, la technique est oubliée, les planches ont fondu sous les pas des comédiens, les murs du théâtre se sont évanouis et les spectateurs sont devenus invisibles écrasés dans leurs fauteuils rouges. Il n’y a plus rien de matériel, il y a juste une histoire partagée, convaincante, tant et si bien que l’on aimerait retourner, dès le lendemain, au Théâtre Hébertot pour savoir s’il y a une suite (une saison 2 ?...).

    Laurence Caron-Spokojny

     * Jules Romains

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  • Niki de Saint Phalle au Grand Palais atteint sa cible en plein coeur !

    Elle a les yeux peints de khôl et le sourire mutin. Elle a une allure nonchalante et racée. Elle a une voix aux accents rythmés et sexy, de ceux qui ont traversés l’Atlantique, vécu tant de vies et dont l’origine est indéfinissable. Elle parle. Elle parle beaucoup. Elle parle tout le temps. Elle dénonce l’invraisemblable, elle exagère parfois, elle s’emporte souvent... Elle a raison. Elle fait de sa propre vie, de ses fantômes, traumatismes et douleurs, une œuvre universelle. Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle chante, pose pour Vogue puis elle devient Niki de Saint Phalle. Elle est une artiste engagée, son œuvre est au Grand Palais jusqu’au 2 février 2015, ce n’est pas une exposition, c’est autre chose…

    maciej fiszer,laurence caron-spokojny,niki de saint-phalle,grand palaisC'est un voyage, un show, une sorte d’immersion totale, une proposition multidimensionnelle, l’émotion est forte, dense, comme une entrée dans le ventre généreux d’une de ces « Nanas » joyeuses, colorées et qui valsent dans les airs : « … mes sculptures représentent le monde de la femme amplifié, la folie des grandeurs des femmes, la femme dans le monde d’aujourd’hui, la femme au pouvoir »Enveloppée, malgré elle, par le courant des Nouveaux réalistes, la jeune performeuse s’exprime aussi en images et en sons, interviews et témoignages précieux viennent appuyer son propos idéaliste. La sincérité et le charme de Niki de Saint Phalle visent droit au cœur comme ses tirs à la carabine qu’elle désigne comme d’ultimes instants de mort. Féministe pour de vrai, elle a 30 ans au début des années 60, elle revendique la maternité comme une source de toute puissance, l’enfantement est au centre de tout et elle milite pour une société matriarcale : « …Vous croyez que les gens continueraient à mourir de faim si les femmes s’en mêlaient ?... ».

    Niki de Saint Phalle disait : « Très tôt je décidais de devenir une héroïne. Qui serai-je ? George Sand ? Jeanne d’Arc ? Napoléon en jupons ? » ; la jeune fille de bonne famille, violée par son père à l’âge de 11 ans, n’aura de cesse de sublimer sa vie, l’artiste donne une leçon radicale d’affranchissement de toutes formes d’enclaves familiales ou sociétales. Empêtrée parfois dans ses contradictions, ingénue ou provocatrice, elle oppose la simplicité de ses petites dessins, comme issus de carnets de voyages dispersés ou mots collés sur le frigo pour ses enfants, à la sophistication extrême de ses sculptures monumentales ou bien encore à ses compositions plastiques frénétiques nés d’une sorte de colère…

    Niki de Saint Phalle a transformé ses douleurs, sa violence, et la préciosité du temps en une œuvre vivante, résolument gaie et terriblement remuante, et fort intelligemment bien retranscrite par l'Atelier Maciej Fiszer dans les Galeries nationales du Grand Palais.

    Laurence Caron-Spokojny

    photo Niki de Saint Phalle en train de viser,
    photographie en noir et blanc rehaussée de couleur extraite du film Daddy, 1972.
    (détail) © Peter Whitehead 

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  • Les étoiles du 21ème siècle au Théâtre des Champs-Elysées

    C’est une soirée de gala, l’Avenue Montaigne se délecte des quelques robes longues qui flottent dans sa contre allée. Cette démonstration d'élégance est très agréable même si je demeure un peu agacée par la mine du public que je trouve manquer de fraîcheur, je m'interroge encore sur ce type de programme, attire-t'il uniquement ce public ou bien est-ce « la faute à la crise » qui ne permet qu’à une maigre frange de la population (des retraités) de s’offrir ce divertissement ; je vous laisse juge… Décryptage du programme : du répertoire classique et quelques chorégraphies contemporaines, pas de surprise ; ouverture avec le Ballet National de Cuba et clôture de la soirée avec Le Ballet de l’Opéra de Munich et son adulée  Lucia Lacarra... le nom de l’Etoile est chuchoté avec ferveur dans les rangs des spectateurs.

    lucia lacarra,marlon dinoLucia Lacarra a déjà un nom prédestiné, il sonne bien, comme celui d’une déesse de la danse ou d’une diva. Repérée et choyée par Roland Petit au Ballet de Marseille, elle s’éclipsa d’Europe pour le Ballet de San Francisco :  Robbins, Balanchine, Duato, Mac Milan, Dato et Lubovitch n’eurent plus aucun secret pour l’Ibère. Aujourd’hui, Lacarra règne sur le Ballet de l’Opéra de Munich, tour à tour elle est héroïne du répertoire classique ou interprète choisie pour les pièces de Forsythe ou Neumeier.

    Pour la 17ème édition de cette soirée au Théâtre des Champs Elysées, Lucia Lacarra danse, aux côtés de Marlon Dino, une somptueuse partie de la Dame aux Camélias de Neumeier et les, très graphiques et très élégants, Trois Préludes de Ben Stevenson.  En effet, elle est merveilleuse.
    Entre ces instants attendus, un cygne noir, sauvage et fier, interprété par Oxana Skorik du Ballet Théâtre Mariinski de Saint-Pétersbourg, déploie des ailes d’une longueur infinie. Puissant, le cygne s’élance, le prince n’a qu’à bien se tenir, ce cygne là ne s’encombre d’aucune mélancolie.
    Beaucoup moins élancée mais si fine interprète, Maria Kochetkova du Ballet de San Francisco offre, aux côtés de Joaquin de Luz du New York city Ballet, une chorégraphie d’Andrea Schermoly et une seconde de George Balanchine. Ce choix est radicalement musical, les deux danseurs virevoltent avec une aisance de virtuoses. 
    aurélien Houette,Erwan Leroux, Bruno BouchéPuis, attendus par leurs supporters, quelque peu chauvins, nos deux frenchies, Aurélien Houette et Erwan Leroux s'expriment d'une  très belle façon ; dans « Bless – ainsi soit-Il » dessiné par le chorégraphe Bruno Bouché, les deux garçons proposent une démonstration intelligente et virile écrite sur une page de danse contemporaine extrêmement intéressante, enfin quelque chose de vraiment nouveau ! Enfin, le titre du gala "Les Etoiles du 21ème siècle" prend tout son sens. La danse exacte d’Aurélien Houette est d’autant plus remarquée dans le programme suivant : «L’après-midi d’un faune» de Thierry Malandain, cette chorégraphie est fortement risquée, à se frotter ainsi de si près à la création de Nijnski, mais cette maladresse est oubliée par la très juste et très intense interprétation du danseur.

    Le final du Gala réserve quelques surprises, après que la star annoncée, Lucia Lacarra, a accueilli le poids des applaudissements avec un flegme digne d’un soir de Première à L’Opéra de Paris, les étoiles sont invitées à entrer à nouveau sur scène pour quelques démonstrations de portés et de sauts… Nous sommes outre Atlantique (voir même outre Océan Pacifique) bien loin de la tradition des scènes parisiennes, je reste un peu décontenancée par la mise en scène de ce final, mais le public est ravi.

     Laurence Caron-Spokojny

    "Les Etoiles du 21ème siècle", 12, 13, 14 septembre au Théâtre des Champs-Elysées

    A suivre avec la plus grande attention : Transcendanses, soirée Jiri Kylian, Ballet National de Norvège, dès le 22 septembre

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  • PROLONGATIONS ! Jean Yanne au Petit Montparnasse

    Le titre évocateur de la pièce à sketches « On n’arrête pas la connerie ! », sur la toujours très surprenante scène du Petit Montparnasse, est plus que jamais d’actualité. Il est à croire que l’ambiance n’a pas tellement changé depuis… depuis plus de quarante ans. L'acidité de ce propos est à frémir de plaisir. Lire l'article

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  • San Francisco Ballet, dès aujourd'hui au Théâtre du Châtelet

    Le festival des Etés de la Danse accueille pour 18 représentations, du 10 au 26 juillet, au Théâtre du Châtelet, le San Francisco Ballet, dirigé par Helgi Tomasson.
    Cette très célèbre compagnie américaine, qui a participé à la première édition des Etés de la Danse en 2005, nous fait l'immense plaisir de revenir danser dans la capitale pour célébrer avec nous, avec vous, la 10ème édition du festival. Chacune des représentations proposera un programme différent et présentera aux spectateurs présents cet été à Paris 18 ballets uniques dont 9 premières en France.

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  • Les Indiens du Quai Branly, jusqu'au 20 juillet 2014

    affiche_indiens_plaines.bro.jpegAu delà des hautes herbes de ses jardins, quelques tribus Cheyenne, Sioux, Blackfoot, Apache, Comanche, Arapaho ou  Pawnee ont envahi le Musée du Quai Branly. 
    Les grandes plaines d’Amérique du nord grondent sous une charge de bisons, alors qu’au milieu d’un rassemblement de tipis un pow wow bat son plein de chants et de danses. Quelques nuages de fumée s’échappent au loin, une mère persuade un fils de ne pas se rendre à la guerre, quelques tribus se sont réunies en conseils, un calumet se partage, quelque part une danse du soleil a commencé, un chaman évoque les esprits pour la prochaine chasse aux bisons... Lire l'article ici

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  • Jean Yanne est au Petit Montparnasse : "On n'arrête pas la connerie !"

    petit montparnasse,jean yanne,bruno membrey,éric laugérias,jean-françois vinciguerraLe titre évocateur de la pièce à sketches « On n’arrête pas la connerie ! », sur la toujours très surprenante scène du Petit Montparnasse, est plus que jamais d’actualité. Il est à croire que l’ambiance n’a pas tellement changé depuis… depuis plus de quarante ans. L'acidité de ce propos est à frémir de plaisir.

    Eric Laugerias, Jean-François Vinciguerra et Bruno Membrey s’engagent avec intelligence à faire revivre le bonhomme, ses mots, sa morgue, son talent et son univers extravagant. Jamais ridicules, toujours justes, les textes de Jean Yanne se racontent, se chantent et même se dansent dans un jeu très raffiné de la part de ces excellents interprètes. L'espace scénique et quelques inventions de décors et vidéos donnent corps au texte et soutiennent un travail extrêmement précis. Ainsi, la charge est lourde, Jean Yanne s’emploie à éclairer nos esprits sur l’époque et ses contemporains avec une virtuosité parfois psychédélique. Il est aisé de reconnaître l'inspiration du maître sur les humoristes d'aujourd'hui qui se multiplient sur les scènes et écrans.
    petit montparnasse,jean yanne,bruno membrey,éric laugérias,jean-françois vinciguerraJournaliste, humoriste, chanteur, romancier, amuseur, animateur, acteur, scénariste, organiste, producteur, provocateur, compositeur et réalisateur, Jean Yanne a mené une existence d’artiste entre contradictions et enseignements, il était à son insu, pour celui qui savait rire de tout, l’auteur du slogan de mai 68 : «Il est interdit d’interdire !». Le mal aimé, celui qui n’a pas toujours été bien compris, est entré dans le cercle des icônes du 20ème siècle, et il est à retrouver ou à découvrir dans une atmosphère de franche rigolade, et parfois poétique, qui laisse à réfléchir...

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Rétrospective Lucio Fontana au Musée d’Art Moderne jusqu'au 24 août : sculpteur, peintre et spationaute…

    lucio-fontana_ce qui est remarquable.jpgTerrien malaxant la glaise, ou aérien lorsqu’il ouvre la toile d’une fente pour libérer un passage, Lucio Fontana (1899-1966) est enfin au Musée d’Art Moderne de Paris pour une rétrospective regroupant plus de deux cents oeuvres. La plupart des impressionnantes œuvres céramiques de l’artiste sont présentées pour la première fois en France.

    "...je me sens un homme libéré de l'esclavage de la matière, un homme qui appartient à l'étendue du présent et du futur."

    Pour ses œuvres picturales, il n’est pas question de déchirer la toile en résonnance à la déception rageuse de l’artiste mais plutôt de considérer que le support artistique n’a pas de limite. Le peintre façonne l’espace qui entoure la toile comme un compositeur qui marque les silences sur une partition de musique. 

    "J'ai réussi à donner à ceux qui regardaient mon travail un sentiment de calme spatial, de rigueur cosmique, de sérénité avec un regard vers l'infini. Plus loin que cela, je ne pourrai aller."

    Chercheur fou, Lucio Fontana expérimente et modélise de ses mains des morceaux d’étoiles oubliés, figure de proue du mouvement spatialiste, il explore différentes techniques jusqu’au prisme fluorescent du pop art. Cette liberté habite l’ensemble du travail de Lucio Fontana. Moderne absolu, sculpteur et peintre spatial, le dandy mi-italien, mi-argentin, donne une leçon créative qui se moque bien des étiquettes et qui sait en tout point s’échapper des carcans dictés par l’histoire de l’art et ses critiques.

    Laurence Caron-Spokojny 

    lucio fontana,musée d'art moderne
    Concetto spaziale, 1959

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