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EN FAMILLE - Page 5

  • « Trois hommes dans un bateau…sans parler du chien » au Théâtre Edgar

    trois homes dans un bateau,luq hamett,jérôme k.jérômesorën prevost,philippe lelièvre,pascal vincent,les robins des bois,théâtre edgarSur la Tamise, George, Harris, Jérôme et le chien Montmorency sont dans un bateau, ils entament un voyage initiatique et thérapeutique…

     
    «Trois hommes dans un bateau,… sans parler du chien», le roman humoristique de l’auteur anglais, Jérôme K.Jérôme, publié en France en 1894, est aujourd’hui adapté au Théâtre Edgar selon une mise en scène d'Erling Prévost.

    Philippe Lelièvre, Pascal Vincent et Sorën Prévost ne sont pas là par hasard, ils se sont rencontrés sur les bancs de la chaîne Comédie. C’était il y a près de quinze ans, Philippe Lelièvre s’illustrait en maître de l’improvisation, Sorën Prévost était le «Concierge» et autre speakeur déjanté de La Grosse Emission, et, Pascal Vincent, auteur reconnu du « fussoir », était un des acolytes de LA, désormais culte, troupe des Robins des Bois. Déjà, à cette époque, "l’absurde" réunissait ces comédiens totalement résolus à décaler l’expérience, ou la situation, du propos. Depuis, ces artistes tracent leur carrière, théâtre, cinéma, télévision et pub, il n’y a pas un domaine qui n’échappe à leur talent d’interprétation et à leur créativité.

    « Alors que je cherche à guérir la folie des autres je dois moi-même être fou » Thomas More.
    Et c'est une folie, douce et littéraire, que c'est trois personnages excentriques développent dans un univers so british rythmé par des attitudes pince-sans-rire et un art du nonsense délicieux. Philippe Lelièvre, entre exacte diction et élégance scénique, est un comédien solide dont le répertoire s’avère toujours aussi vaste ; Sorën Prévost débride un jeu, attentif aux autres, sans cesse en quête d’inventions, tandis que Pascal Vincent revêt son habit, candide et badin, de Pierrot de la Commedia dell’Arte, qui lui sied si bien.

    L’humour anglais est à traiter avec une grande précision, que les comédiens se doivent de régler de façon quasi horlogère. Il s’agit d’un exercice de haute voltige, les comédiens s’accaparent le charme du genre, marquent les accents poétiques et parfois hypocrites du propos, et affichent naïveté, assurance ou ironie, en balayant très habilement le registre de la «politesse du désespoir».

    «Trois hommes dans un bateau…sans parler du chien» commence tout juste ses premières représentations, dans le bleu fraîchement repeint de la nouvelle salle du Théâtre Edgar, une semaine à 19h, et la suivante à 21h. Il est certain que la vie de ce spectacle sera longue, très longue, ce concentré de talents est puissant, les murs du Théâtre Edgar ne sauront le contenir très longtemps !  

    A voir et à suivre avec la plus grande attention...

     Laurence Caron-Spokojny

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  • The Bar at Buena Vista Social Club, The legends of Cuba au Palais des Congrés de Paris, jusqu'au 6 décembre.

    siomara avilla valdes,eliades ochoan,ibrahim ferrer,omara portuondo,compay segundo,ruben gonzales,descarga,julio alberto fernandez,toby gough,reynaldo creagh,the bar at buena vista,guillermo rubalcaba gonzales,elpidio chappottin delgado,luis mariano valiente,palais des congrés,eric turro martinezPendant les années 30, 40 ou 50, ils étaient des enfants, de grands enfants, flirtant et dansant dans les bars, et surtout célébrant la musique à chaque coin de La Havane. Au Buena Vista Social Club, ils se réunissaient tous, c’était « the place to be ». Ils étaient danseurs, musiciens  et chanteurs, et les riches américains se pressaient aux portes de la boîte de nuit pour les écouter, les admirer, et, tenter de les copier. En 1959, la révolution cubaine mit un terme à la fiesta latina, le Buena Vista Social Club ferma ses portes.

    Quarante ans plus tard, un enregistrement réunissant The legends of Cuba de ces années là fût produit puis il s'enchaîna une suite de concert au Carnegie Hall de New-York : un triomphe ! Désigné par le magazine Rolling Stone comme l’un des 500 plus grands albums de tous les temps, cet enregistrement mythique laissa ensuite s’échapper Eliades Ochoan, Ibrahim Ferrer, Omara Portuondo, Compay Segundo et Ruben Gonzales afin qu’ils enregistrent en solo leurs propres albums.

    siomara avilla valdes,eliades ochoan,ibrahim ferrer,omara portuondo,compay segundo,ruben gonzales,descarga,julio alberto fernandez,toby gough,reynaldo creagh,the bar at buena vista,guillermo rubalcaba gonzales,elpidio chappottin delgado,luis mariano valiente,palais des congrés,eric turro martinezL'histoire ne s'arrête pas là. Toby Gough, producteur de spectacle, un amoureux de Cuba, rencontre, le barman du Social Club, Artura Lucas : "Arturo Lucas a servi des Mojitos à Marylin Monroe, des Cuba Libre à Marlon Brando et aidé Ernest Hemingway a retrouver le chemin de sa maison après une soirée trop arrosée. " Au début des années 2000, l’idée de THE BAR AT BUENA VISTA est née. Il s’agit de redonner vie au bar le plus culte de la Havane, sur scène, entouré de témoins et artistes de cette époque et aussi par de plus jeunes fortement inspirés par leurs aînés.

    La « descarga », genre de bœuf musical à la cubaine, bat son plein sur la scène du Palais des Congrès. Purement vintage, des artistes étonnants se succèdent, des musiciens au rythme endiablé, et des danseurs aux reins cambrés, les accompagnent. Siomara Avilla Valdes, Julio Alberto Fernandez, Reynaldo Creagh, Guillermo Rubalcaba Gonzales, Elpidio Chappottin Delgado, Luis Mariano Valiente, Eric Turro Martinez,… le nombre des années n’abîme pas le talent, ces artistes nous le prouvent. L’aspect patiné, un rien «figé dans le temps», a son charme, cette production crée de l'émotion, et les quelques hésitations palpables de la part des artistes raisonnent comme d'authentiques refrains.

    « Ambiance boisée et cuivrée. Vous entrez dans un bar de La Havane, l’un de ces endroits légendaires des Social clubs qui ont vu passer les Compay Segundo ou autre Ibrahim Ferrer.
    Dehors, des enfants jouent au baseball dans la poussière, entre deux vieilles voitures américaines rose et bleu. Accoudé au comptoir, on croirait apercevoir le fantôme d’Hemingway se servant un autre daiquiri.
    Le mythe redevient réalité : devant vous, le bassin d’une danseuse chaloupe sur «Chan Chan». La musique et la danse prennent corps avec les dix-sept artistes au sommet de leur histoire pour revisiter les grandes heures du Buena Vista en direct. Dans l’odeur du vieux bois patiné et d’un rhum hors d’âge, une figure fend les volutes d’un cigare. »

    Les spectateurs tentent de faire chalouper leurs fauteuils sur le rythme des congas, certains se lèvent incapables de résister, d’autres interpellent les chanteurs pendant que de plus téméraires sont invités à entamer quelques pas sur la scène du Palais des Congrés. Il semble que les fans du genre atteignent des sommets de plénitude, la joie de vivre est communicative. Pourtant la nostalgie qui enveloppe la scène, comme les volutes de fumée des cigares, ne suffit pas à convaincre, il manque quelque chose... Par exemple, le public pourrait lui aussi partager avec ces artistes un de ces rhums ambrés ou Mojitos parfumés dont Cuba a le secret ! 

    Laurence Caron-Spokojny

     

    7 décembre à l’Amphi 3000 de Lyon ; 9 décembre au Silo de Marseille  ; 10 décembre au Zénith de Montpellier 

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  • Les enfants du paradis du Théâtre du Châtelet : Les Chœurs d'Enfants Sotto Voce

    Les soirées du Théâtre du Châtelet appartiennent aux artistes les plus prestigieux, chanteurs, danseurs, musiciens, comédiens, décorateurs et metteurs en scène du monde entier. La solide programmation de son directeur, Jean-Luc Choplin, offre au public ce qu’il y a de mieux en matière d’art vivant, qu’il soit chantant, théâtral, dansant, musical ou plastique. Ce sont donc des soirées parisiennes très occupées, mais aussi des journées pendant lesquelles les artistes, les techniciens et l'administration du théâtre unissent leurs efforts pour faire naître la magie, mais pas seulement…

    le choeur d'enfants sotto voce,scott alan prouty,richard davis,mathieu septier,caroline mengevandra martins,charlotte nessiAu foyer Nijinsky, tout en haut du Théâtre du Châtelet, au paradis, on entend chanter des enfants. Scott Alan Prouty est un autre 'Américain à Paris', avec la complicité du compositeur Marc-Olivier Dupinil rassemble de jeunes chanteurs âgés de 10 à 18 ans pour former Les Chœurs d'Enfants Sotto Voce
    En résidence au Théâtre du Châtelet, ils sont là, les mercredis et les samedis, parfois plus souvent. Les jeunes artistes apprennent aussi à danser auprès d’une chorégraphe, Evandra Martins, la voix et le mouvement sont intimement liés, et déjà les enfants occupent l’espace scénique avec une assurance digne des professionnels de Broadway. Choisis sur audition, ces personnalités toutes neuves ont la voix des anges, et, pour la plupart ils développent une spécialité artistique autre, nombreux sont ceux qui s’échappent, à la fin d’une répétition, pour aller suivre des cours dans les conservatoires de musique, de danse ou d’art dramatique. 

    Avec le Chœur Préparatoire (7-10 ans) et le Chœur des jeunes (15-20 ans), ils sont plus d’une centaine d’enfants à s'emparer, pour chacune de leurs productions, d’un répertoire extrêmement vaste : le répertoire classique, de la variété française, du jazz ou bien des standards de comédies musicales. Les programmes des concerts sont tous interprétés avec une haute technicité vocale et un même degré d’exigence. 
    Depuis 1992, dans de grands théâtres nationaux, des studios d’enregistrement, des églises, des studios de doublages ou des stades, en France ou à l’étranger, le professionnalisme des Chœurs Sotto Voce lui permet d’être sollicité pour d’importantes productions, au Châtelet : Boris Godounov, Carmen, The Sound of Music, Carousel…, ou bien encore de créer ses propres comédies musicales : Transports Express, Swing ! Swing !, Polar et compagnie,... Longtemps en résidence à l’amphithéâtre de l’Opéra Bastille avec l’Ensemble Justiniana, les artistes se sont produits notamment dans Brundibar, Oliver, Miniwanka, La petite Renarde rusée, sous la direction de Charlotte Nessi. 

    L’expérience Sotto Voce est tout à fait unique en son genre pour ses artistes autant que pour son public. Ces jeunes pousses ne sont pas des «apprentis», ils sont déjà des artistes ; le talent sensible de Scott Alan Prouty est de savoir distinguer ce qu’il y a de meilleur en chacun d’eux, le maestro indique une direction selon laquelle la «discipline» artistique est une source d’accomplissement et non pas de contrainte.


    Film réalisé par Anaïs Gonzalez - 2014

    Scott Alan Prouty, formé à l’Eastman School of Music de New York et aux techniques du piano, du chant et du théâtre, est entouré d’une petite équipe : Richard Davis, Mathieu Septier et Caroline Meng. La théorie, la technique et l’intention artistique sont prodiguées afin de sublimer les voix des enfants de la façon la plus naturelle qui soit : ce ne sont pas des voix fabriquées, tirées, imitées, appuyées, épuisées, seulement des voix infiniment vivantes. De façon très ludique mais très sérieuse, le maestro permet à chacun des enfants d’aller puiser au fin fond de son imaginaire et de ses envies pour exprimer un langage artistique coloré et d’une rare qualité. De ses yeux bleus rieurs, Scott Alan Prouty convainc son jeune auditoire, les enfants sont attentifs, passionnés et extrêmement volontaires. L’épanouissement artistique de ces enfants est total, ils adorent « les répétitions avec Scott ».

    église américaine,théâtre andré malraux de rueil malmaison,marc-olivier dupin,maison des arts de créteil,le choeur d'enfants sotto voce,scott alan prouty,richard davis,mathieu septier,caroline menge,evandra martins,charlotte nessi,jean-luc choplinLe maestro est aussi Responsable des études musicales de l’Ecole de Danse de L’Opéra national de Paris, en plus de nombreux stages et concerts, les voix d’enfants ne le quittent jamais, Scott Alan Prouty vise l’excellence. Pablo Picasso disait : « Dans chaque enfant il y a un artiste. Le problème est de savoir comment le rester en grandissant », pour Scott Alan Prouty, ceci n’est pas un problème, il détient la solution.

    Laurence Caron-Spokojny

    Quelques dates à noter :

    Samedi 13 décembre 2014 : Concert de Noël à l’Église Américaine de Paris .

    Vendredi 19 décembre 2014 : Transports Express au Théâtre André-Malraux de Rueil-Malmaison .

    Samedi 17 janvier 2015 : Transports Express à la Maison des Arts de Créteil .

    Dimanche 1er février 2015 : concert De Bizet à Trénet au Théâtre du Châtelet .

    Janvier/Février 2015 : Concert humanitaire « Music’O Seniors ».

    Dimanche 8 mars 2015 : Concert de Printemps au Conservatoire de Créteil. 

    Samedi 28 mars 2015 : Concert à l’Eglise Américaine de Paris. 

    Vendredi 17 avril 2015 : Soirée Jeune Public au Théâtre du Châtelet, La Comédie Musicale fait son Cinéma.

    Dimanche 14 juin 2015 à 11h : Voyage en Amérique au Théâtre du Châtelet.

    Juin 2015 : Concert/Spectacle à la Mairie du XVIIème à Paris, et Salle Jean Cocteau de Créteil.

     Les Chœurs d’Enfants Sotto Voce sont à suivre sur la page facebook  

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  • La leçon américaine : "Un Américain à Paris" au Théâtre du Châtelet

    un américain à paris,van kaplan,stuart oken,théâtre du châtelet,jean-luc choplin,leanne cope,robert fairchild,gene kelly,leslie caron,veanne cox,jill paice,brandi uranowitz,max von essen"Un Américain à Paris", produit par Arthur Freed et réalisé par Vincente Minnelli, fut montré pour la première fois à Londres en 1951 ; un an plus tard, orné de six Oscars, le film avec Gene Kelly, Leslie Caron, Oscar Levant et Georges Guétary est sur les grands écrans en France.

    En 2014, Jean-Luc Choplin, le directeur du Théâtre du Châtelet, et les producteurs de Broadway, Van Kaplan et Stuart Oken, proposent la comédie musicale sur scène,
    pour la première fois au monde.

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  • Les couleurs de l’abstraction de Sonia Delaunay au Musée d’Art Moderne de Paris, jusqu’au 22 février 2015

    musée d'art moderne,sonia delaunay,robert delaunayAprès l’exposition flamboyante consacrée à Niki de Saint Phalle au Grand Palais, découvrir Sonia Delaunay (1885-1979) au Musée d’Art Moderne enveloppe l’amateur dans une sorte de  women art power, nécessaire et absolument jubilatoire !
    Cette rétrospective réunie plus de 400 œuvres, peintures, dessins, esquisses, tissus, argumentations vidéos, meubles et d’un fond photographique éblouissant. Cette exposition consacrée à Sonia Delaunay est absolument immanquable à Paris, avant sa prochaine installation du 15 avril au 9 août 2015 à la Tate Modern de Londres.

    musée d'art moderne,sonia delaunay,robert delaunayTendant sur un châssis une couverture de berceau, initialement cousue de ses mains pour son fils, Sonia Delaunay crée à jamais l’emblème ironique et magistral de son Art. La broderie est enseignée aux jeunes filles de bonne famille, la jeune artiste va l’utiliser, très intelligemment en la mixant à sa maîtrise parfaite de la couleur et à sa technique du dessin. Elle propose à l’objet utile d’être beau, et, à l’Art de s’exprimer librement sur toutes formes de supports. Il s’agit bien d’un traité sur la liberté, la liberté de l’Art mais aussi la liberté des Femmes.
    L’Histoire transforme la société, les guerres successives  envoient les hommes au front, tandis que les femmes assurent le travail dans les usines et dans les champs, elles se chargent de nourrir leur famille, plus rien ne sera jamais comme avant.

    musée d'art moderne,sonia delaunay,robert delaunayEn ce début de siècle, Guillaume Apollinaire, l’ami du couple, formé par Robert et Sonia Delaunay, désigne le travail de Sonia aux côtés de la peinture de Robert Delaunay comme «des petites choses attachantes»… La misogynie 'de ce temps' relégue souvent les travaux artistiques des  femmes à la décoration, réservant l’Art avec un grand A aux hommes. Ce fléau, que l’on souhaiterait aujourd’hui disparu, ne décourage pas l’inspiration et la volonté de Sonia Delaunay, bien au contraire. Résolue et douée, Sonia Delaunay dompte son époque, elle participe notamment à inscrire de nouveaux courants (Simultanisme) dans l’histoire des arts.
    Passant aisément de l’art pictural à la broderie, ou bien l’inverse, Sonia Delaunay lance une impulsion nouvelle et incontournable à la création de tissus originaux. La mode, très récemment libérée de ses corsets et autres engins de torture, est à jamais transformée. Immortalisant ses créations vestimentaires par la photo alors que la photo de mode n’existe pas, considérant le travail de la gouache et de la craie de cire au même rang que celui de la peinture à l’huile, intégrant avec notamment
     Blaise Cendrars, l'écrit aux aplats de couleur, multipliant les projets pour des projets d’affiches de publicité, l’architecture, le cinéma et la scène auprès notamment du grand mentor de l’époque, Diaghilev, Sonia Delaunay n’a de cesse de dépasser la peinture pour créer des passerelles entre les genres artistiques extrêmement novateurs.

    Ce tourbillon créatif, qui se moque des carcans et des codes établis, semble évident aujourd’hui en matière d’art contemporain, il en est de même pour la considération de la femme-artiste dans le monde de l’Art, pourtant ces deux symptômes restent l’objet d’une lutte constante devant laquelle il ne faut pas désarmer…

    Laurence Caron-Spokojny

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  • L'Art du rythme selon Robert Delaunay au Centre Pompidou jusqu’au 12 janvier 2015

    robert delaunay,soina delaunay,centre georges pompidou,peintureRobert Delaunay a intitulé une de ses œuvres (des plus emblématiques) « Joie de vivre » (1930- coll. Centre Pompidou), cet optimisme  est plutôt rare pour un artiste. Et en effet, les couleurs et lumières, souvent emportées dans un mouvement circulaire, laissent un sentiment de gaité, une impression vive. Robert Delaunay (1885-1941) est un peintre solaire et le Centre Pompidou a eu l'excellente idée de réunir  la plus riche collection qui soit : environ quatre-vingts œuvres, peintures, dessins, reliefs, mosaïques, maquettes, une tapisserie et des photographies documentaires, apportés notamment grâce aux donations de Sonia Delaunay et de son fils Charles faites au Musée National d'Art Moderne en 1964. 

    Avec sa femme, Sonia Delaunay, Robert Delaunay est à l’origine du «Simultanéisme», ce mouvement de peinture définit une nouvelle forme de perception des couleurs par leurs juxtapositions. Cette influence sera déterminante pour l’histoire des arts s’étendant de l’architecture, au design jusqu’ à la mode. Les ballets de Diaghilev (Cléopâtre en 1918 à Londres), sa collaboration avec le cinéaste Abel Gance, le football (Cardiff), les affiches de réclames, les manèges, la Tour Eiffel ou la traversée de la Manche par Louis Blériot sont des inspirations, directement issues des grands mouvements scientifiques et artistiques, et, ce sont autant de sujets qui passionnent Delaunay.

    robert delaunay,soina delaunay,centre georges pompidou,peintureLa seconde partie de cette exposition propose de découvrir les œuvres monumentales produites par Delaunay pour l’exposition Universelle de 1937 : le  Palais des Chemins de Fer et le Palais de l’Air. Delaunay fait définitivement sortir la peinture de la toile, il ouvre l’espace créatif, et, par la même occasion il fait sortir le peintre de son atelier en collaborant avec des architectes de l’époque tels Félix Aublet, Mallet-Stevens,.... La peinture n’est plus seulement un moyen d’expression artistique sensé représenter ce qui existe, elle est aussi une traduction de l’immatériel. Et pour Delaunay, il s’agit d’interpréter la lumière, qu’elle soit de source électrique ou naturelle, à travers le prisme de la couleur.

    Chaque instant de la vie du peintre se veut d’être sublimé par une certaine forme de poésie et il s’emploie à y répondre aux côtés de Sonia Delaunay. Sur les traces de Vassili Kandisky, Delaunay invente une autre sorte de lyrisme, celui-ci est  musical, un lien définitif se tisse entre la musique et les arts plastiques. Son ami, Guillaume Apollinaire, lui donnera le nom « d’Orphisme ».  Pour une peintre qui déclarait : « Les mouvements en peinture n'ont pour moi pas de valeur »après le "Simultanéisme", l'histoire de l'art se sera chargée de gratifier l'oeuvre de Robert Delaunay de beaucoup de "isme" !  

    Laurence Caron-Spokojny

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  • L’adolescence en furie, au Poche Montparnasse, dans « Chère Elena »


    didier long,laurence caron-spokojny,jeanne ruff,gauthier battoue,julien crampon,françois deblock,myriam boyer,ludmilla razoumovskaïa,chère elena,poche montparnasseSous prétexte de lui fêter son anniversaire, quatre adolescents prennent d’assaut l’appartement de leur professeur afin lui faire subir un chantage odieux…

    En 1981, l’auteur russe Ludmilla Razoumovskaïa crée «Chère Elena» à Tallinn, capitale de l’Estonie. La pièce est interdite en 1983 par les autorités soviétiques pour son caractère «subversif», puis à nouveau autorisée en 1987.

     

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  • Niki de Saint Phalle au Grand Palais atteint sa cible en plein coeur !

    Elle a les yeux peints de khôl et le sourire mutin. Elle a une allure nonchalante et racée. Elle a une voix aux accents rythmés et sexy, de ceux qui ont traversés l’Atlantique, vécu tant de vies et dont l’origine est indéfinissable. Elle parle. Elle parle beaucoup. Elle parle tout le temps. Elle dénonce l’invraisemblable, elle exagère parfois, elle s’emporte souvent... Elle a raison. Elle fait de sa propre vie, de ses fantômes, traumatismes et douleurs, une œuvre universelle. Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle chante, pose pour Vogue puis elle devient Niki de Saint Phalle. Elle est une artiste engagée, son œuvre est au Grand Palais jusqu’au 2 février 2015, ce n’est pas une exposition, c’est autre chose…

    maciej fiszer,laurence caron-spokojny,niki de saint-phalle,grand palaisC'est un voyage, un show, une sorte d’immersion totale, une proposition multidimensionnelle, l’émotion est forte, dense, comme une entrée dans le ventre généreux d’une de ces « Nanas » joyeuses, colorées et qui valsent dans les airs : « … mes sculptures représentent le monde de la femme amplifié, la folie des grandeurs des femmes, la femme dans le monde d’aujourd’hui, la femme au pouvoir »Enveloppée, malgré elle, par le courant des Nouveaux réalistes, la jeune performeuse s’exprime aussi en images et en sons, interviews et témoignages précieux viennent appuyer son propos idéaliste. La sincérité et le charme de Niki de Saint Phalle visent droit au cœur comme ses tirs à la carabine qu’elle désigne comme d’ultimes instants de mort. Féministe pour de vrai, elle a 30 ans au début des années 60, elle revendique la maternité comme une source de toute puissance, l’enfantement est au centre de tout et elle milite pour une société matriarcale : « …Vous croyez que les gens continueraient à mourir de faim si les femmes s’en mêlaient ?... ».

    Niki de Saint Phalle disait : « Très tôt je décidais de devenir une héroïne. Qui serai-je ? George Sand ? Jeanne d’Arc ? Napoléon en jupons ? » ; la jeune fille de bonne famille, violée par son père à l’âge de 11 ans, n’aura de cesse de sublimer sa vie, l’artiste donne une leçon radicale d’affranchissement de toutes formes d’enclaves familiales ou sociétales. Empêtrée parfois dans ses contradictions, ingénue ou provocatrice, elle oppose la simplicité de ses petites dessins, comme issus de carnets de voyages dispersés ou mots collés sur le frigo pour ses enfants, à la sophistication extrême de ses sculptures monumentales ou bien encore à ses compositions plastiques frénétiques nés d’une sorte de colère…

    Niki de Saint Phalle a transformé ses douleurs, sa violence, et la préciosité du temps en une œuvre vivante, résolument gaie et terriblement remuante, et fort intelligemment bien retranscrite par l'Atelier Maciej Fiszer dans les Galeries nationales du Grand Palais.

    Laurence Caron-Spokojny

    photo Niki de Saint Phalle en train de viser,
    photographie en noir et blanc rehaussée de couleur extraite du film Daddy, 1972.
    (détail) © Peter Whitehead 

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  • Les Indiens du Quai Branly, jusqu'au 20 juillet 2014

    affiche_indiens_plaines.bro.jpegAu delà des hautes herbes de ses jardins, quelques tribus Cheyenne, Sioux, Blackfoot, Apache, Comanche, Arapaho ou  Pawnee ont envahi le Musée du Quai Branly. 
    Les grandes plaines d’Amérique du nord grondent sous une charge de bisons, alors qu’au milieu d’un rassemblement de tipis un pow wow bat son plein de chants et de danses. Quelques nuages de fumée s’échappent au loin, une mère persuade un fils de ne pas se rendre à la guerre, quelques tribus se sont réunies en conseils, un calumet se partage, quelque part une danse du soleil a commencé, un chaman évoque les esprits pour la prochaine chasse aux bisons... Lire l'article ici

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  • Rétrospective Lucio Fontana au Musée d’Art Moderne jusqu'au 24 août : sculpteur, peintre et spationaute…

    lucio-fontana_ce qui est remarquable.jpgTerrien malaxant la glaise, ou aérien lorsqu’il ouvre la toile d’une fente pour libérer un passage, Lucio Fontana (1899-1966) est enfin au Musée d’Art Moderne de Paris pour une rétrospective regroupant plus de deux cents oeuvres. La plupart des impressionnantes œuvres céramiques de l’artiste sont présentées pour la première fois en France.

    "...je me sens un homme libéré de l'esclavage de la matière, un homme qui appartient à l'étendue du présent et du futur."

    Pour ses œuvres picturales, il n’est pas question de déchirer la toile en résonnance à la déception rageuse de l’artiste mais plutôt de considérer que le support artistique n’a pas de limite. Le peintre façonne l’espace qui entoure la toile comme un compositeur qui marque les silences sur une partition de musique. 

    "J'ai réussi à donner à ceux qui regardaient mon travail un sentiment de calme spatial, de rigueur cosmique, de sérénité avec un regard vers l'infini. Plus loin que cela, je ne pourrai aller."

    Chercheur fou, Lucio Fontana expérimente et modélise de ses mains des morceaux d’étoiles oubliés, figure de proue du mouvement spatialiste, il explore différentes techniques jusqu’au prisme fluorescent du pop art. Cette liberté habite l’ensemble du travail de Lucio Fontana. Moderne absolu, sculpteur et peintre spatial, le dandy mi-italien, mi-argentin, donne une leçon créative qui se moque bien des étiquettes et qui sait en tout point s’échapper des carcans dictés par l’histoire de l’art et ses critiques.

    Laurence Caron-Spokojny 

    lucio fontana,musée d'art moderne
    Concetto spaziale, 1959

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  • « The King and I » au Théâtre du Châtelet jusqu’au 29 juin

    the king and i,lambert wilson,susan graham,jean-luc choplin,laurence caron-spokojnyJusqu’au 29 juin, le Théâtre du Châtelet dévoile les attraits de sa plus belle scène, celle créée et dédiée au théâtre musical, en proposant des oeuvres, mythiques ou rares. «The King and I» s’inspire des mémoires d’Anna Leonowens (1834-1915), une préceptrice anglaise partie éduquer les nombreux enfants du roi Mongkut (dit Rama IV) de Siam dans les années 1860.

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  • A suivre : Festival "June Events" jusqu'au 20 juin

    carolyn carlson36 représentations, 19 compagnies, 9 créations seront présentées dans 10 lieux à Paris. Un  témoignage de l’engagement de l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson auprès des artistes toute l’année. Le rapport danse-musique et l’ancrage dans des contextes politiques tourmentés guident la programmation de cette 8e édition.

    Avec : Danya Hammoud, Carolyn Carlson, Claire Croizé, Maud Le Pladec, Lenio Kaklea, Daniel Abreu, Orin Camus et Chloé Hernandez, Tomeo Vergés, Kubilai Khan Investigations, Rosalind Crisp, Benoît Lachambre, DD Dorvillier, Juha Marsalo, David Rolland, Khouloud Yassine…

    Télécharger la brochure, ici.

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  • Exposition de photographies de Francette Levieux, «Noureev, L’Insoumis», une exposition qui se dévore comme un roman...

    L’image, d’un danseur en pleine expression de son art, reproduite par la photographie, exige une précision encore plus importante que pour celle d'un acteur, l'exercice est millimétré, presque scientifique. Chaque détail compte, le pied, la main, la cambrure ou l’arabesque doivent se présenter sous leurs meilleurs angles afin de supporter d’être figés sur le papier ; comme s’il était possible d’arrêter le mouvement ? Cet art là, cette indéfinissable maîtrise du temps, la photographe Francette Levieux en fait son affaire.

    laurence caron-spokojny,francette levieux,rudolf noureev,ariane dollfusPendant plusieurs années, photographe de l’Opéra national de Paris, Francette Levieux a suivi, pas à pas, des trajectoires célestes comme celles de Roland Petit, Maurice Béjart, Noëlla Pontois, Patrick Dupond, Alvin Ailey, Luis Falco, Claude de Vulpian ou encore Vladimir Vassiliev… Discrète comme une petite souris lorsqu’elle se faufilait dans les coulisses de l’Opéra Garnier, Francette Levieux aimait être tout près des danseurs, juste sur la scène. Lorsque Rudolf Noureev dansait, il renvoyait la photographe se placer dans la salle, il ne souhaitait personne sur le plateau : « No photo on stage ! » ; en revanche, dès que d’autres dansaient, il venait s’asseoir auprès de Francette, sur le plateau, côté cour ou côté jardin, silencieusement et certainement très reconnaissant du choix de la photographe : la meilleure place pour saisir l’instant.

    « La vie est trop courte. Je suis libre, je fais ce que je veux » Rudolf Noureev.

    Des dizaines de clichés pris entre 1971 et 1984 couvrent les murs, Rudolf Noureev en solo ou accompagné des plus belles étoiles offre des regards profonds, des sourires flamboyants, une sorte de voracité. « L’Insoumis » dévore le papier argentique. Une intense joie de danser s’exprime, la danse et sa technique, si difficile, si sophistiquée, sont oubliées instantanément. Rudolf Noureev se jette dans le vide sur le fond noir des cintres, il est faune, corsaire, prince ou don Quichotte, et son art ne fait oublier l’humain dans aucune de ses intentions artistiques. Avec un œil affuté et bienveillant, Francette Levieux photographie l’artiste tout entier, dépassant les frontières de la discipline qu’il s’est choisi, elle se charge de fixer l’émotion toute entière dans un instant plus court qu’un souffle.
    La photographe ne parle pas de « technique photographique », elle semble plutôt parler « d’amour », elle considère son art, non pas comme un travail, mais comme une passion, une relation de confiance s’établie entre elle et le danseur, absolue. Encore aujourd’hui, Francette Levieux est parfois seule à être conviée au plus grandes rencontres chorégraphiques, comme ce fut le cas auprès de Manuel Legris au Palais des Congrés en mars dernier.

    laurence caron-spokojny,francette levieux,rudolf noureev,ariane dollfusAriane Dollfus est commissaire de l’exposition, pour enrichir et varier les plaisirs de cette exposition, la journaliste a rassemblé des documents rares, issus de collections privées ou d’archives personnelles (Fondation Noureev au Centre National de la danse de Pantin, Cercle des Amis de Rudolf Noureev) : les quelques écrits (articles de presse et autres) se lisent avec fièvre comme les pages d'un roman de Dostoïevski ou de Tolstoï, quelques objets, témoins ultimes, comme ces chaussons usés par le travail du danseur, ou cette partition annotée de sa main, peuvent rivaliser avec des œuvres d’art tant leur portée émotionnelle est forte. Le goût pour la liberté, l’audace, les excès, le courage et le talent de Rudolf Noureev sont transmis ici, avec simplicité, et font naître l’envie irrésistible (si ce n’est déjà fait) de se plonger dans l’exact portait dessiné par Ariane Dollfus dans son livre  « Noureev, l’Insoumis ».

    Laurence Caron-Spokojny

    - Exposition des photos de Francette Levieux, jusqu'au 9 juillet, à la Mairie du 17ème - 16/20, rue des Batignolles 75017 Paris
    . 6 juin à 19 h 30 : spectacle chanté et dansé par la Cie Arian’Art et le chœur préparatoire Sotto Voce.
    . 11 juin à 19 h 30 : conférence d’Ariane Dollfus sur la vie et l’art de Noureev, enrichie d’extraits filmés, avec la participation des élèves de l’European Dance Center Paris Jennifer Goubé. Dédicace.
    . 12 juin à 15 h : « Don Quichotte », projection du film réalisé et interprété par Noureev.

    - Biographie « Noureev, l’Insoumis » d’Ariane Dollfus Ed. Flammarion, 400 p., 24 €

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  • La 26ème Nuit des Molières, ce lundi 2 Juin 2014 : au Théâtre des Folies Bergère et retransmise sur France 2 à 22h15

    Des oubliés ou des éternels, des choix étranges ou évidents, de la passion ou du dégoût, du privé ou du subventionné, de la découverte un peu ancienne ou des anciens que l'on découvre, côté cour ou côté jardin, de l'orgueil ou de la modestie, du moderne ou du classique, des silences savants ou des portes qui claquent, des intermittents râleurs ou des directeurs mécontents, des metteurs en scène engagés ou de belles comédiennes émouvantes, du jour ou de la nuit, du beau ou du laid, de la fantaisie ou de la rigueur, des théâtres vendus ou rachetés, de la tendresse ou de la violence, des acteurs devenus comédiens ou bien l'inverse, des fauteuils élimés ou flamboyants de rouge, des jeunes ou des vieux, des déclarations d'amour ou de guerre, de la simplicité ou de la sophistication, des passerelles ou des entraves, des théâtres à l'italienne ou des maisons de la culture, des critiques enflammées ou dédaigneuses, de l'orchestre ou du paradis... Justes ou parodiques reflets de nos vies, ainsi vibrent ou grincent les planches de nos théâtres. 

    Quel bonheur de retrouver ce soir la très nécessaire cérémonie des MOLIERES orchestrée par Nicolas Bedos. Allez les artistes, en scène ! 

     Laurence Caron

    les molières 2014NOMINATIONS 2014 :

     

    Molière du Théâtre Public
    Chapitres de la Chute – Saga des Lehman Brothers de Stefano Massini, mise en scène Arnaud Meunier – La Comédie de Saint-Etienne
    Germinal de et mise en scène Antoine Defoort et Halory Goerger. L’Amicale de production – Lille 
    Invisibles de et mise en scène Nasser Djemaï. MC2 – Maison de la Culture de Grenoble 
    Paroles gelées d’après François Rabelais, mise en scène Jean Bellorini. TNT - Théâtre National de Toulouse Midi-Pyrénées

     

    Molière du Théâtre Privé
    Le Cercle des Illusionnistes de et mise en scène Alexis Michalik – La Pépinière Théâtre 
    Des fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, mise en scène Anne Kessler – Théâtre Hébertot 
    Le Père de Florian Zeller, mise en scène Ladislas Chollat – Théâtre Hébertot 
    Le Porteur d’histoire de et mise en scène Alexis Michalik – Studio des Champs-Elysées 

    Molière de la Comédie
    Dernier coup de ciseaux de Paul Pörtner, mise en scène Sébastien Azzopardi – Théâtre des Mathurins 
    Le Fils du Comique de Pierre Palmade, mise en scène Agnès Boury – Théâtre Saint-Georges
    Hier est un autre jour ! de Sylvain Meyniac et Jean-François Cros, mise en scène Eric Civanyan – Théâtre des Bouffes parisiens
    Nina d’André Roussin, mise en scène Bernard Murat – Théâtre Edouard VII

    Molière du Théâtre Musical
    La Belle et la Bête, livret Linda Woolverton, musique Alan Menken, mise en scène Glenn Casale. Théâtre Mogador 
    Le Crocodile trompeur / Didon et Enée d’après l’opéra d’Henry Purcell et d’autres matériaux, mise en scène Samuel Achache et Jeanne Candel, direction musicale Florent Hubert. Théâtre des Bouffes du Nord 
    Framboise Frivole – Delicatissimo de Peter Hens, Bart Van Caenegem. Théâtre des Bouffes Parisiens
    Ménélas Rebétiko rapsodie de et mise en scène Simon Abkarian. Cie Tera / Le Ksamka

    Molière du Comédien dans un spectacle de théâtre public
    Nicolas Bouchaud dans Le Misanthrope de Molière, mise en scène Jean-François Sivadier
    Olivier Martin-Salvan dans Pantagruel de Benjamin Lazar et Olivier Martin-Salvan, mise en scène Benjamin Lazar
    Stanislas Nordey dans Par les Villages de Peter Handke, mise en scène Stanislas Nordey
    Philippe Torreton dans Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand, mise en scène Dominique Pitoiset

    Molière du Comédien dans un spectacle de théâtre privé
    Daniel Auteuil dans Nos Femmes d’Eric Assous, mise en scène Richard Berry

    Clovis Cornillac dans La Contrebasse de Patrick Süskind, mise en scène Daniel Benoin
    Michel Fau dans Le Misanthrope de Molière, mise en scène Michel Fau
    Robert Hirsch dans Le Père de Florian Zeller, mise en scène Ladislas Chollat 

    Molière de la Comédienne dans un spectacle de théâtre public
    Valérie Dréville dans Les Revenants d’après Henrik Ibsen, mise en scène Thomas Ostermeier
    Cécile Garcia-Fogel dans Les Serments indiscrets de Marivaux, mise en scène Christophe Rauck
    Anouk Grinberg dans Molly Bloom d’après James Joyce, mise en scène Blandine Masson, Marc Paquien
    Isabelle Huppert dans Les Fausses confidences de Marivaux, mise en scène Luc Bondy

    Molière de la Comédienne dans un spectacle de théâtre privé
    Emmanuelle Devos dans La Porte à côté de Fabrice Roger-Lacan, mise en scène Bernard Murat
    Isabelle Gélinas dans Le Père de Florian Zeller, mise en scène Ladislas Chollat
    Agnès Jaoui dans Les Uns sur les Autres de Léonore Confino, mise en scène Catherine Schaub
    Valérie Lemercier dans Un temps de chien de Brigitte Buc, mise en scène Jean Bouchaud

    Molière du Comédien dans un second rôle

    John Arnold dans Perturbation d’après Thomas Bernhard, mise en scène Krystian Lupa
    David Ayala dans Le dernier jour du jeûne de et mise en scène Simon Abkarian
    Patrick Catalifo dans Un temps de chien de Brigitte Buc, mise en scène Jean Bouchaud
    Manuel Le Lièvre dans Le conte d’hiver de William Shakespeare, mise en scène Patrick Pineau
    Davy Sardou dans L’Affrontement de Bill C. Davis, mise en scène Steve Suissa 
    Stéphan Wojtowicz dans Un singe en hiver d’Antoine Blondin, mise en scène Stéphane Hillel

    Molière de la Comédienne dans un second rôle

    Marie-Julie Baup dans Divina de Jean Robert-Charrier, mise en scène Nicolas Briançon
    Christine Bonnard dans La Chanson de l’éléphant de Nicolas Billon, mise en scène Bruno Dupuis
    Françoise Fabian dans Tartuffe de Molière, mise en scène Luc Bondy 
    Valérie Mairesse dans Roméo & Juliette de William Shakespeare, mise en scène Nicolas Briançon 
    Bulle Ogier dans Les Fausses confidences de Marivaux, mise en scène Luc Bondy
    Isabelle Sadoyan dans L’Origine du monde de Sébastien Thiery, mise en scène Jean-Michel Ribes

    Molière du Metteur en scène d’un spectacle de théâtre public 
    Philippe Adrien pour L’École des femmes 
    Jean Bellorini pour Paroles Gelées et La Bonne âme du Se-Tchouan 
    Nasser Djemaï pour Invisibles 
    Jean-François Sivadier pour Le Misanthrope

    Molière du Metteur en scène d’un spectacle de théâtre privé 
    Ladislas Chollat pour Le Père
    Jean-Christophe Dollé, Clotilde Morgiève pour Mangez-le si vous voulez
    Michel Fau pour Le Misanthrope
    Alexis Michalik pour Le porteur d’histoire et Le cercle des Illusionnistes 

    Molière de l’Auteur francophone vivant
    Simon Abkarian pour Le Dernier jour du jeûne 
    Léonore Confino pour Ring 
    Nasser Djemaï pour Invisibles 
    Alexis Michalik pour Le Porteur d’histoire et Le Cercle des Illusionnistes 
    Joël Pommerat pour Les Marchands 
    Florian Zeller pour Le Père 

    Molière de la Révélation féminine 
    Jeanne Arenes dans Le Cercle des Illusionnistes de et mise en scène Alexis Michalik
    Anne-Elisabeth Blateau dans Le fils du comique de Pierre Palmade, mise en scène Agnès Boury 
    Marion Malenfant dans Norma Jean de Joyce Carol Oates, mise en scène John Arnold
    Hélène Viviès dans En travaux de et mise en scène Pauline Sales

    Molière de la Révélation masculine 
    Grégori Baquet dans Un obus dans le cœur de Wajdi Mouawad, mise en scène Catherine Cohen
    François Deblock dans Paroles Gelées d’après François Rabelais, mise en scène Jean Bellorini
    Jean-Baptiste Maunier dans La Chanson de l’éléphant de Nicolas Billon, mise en scène Bruno Dupuis
    Niels Schneider dans Roméo & Juliette de William Shakespeare, mise en scène Nicolas Briançon

    Molière Seul(e) en scène
    Mikaël Chirinian dans La liste de mes envies de Grégoire Delacourt, mise en scène Anne Bouvier
    Fellag dans Petits chocs des civilisations de Fellag, mise en scène Marianne Epin
    Grégory Gadebois dans Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes, mise en scène Anne Kessler
    François Morel dans La fin du monde est pour dimanche de François Morel, mise en scène Benjamin Guillard

    Molière de la Création Visuelle (Scénographie, Lumière, Costumes) 
    Le Cercle des illusionnistes de et mise en scène Alexis Michalik (Olivier Roset, Marion Rebmann, Pascal Sautelet)
    Mangez-le si vous voulez de Jean Teulé, mise en scène Jean-Christophe Dollé, Clotilde Morgiève (Adeline Caron, Nicolas Brisset, Caroline Gicquel)
    Ne m’oublie pas – Forget me not de Philippe Genty, mise en scène Philippe Genty et Mary Underwood (Philippe Genty, Vincent Renaudineau, Thierry Capéran, Annick Baudelin)
    Tabac rouge de et mise en scène James Thierrée (James Thierrée, Victoria Thierrée-Chaplin)  

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  • REWIND... En course pour LES MOLIERES 2014 : "Des fleurs pour Algernon" de Daniel Keyes, mise en scène Anne Kessler au Théâtre Hébertot, nominé pour "LE MOLIERE", et, Grégory Gadebois pour le "Molière Seul en scène"

     

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    L’adaptation de Gérald Sibleyras et la mise en scène d’Anne Kessler sont en tout point parfaites, résolument contemporaines, la part belle est faite à la magnifique présence du comédien et à la sincérité du texte. L’intense scénographie de Guy Zilberstein, les lumières ingénieuses d’Arnaud Jung et l’inventivité  sonore de Michel Winogradoff contribuent à offrir un écrin idyllique au jeu de Grégory Gadebois.

    Pour écrire ces lignes, j’avoue mon impuissance, je ne suis pas certaine de retransmettre ici  l’émotion incroyable ressentie dès les premiers mots prononcés par Grégory Gadebois jusqu’aux derniers, alors qu’ils retentissent encore… 
    Lire l'article ici 

     

     

     

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  • REWIND... En course pour LES MOLIERES 2014 : "La Framboise Frivole" nominé pour le "Molière Théâtre Musical"

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    De nombreux compositeurs de variétés se sont inspirés avec talent du répertoire classique, je citerai Serge Gainsbourg qui a puisé allégrement dans le répertoire de Chopin ; pour « La Framboise Frivole » il s’agit d’une toute autre échappée belle… Aux Bouffes Parisiens, les notes classiques s’envolent, sous la voûte de ce temple du music-hall, pour se mêler aux sons et rythmes modernes. Les mélodies épousent les contours du répertoire de la chanson française (à moins que ce soit l’inverse) avec humour, et, laisse s’épanouir ce qui est sans contexte la plus belle invention de l’Homme : la Musique. Lire l'article

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  • REWIND... En course pour LES MOLIERES 2014 : Robert Hirsch, Isabelle Gélinas, Ladislas Chollat, et, Florian Zeller nominé pour le "Molière de l'Auteur francophone vivant" pour Le Père au Théâtre Hébertot !!!

    le_pere_(avec_robert_hirsch).jpg« Mais il ne doit pas vraiment avoir la maladie d’Alzheimer pour arriver à se souvenir d’un si long texte ? » : tout est dit. Cette phrase incroyablement naïve citée par ma voisine de rang, hier soir au Théâtre Hébertot, donne la mesure du talent du plus grand acteur français, aujourd’hui inégalé, celui de Robert Hirsch, et définit aussi la juste et raffinée écriture de Florian Zeller (déjà sa septième pièce écrite). 

    De sa toute puissante générosité, Robert Hirsch, clown absolu, incarne non pas «Le Père» mais tous les pères à la fois. Sa voracité est intacte, passé 88 ans, l’acteur distille mimes, grimaces, entre apartés savants et danses sautillantes, pour donner vie à ce personnage qui lui ressemble pourtant si peu, et dont s'échappe plus de cinquante ans de carrière. Lire l'article, ici

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  • Un cadeau :-) ! Un très beau Taschen pour ceux qui ont la chance de fêter leur anniversaire très prochainement : An American Odyssey de Marc Walter et Sabine Arqué

    Somptueux photochromes de la vie quotidienne et des paysages américains au tournant du XXe siècle

    taschen,An American Odyssey,Marc Walter,Sabine ArquéCe que Taschen nous dit : De l’Atlantique au Pacifique, des Rocheuses au tropique du Cancer, les paysages qu’offre l’Amérique du Nord sont aussi vastes que variés. Lacs aussi grands que des mers, forêts se dressant vers le ciel, plaines balayées par le vent, déserts brûlants, prodigieuses cascades, marais mystérieux, gigantesques rapides, canyon légendaire… la liste des caractéristiques naturelles du continent américain surprend autant qu’elle émerveille.

    Cet ensemble de photochromes et de cartes postales Phostint de la collection privée de Marc Walter a été produit, en couleur, par la Detroit Photographic Company entre 1888 et 1924. Il montre les paysages vastes et variés d’Amérique du Nord dans toute leur splendeur, ainsi que leurs habitants - Amérindiens, Afro-Américains, immigrants, cow-boys et chercheurs d’or. Des lieux mythiques tels que les saloons du Far West, les Chinatowns de New York et de San Francisco, ou encore Coney Island ou Atlantic City complètent ce panorama du siècle dernier.
     
    Grâce à un procédé photolithographique précédant de près de vingt ans l’autochrome, ces images ont permis au public de voir pour la première fois des photographies en couleur. Dégageant une impression de découverte et d’aventure, elles offrent un fabuleux voyage à travers l’Amérique du passé.

    Relié, avec pages dépliantes 29 x 39,5 cm, 612 pages € 150

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  • Une très jolie promenade pour le week-end : Daniel Dewar et Grégory Gicquel s'installent dans les jardins de l'Hôtel Biron (Musée Rodin) jusqu'au 26 octobre 2014

    En 2013, Daniel Dewar et Grégory Gicquel étaient au Palais de Tokyo pour une exposition intitulée "Jus d'orange", ils sont dès demain dans les jardins du Musée Rodin, pour ceux qui savent passer entre les gouttes...  

    Daniel Dewar,Grégory Gicquel,musée rodinCe que le Musée Rodin nous dit :

    Poursuivant son dialogue avec l’art contemporain, le musée Rodin ouvre les jardins de l’hôtel Biron au duo d’artistes Dewar & Gicquel.

    Collaborant depuis leur rencontre en 1997 et lauréats ensemble du prix Marcel Duchamp 2012, ils explorent une voie très expérimentale entre érudition et amateurisme, relecture de l’histoire de l’art et mise en avant de savoir-faire artisanaux.

    Dix sculptures en béton de grandes dimensions ont été conçues et réalisées spécialement pour l’exposition. Modelées, moulées et assemblées par les artistes selon les techniques traditionnelles de la sculpture, ces œuvres sont autonomes bien que formant une unité. Elles représentent des fragments de corps nus, certains en ronde-bosse et d’autres plus architecturaux, corps d’athlètes ou de lutteurs dont la monumentalité n’exclut ni le port de vêtements familiers ni la présence plus incongrue d’éléments de salle de bains.

    S’inscrivant dans le contexte du musée et dans le fil d’une pratique déjà développée par les artistes autour de l’image et de la sculpture, une telle production renvoie à l’œuvre de Rodin, «un point de départ pour nous permettre de travailler une technique particulière, le moulage, comme étape majeure du processus sculptural»1. Mais à la différence de Rodin, Dewar & Gicquel, en plus d’assurer eux-mêmes chaque étape de la fabrication, détruisent les moules après usage afin de limiter leur production à un seul et unique tirage. Une façon bien à eux de se positionner aujourd’hui face à la question de la reproductibilité.

    Le titre de l’exposition et des œuvres sont à lire comme une référence au Salon de la Jeune Sculpture régulièrement organisé au musée Rodin de l’après-guerre aux années 60.

    L'entrée dans les jardins est à 2 euros.

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  • Etat de siège au Poche-Montparnasse : prolongation jusqu'au 26 juin !

    1554791593.jpgAu lendemain de la Seconde Guerre Mondiale en 1948, Albert Camus propose un nouvel écrit L'Etat de siège dont le caractère, universel et intemporel, raisonne encore. Il s’agit du déroulé schématique et froid qui précède, établi, entretient et finalement laisse s’écrouler -pour mieux renaître ailleurs- les rouages de la dictature. En référence à Pétain ou Franco, Camus dénonce le fléau du nazisme (entre autres) et l’installe dans une logique implacable. 

    lire l'article ici

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  • A feelgood movie by Medi, Guillaume Néry et Julie Gautier : The Sanctuary Of Us

    Il existe aux Etats-Unis un terme pour designer les films qui rendent heureux : les “feelgood movies”. L’équivalent musical de ces feelgood movies, ce sont les “entertainers”.

    Toujours très populaires, ces artistes souvent complets et pour lesquels il n’existe aucune terminologie en français, forment une lignée improbable qui va de Dean Martin à Bruno Mars. En France, ils sont peu nombreux, mais MEDI pourrait bien en devenir le chef de file.

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  • Daphnis et Chloé de Benjamin Millepied, à l'Opéra Bastille jusqu'au 8 juin 2014

    benjamin millepied,opéra national de paris,opéra bastille,daphnis et chloé,daniel buren,aurélie dupont,brigitte lefèvreLe piège, lorsque l’on a beaucoup entendu parlé, et lu, de choses sur une œuvre, et en particulier sur une création, est que notre curiosité se transforme souvent en une hâte particulièrement exigeante.  Ainsi, j’ai eu la chance de faire partie des premiers élus pour découvrir le « Daphnis et Chloé » à l’Opéra Bastille, de la star mi-bordelaise mi-américaine, qui sera dès novembre à la tête du ballet de l’Opéra de Paris, Benjamin Millepied.

    Sur une idée de l’actuelle directrice du Ballet, Brigitte Lefèvre, le plasticien Daniel Buren s’est emparé de la scène de l’Opéra Bastille pour organiser l’espace de cercle jaune, carré orange ou rectangle vert. Les couleurs éclatantes, qui se fondent et s’enchaînent aux costumes fluides de Holly Hynes, font étrangement penser aux envolées lyriques du peintre Olivier Debré pour le chef d’oeuvre de Carolyn Carlson, Signe (1997, Opéra national de Paris). La beauté indiscutable des œuvres de Daniel Buren n’a rien perdu de sa puissance picturale, pourtant la même histoire semble se répéter.
    Pour orchestrer cette somptueuse symphonie de Maurice Ravel, commandée par Diaghilev entre 1909 et 1912 (Ballets Russes), Phillippe Jordan est à la baguette pour accompagner le Ballet. Cette première fois pour lui est une très grande réussite, le chœur et l’orchestre de l’Opéra sont éblouissants, profonds et aussi passionnés que le propos. Les danseurs du Ballet de l’Opéra se régalent, les pas sont aériens, les sauts fréquents, cette chorégraphie est en parfaite cohérence avec la musique, elle est un hymne à la jeunesse : Hervé Moreau, Alessio Carbone, Eleonora Abbagnato et l’intrépide François Alu n’en font qu’une bouchée. Et puis, toujours divine, Aurélie Dupont est au sommet de son art, à un an de la retraite (incroyable ;-) ), l’étoile virevolte, swingue, s’échappe et s’élance avec une grâce surnaturelle. 

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    Pourtant, malgré cet enthousiasme qui révèle une musique résolument  magnifique et qui épanouie tant le talent de ces jeunes danseurs, il y a un arrière goût amère, comme une impression de « déjà vu » (avec l’accent svp), c’est un peu dérangeant. La musique dicte les pas des danseurs dans une belle harmonie : les ensembles, solos, et pas de deux glissent sur la scène de Bastille dans une grande virtuosité - mais, qu’en est-il de la création au sens premier du terme ? Qu’en est-il de ce sentiment de découverte pour un phrasé différent, une courbe inattendue, une cassure déraisonnable, un saut impromptu, un plié savant ou le dépouillement insolent d’une avancée… J’avais lu, ici et là, quelques interviews de Benjamin Millepied, les mots qui l'accompagnaient étaient : « jeunessse » - ça, c’est fait - mais aussi :  « nouveauté » (?), « risque » (?)... 
    Dans les cintres, Jérôme Robbins conduit les élans des danseurs, inspiré forcément par cette musique de Ravel qui lui rappel aussi sa collaboration avec Léonard Bernstein ; côté jardin, Roland Petit règle les pas de deux et les jambes de Zizi Jeanmaire n’ont de cesse de tournoyer autour de son partenaire, et côté cour, Angelin Prejlocaj précise les contours d'un baiser ailé... 

    « Daphnis et Chloé » serait-il un hommage rendu par un bon élève à ses maîtres ?

    Laurence Caron-Spokojny #cequiestremarquable

    - soirée Balanchine / Millepied jusqu'au 8 juin à l'Opéra Bastille

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  • L'étrange cité d'Ilya et Emilia Kabakov sous la nef du Grand Palais, jusqu'au 22 juin 2014

    grand palais,ilya kabakov,emilia kabakov,rmn,monumentaDepuis l’éblouissement absolu installé par Daniel Buren, dans la nef du Grand Palais, pour Monumenta en 2012 : des couleurs franches imprimées sur ces modules circulaires ont envahi ma vision. Encore aujourd'hui, sous cette majestueuse verrière, l’intention artistique de Daniel Buren continue de brouiller le réel, je ne parviens pas à m’en détacher. Pourtant, ce matin là, avec la ferme volonté d’avoir un regard nouveau, j'aborde les remparts de L’étrange Cité des deux artistes d’origine russe, IIya (80 ans) et Emilia (69 ans) Kabakov.

    Grand Palais, Ilya Kabakov,Emilia Kabakov,RMN,monumentaL’espace immense se découpe en un dédale d’allées limitées par de hauts murs d’un blanc immaculé dont l’entrée se fait sous une coupole renversée. Colorée de vitraux, la forme spectaculaire de 24 tonnes semble vouloir transmettre un écho, une voix ou une écoute. Cette construction avait été commandée par feu Gérard Mortier (il a été directeur de l’Opéra national de Paris) pour le décor de l'opéra Saint-François d'Assise d'Olivier Messiaen au Festival de la Ruhr (Allemagne-2003).

    « L’étrange cité », pure comme un ensemble d’icebergs et lumineuse comme une cité grecque, ouvre sur des entrées sombres et mystérieuses aux noms ésotériques: « Le centre de l’énergie cosmique », « Comment rencontrer un ange ? »,… Ces enceintes, une fois leurs seuils franchis, dévoilent tour à tour les univers contrastés du couple d’artistes : un musée vide comme une cathédrale, des peintures noires ou de couleurs vives, des objets insolites et des constructions funambulesques, laissent entrevoir la possibilité d’une recherche artistique sans fin où l’utopie semble faire naître ou détruire à sa guise les civilisations, comme dans une boucle infernale.
    L’intention de départ des artistes est peut-être d’évoquer les choses avec simplicité, mais le concept même de l’installation est très ambitieux. Même si Ilya et Emilia Kabakov se défendent de ne pas être des « artistes politiques », ils expriment ici une forme de militantisme aux idéaux bien tranchés. L’Homme apparaît dans leurs œuvres comme particulièrement doué pour la conquête ; son aspiration à « se dépasser » traverse les époques et les frontières.

    En fait, ce qu’il y a de remarquable, dans la représentation de ce Monumenta 2014 au Grand Palais d’Ilya et Emilia Kabakov, n'est pas uniquement la représentation artistique, mais plutôt le reflet d’un parcours de vie, de deux vies unies dans un même élan créatif depuis 1989. Beaucoup plus qu’une expression artistique en quête d’esthétisme, c'est un réel témoignage sur la condition humaine. A découvrir jusqu’au 22 juin sous la nef du Grand Palais.

    Laurence Caron-Spokojny #cequiestremarquable

    Nb : pour en savoir plus sur le couple d'artistes Kabakov ; à lire, très intéressante interview, dans Le Figaro

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  • "Indiens des Plaines" au Musée du quai Branly jusqu'au 20 juillet 2014

    affiche_indiens_plaines.bro.jpegAu delà des hautes herbes de ses jardins, quelques tribus Cheyenne, Sioux, Blackfoot, Apache, Comanche, Arapaho ou  Pawnee ont envahi le Musée du Quai Branly.
    Les grandes plaines d’Amérique du nord grondent sous une charge de bisons, alors qu’au milieu d’un rassemblement de tipis un pow wow bat son plein de chants et de danses. A
    u loin des nuages de fumée s’échappent, une mère persuade un fils de ne pas se rendre à la guerre, des tribus se sont réunies en conseils, un calumet se partage, on entend les cents qui accompagnent une danse du soleil, un chaman évoque les esprits pour la prochaine chasse aux bisons... 

    Les indiens des plaines de l’Est sont repoussés par la Conquête de l’Ouest aux confins des Plaines du Nord et de l’Ouest, les guerres intertribales sont terribles mais pas autant que cette Amérique qui avance et qui détruit tout sur son passage. C’est la fin d’une civilisation. Après la variole et les massacres, les enfants sont arrachés à leurs parents pour être «reformatés», le nomadisme est fauché par le placement des peuples dans des réserves, les traditions spirituelles, familiales et culturelles sont interdites.

    jean-michel wilmotte,indiens des plaines,musée du quai branlyPourtant, le cœur du peuple de ces Indiens des Plaines palpite, il parvient à se faire entendre autrement, et une voix forte : l’Art. Après avoir imprégné, malgré lui, l’histoire du cinéma américain, la culture indienne déploie son grand raffinement dans une démonstration ancestrale et contemporaine. Les objets de culte et les vêtements cérémoniels rivalisent de beauté. Cheveux longs, crêtes ou tresses ornent des coiffes et couronnes somptueuses. Mises en scène par Jean-Michel Wilmotte, les broderies de perles de verre ou de plumes teintes n’ont rien à envier à la Haute Couture d’aujourd’hui, ce serait même l’inverse. Des constructions géométriques aux tracés délicats et aux teintes choisies sur des peaux de bisons tannées, selon des techniques anciennes, côtoient des sculptures de bois ou de coquillages aux lignes résolument contemporaines qu’elles soient issues du 16ème ou du 20ème siècle.
    La production artistique du peuple indien demeure une source d’inspiration inépuisable. Les artistes contemporains manifestent plus que jamais une forte dimension identitaire et le courant s’impose autant dans les Musées que dans les Galeries d’Art les plus en vogue.

    "Indien des plaines" a la possibilité d’être lue à travers différents prismes, l’exposition est riche, autant didactique que divertissante, et est vraiment accessible à tous. Le facteur commun à ces différentes lectures est la beauté ahurissante de tout cet art réuni entre les murs du Quai Branly, et, le message de ce peuple magnifique est puissant, malgré les ravages qu’il a subi, il résiste. Au début du 20ème siècle, seulement 250 000 indiens ont survécu, aujourd’hui ils sont plus de 4 millions sur le territoire américain.

    Laurence Caron-Spokojny

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  • Picasso, céramiste à la Cité de la Céramique de Sèvres jusqu’au 19 mai 2014

    picasso,cité de la céramique de sèvresLors de l’exposition annuelle des potiers de Vallauris en 1946, Picasso rencontre Suzanne et George Ramié, les propriétaires d’une fabrique de céramique, l’atelier Madoura. Picasso y réalise ses premières œuvres en céramique puis 4500 œuvres suivront jusqu’en 1971. Picasso considère avoir trouvé une façon  de démocratiser son œuvre ; depuis la libération, Picasso est inscrit au parti communiste, son engagement date de la période de la guerre d’Espagne, il confiera à André Malraux : « J’ai fait des assiettes, on peut manger dedans. »

    L’œuvre céramique de Picasso a investi le dernier étage de la très belle Cité de la Céramique de Sèvres : c’est un éblouissement. La sensualité des courbes de ses femmes, aux hanches généreuses et à la taille élancée, côtoie la foule déchaînée de ses chères corridas alors que faunes, et chèvres délicates, se partagent les vitrines lumineuses de l’exposition. Lire l'article.

    Vase aux danseuses ou bacchanale, Pablo Picasso, 24 juillet 1950. Grand vase à col évasé, terre cuite rouge, gravée et peinte à l'engobe ocre. Pièce unique. Collection particulière. (c) Succession Picasso 2013 ; crédit photo : Maurice Aeschimann.

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  • Bruxelles sera rock, Bruxelles sera rouge : avec l'installation d'Arik Levy

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    A l'occasion de l'exposition ARTVIEW, Arik Levy inaugure l'installation de sa culture RockGrowth sous l'emblématique Atomium, du 25 avril au 30 septembre.

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  • Spamalot à Bobino, jusqu'au 19 avril

    spamalotLorsque l’humour british rencontre l’humour français, le mariage n’est pas forcément évident. C’est pourtant le pari gagné par Pierre-François Martin-Laval, dit PEF. 
    Inspiré par le film des Monty Python « Sacré Graal ! » (1975), puis créé sur scène à Londres en 2005, l’arrivée de « Spamalot » à Paris était très risquée ; ces dernières années les comédies musicales servies sur les planches parisiennes n’ont pas su être à la hauteur de leurs aînées londoniennes ou newyorkaises… Pourtant, après le succès en 2010 au Théâtre Comédia, la production de Spamalot continue à prouver le contraire à BobinoLire l'article

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  • Christophe, INTIME, au Théâtre Antoine

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    Costard ringard coincé dans les santiags, définitivement scotché sur une époque que personne ne saurait exactement situer, Christophe entre sur la scène du Théâtre Antoine comme dans son salon, il connaît le lieu sans le regarder tout à fait. Expérimentation électro, le public tente de s’y retrouver... Des spots colorés balayent la brume. Tentative sophistiquée. Le brushing blond, maintenant presque blanc, est éclairé par le haut comme auréolé. Couinements funambulesques, le public soupire d’aise.

    Christophe pianote, il se donne des airs de concertiste, des effets de lumières eighties rétrécissent l'espace du Théâtre Antoine, façon boudoir. Nostalgie amoureuse, rencontres hasardeuses, des petits riens déprimants enchantent de suaves mélodies. Délaissant les synthés pour  le piano noir, comme sur le tableau noir du Cancre de Prévert, il dépouille, épure et réinterprète ses chansons comme s’il s’agissait d’un répertoire classique. L’oiseau de nuit instrumentalise tout, et le son persiste même quand il ne chante plus.

    Quelques gorgées de Jack Daniel's rappellent que ce truc là ne se fait plus sur scène depuis belle lurette. Gainsbourg n’est plus. Même Jaeger et Bowie mangent bio et sirotent du thé vert. Mais lui, Christophe, il est celui qui a transformé son prénom en un genre à part entière, il ignore les nouvelles lubies des autres. Pas de mea culpa ici bas. Il râle un peu, il conduit sa chaise magique armée de son micro. Terminé les Ferrari. L’italien s’est calmé. Bavardages. Le chanteur yéyé cite Alan Vega, encore et toujours, à tel point qu’on ne sait plus lequel des deux a commencé à admirer l’autre. Le ton est aux confidences, anecdotes pas très neuves, le public lui répond. C’est cela qu’on appelle « l’intime ».

    Brassens, pourquoi pas Barbara, alors que Bashung veille du haut des cintres... Quelle bonne idée cette articulation précise qui fait apprécier le texte, c’est mieux. Le public chante toujours. La réverbe à fond les balances envoie des échos comme sous la voûte céleste d’une cathédrale. Mystique de son propre mythe. Il parle de lui. Bonne parole. Maîtrise aiguisée de sa guitare…parfaite, et du micro.

    Caricatural, entre les bobos qui regrettent une jeunesse punk qu’ils n’ont pourtant jamais eu, et, les mamies qui ‘savent rester jeunes comme Sylvie Vartan', le public de Christophe est en émoi, transporté. Rome-antique, les très classiques ‘mots bleus’ font planer. Pâmoison. Idolâtre. C’est cela, Christophe est un concept ou une autre sorte de dieu, à qui voudra bien l’écouter.

    Laurence Caron-Spokojny

    ...et, parce qu'il impossible de résister au manque : 

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  • Les animaux sauvages s'installent à Paris : le PARC ZOOLOGIQUE de Paris ouvre ses portes le 12 avril

    parc zoologiqueAu loin, 'le rocher des singes' se dessine... sa seule vue rassure, on se dit que le Zoo de Vincennes ne doit pas avoir tant changé : les souvenirs, vieux de trente ans, que l’on s’est pressé de raconter aux enfants vont être crédibles.
    Le soleil fait darder ses rayons sur les allées blanches, une foule jacassante et curieuse s’agglutine devant les vitres et autres espaces réservés à la vue des animaux sauvages. Le parcours se déroule selon cinq zones géographiques dites 'biozones' : La Patagonie, Le Sahel-Soudan, Madagascar, La Guyane et l’Europe. Naturellement réfractaire à toutes formes 'd’enfermement du vivant', je suis vite convaincue par le grand espace attribué à chacun des animaux, et, à l’attention toute particulière donnée à la scénographie environnementale du lieu. Il est probable que les nouveaux locataires de Vincennes doivent se sentir à leur aise. Mais ce jour là, beaucoup d’entres eux n’ont pas encore eu le temps de s’habituer à leurs nouveaux territoires, certains préfèrent rester cachés aux yeux de cette faune urbaine dont les râleries sont reconnaissables par le 'caractère endémique' de leur espèce. 
    Cette première visite est un succès, je compatis de tout cœur à la frayeur des otaries qui préfèrent rester à l’abri de leur grotte.nero le lion,parc zoologique,zoo de vincennes

    Plus de 1000 animaux, 180 espèces différentes dont certaines cohabitent, peuplent ces 15 hectares. Les addax et les oryx algazelles sont un peu orgueilleux, ces sortes d’antilopes triomphent de leurs cornes annelées. Nero le lion, observe, ses soigneurs lui ont promis l’arrivée prochaine de trois femelles, il patiente, étendu sur son rocher chauffé comme un fauteuil de voiture luxueuse. 

    nero le lion,parc zoologique,zoo de vincennesPas très loin, seize girafes d’Afrique de l’ouest, élégantes, les gardiennes des lieux se sont parées de faux cils extravagants, leur chic contraste avec la quarantaine d’affreux culs roses de ces antipathiques babouins de Guinée au regard torve. On envie les barbotages des manchots de Humbolt qui s’ébattent dans les eaux d’un bassin bleu émeraude en forme d’amphithéâtre. La grande serre est un refuge tropical, une sorte de jungle civilisée où serpents et autres raretés vénéneuses sont bien gardés. Des palmes, fleurs et lianes accueillent des oiseaux extraordinaires dont les plumages colorés rivalisent avec les teintes des orchidées. Une meute de loups d’Espagne ravive l’imagination des enfants et gomme par sa beauté, sa puissance et la douceur apparente de sa fourrure, toute la terreur inspirée par les contes. Ravie de retrouver un des plus bouleversants mammifères qui soit, je me surprend, écrasée contre la vitre, à souhaiter croiser le regard du tendre lamantin…

    parc zoologiqueDepuis 1934, le Muséum National d’Histoire Naturelle poursuit sa mission avec le nouveau Parc zoologique en termes scientifiques et pédagogiques et selon un esthétisme raffiné. Le charme des années 30 subsiste malgré les 27 mois de travaux qui ont été nécessaires. Artistes, ingénieurs, architectes, jardiniers, techniciens et artisans ont laissé place aux vétérinaires, éthologues, soigneurs, concepteurs et médiateurs pédagogiques, afin de jongler au mieux entre une cohérence esthétique, le bien être des animaux et l’accueil du public.

    nero le lion,parc zoologique,zoo de vincennesUn attrait supplémentaire a retenu toute mon attention : les arbres. Le parc est autant zoologique que botanique. Des jeux de perspectives intéressants rythment l’espace, un vrai travail artistique en somme puisqu’il s’agit de copier la nature. L’effet est garanti. 870 Espèces végétales ont entamé leur course vers le ciel, les troènes, érables, chênes, noisetiers et sorbiers ne semblent pas se méfier des cordylines, bananiers, palmiers, savonniers et autres arbres encore plus exotiques bien décidés à gagner du terrain. La plantation des espèces est multiple et précise, elle s’harmonise par de savants voisinages. D’ici deux ou trois ans, il faudra s’armer d’un coupe-coupe pour visiter l’endroit ! La surface arbustive du Parc zoologique a été augmentée de 40 %, il est à souhaiter que cet effort botanique soit contagieux au reste de la capitale, sa tutrice, puisque le terrain sur lequel il est situé appartient à la Ville de Paris.

    Laurence Caron-Spokojny

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  • N’en doutez-plus, l’opéra est un art populaire, rendez-vous à la MC93 de Bobigny pour Don Giovanni

    don giovanni,christian schirm,opéra national de paris,atelier lyrique,mc93 bobigny,christophe perton,mozart,barbara creutz,tiago matos,armelle khourdoïan,elodie hache,andriy gnatiukIls sont beaux, ils sont jeunes, ils sont comédiens et ils ont de belles voix : il ne s’agit absolument pas du teaser de la prochaine comédie musicale du Palais des Sports mais de l’Atelier Lyrique de l’Opéra national de Paris ; pour sa septième production, « Don Giovanni » est présenté sur la scène de Bobigny. 

    don giovanni,christian schirm,opéra national de paris,atelier lyrique,mc93 bobigny,christophe perton,mozart,barbara creutz,tiago matos,armelle khourdoïan,elodie hache,andriy gnatiuk« L’Opéra national de Paris propose un programme pour donner à des jeunes chanteurs et à des pianistes-chefs de chant en début de carrière les meilleurs atouts pour réussir dans leur vie professionnelle »,
    Christian Schirm, Directeur de l’Atelier Lyrique. 

    Hier soir, à la MC93 Bobigny, les jeunes artistes de l’Atelier Lyrique ont été à la hauteur de cette exigence. Sur scène, l’atmosphère dégage un véritable esprit de troupe - cela est rare, pour ne pas dire inexistant lorsqu’il s’agit du répertoire lyrique - la jeunesse des chanteurs et leur travail commun, au sein de l’Atelier Lyrique, semble éveiller un nouvel, et heureux, engagement, aussi bien musical que théâtral. 
    Pour ce Don Giovanni en italien, certains chanteurs se distinguent, selon l’alternance de la distribution, c’est le cas d’Andriy Gnatiuk  par sa très belle voix de basse à la diction impeccable, il est Leporello, le valet de Don Giovanni, il fait preuve d'un talent de comédien tout aussi remarquable. Le jeune ukrainien fera ses premiers pas sur la scène de l’Opéra Bastille, en janvier 2015, dans Ariane à Naxos selon la mise en scène de Laurent Pelly, à suivre… Tiago Matos est un beau Don Giovanni, tout à fait crédible, il est aux côtés d’une Donna Elvira, Elodie Hache, à la carrière déjà très affirmée, dont la voix et la présence révèlent une puissance digne des plus grandes sopranos. Différemment, Zerlina proposée par Armelle Khourdoïan est, elle, tout en nuances et en couleurs, elle est aussi excellente comédienne et sa fraîcheur est ravageuse.

    Wolfgang Amadeus Mozart a fait fi de tout enchaînement dramaturgique logique, la musique est seule guide, les pages musicales se déroulent comme des frises  dans un rythme étourdissant. Pour maîtriser cette course effrénée de notes qui tente d’être rattrapée par l’histoire de Lorenzo Da Ponte, le metteur en scène, Christophe Perton, a dessiné un large espace d’expression, à la façon d’un terrain de jeux, il semble que ce soit le fond d’une piscine. Les chanteurs évoluent dans un univers souhaité « contemporain » qui se scande par des claquements de portes, rien de très nouveau en somme ; ceci, malgré un intéressant travail vidéo, projeté sur le fond du décor, il s’agit d’une création extrêmement forte, Barbara Creutz en est l’auteure. Et puis, il y a ce regrettable parti pris de faire chanter les interprètes le visage non éclairé, il est temps que cette mode cesse...  

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    "Lorsqu’on vient d'entende un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui."  Sacha Guitry

    Richard Wagner qualifiait Don Giovanni comme étant «l’opéra des opéras»… Mon propre et humble « top-Mozart » ferait passer devant cette première place Les Noces de Figaro, ou bien, La Flûte Enchantée, mais tout ceci est finalement une question d’humeur ou de saison. Dans « Don Giovanni » l’écriture vive du compositeur est d’une créativité telle qu’elle atteint une sorte d’émerveillement absolu, notamment à la fin du deuxième acte, l’entrée du Commandeur soutenu par ce chœur de basse, est une partition d’une beauté parfaite, une extase. L’Atelier Lyrique, les musiciens de l’orchestre-atelier Ostinato sous la baguette d’Alexandre Myrat et la Maîtrise des Hauts-de-Seine constituent un ensemble qui témoigne d’une  interprétation pour laquelle la complexité et la richesse incroyable des notes ne sont pas des obstacles, la légèreté et l’extravagance du propos sont admirablement bien retranscris.

    La musique et le livret romantique à souhait de Don Giovanni, et, la jeune équipe d’artistes choisis, servent une production d’un très remarquable niveau d’exigence. La MC93 Bobigny est aux portes de Paris, le prix des places est accessible (9 à 29 euros) et une navette gratuite est proposée en direction de la capitale à la fin du spectacle ; ainsi, les moyens sont réunis pour donner accès à cette musique universelle. L’art lyrique est, à la MC93 Bobigny, un art définitivement populaire.

    Laurence Caron-Spokojny

    photos © Cosimo Mirco Magliocca

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